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ORIGINE DE LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS

L'historien marocain Jilali El Adnani livre des preuves attestant que durant des décennies, la Grande Mosquée de Paris construite par le Maroc, était soumise à un contrôle religieux du Royaume chérifien. Pour mener à bien ce projet, la construction et l’ornement intérieur de la mosquée avaient même fait l’objet à cette époque d’une souscription financière auprès des citoyens marocains. Le premier imam et le premier muezzin de la mosquée étaient de nationalité marocaine. Pas moins de huit imams s’étaient succédé à la direction des prêches de cette mosquée.


Le 15 juillet 1926, a-t-il poursuivi, l’inauguration officielle de l’édifice avait eu lieu en présence du sultan Moulay Youssef et du président français Gaston Doumergue. Une longue période a suivi, presque 32 ans, durant laquelle la direction de la mosquée a été confiée successivement aux Marocains, Kaddour Ben Ghabrit (1922-1954) et Ahmed Ben Ghabrit (1954-1956), tous les deux des commis de l’Etat du Maroc.


Après cette période, et précisément entre 1957 et 1982, des tentatives répétées de falsification du statut de la société des Habous et des lieux saints de la Mosquée de Paris -pour effacer la marque du Maroc- ont commencé lorsque les autorités françaises ont aidé à mettre sur le perchoir de cette mosquée le ressortissant français d’origine harkie d’Algérie, Hamza Boubakeur.





Artisans marocains de la Grande Mosquée de Paris.




La mosquée de Paris aux mains des Kabranates


Le samedi 15 avril 2023 et en plein mois de Ramadan, la Grande Mosquée de Paris affiche une ambiance de dîner mondain, dans une remarquable mixité, loin de tout signe ostentatoire de religiosité, à part l’appellation «iftar». Culture et tourisme étaient à l’honneur, et pas n’importe lesquels, puisque la soirée était réservée à des personnalités franco-algériennes, dans le but de «favoriser la coopération entre l’Algérie et la France dans les domaines de la culture, de l’art, de l’architecture et du tourisme», selon les propos émis sur twitter par la journaliste Hana Ghezzar Bouakkaz, joignant quelques photos dont une arborant une magnifique longue robe à la couleur flamboyante.


Depuis quand une mosquée a vocation à se transformer, tour à tour, en centre de promotion touristique, en canal d’introduction aux marchés économiques ou en succursale d’une représentation diplomatique servant la soupe aux propagandes politiques et aux marchands du temple, assurés d’en récolter de substantiels dividendes?


Réponse : Depuis que cette mosquée a été mise aux mains des serviteurs du régime algérien.


Quelques jours avant ce 15 avril 2023, dans ce même lieu, une rencontre similaire, alliant débat et rupture du jeûne, avait réuni le Club Algérie XXI (une association qui regroupe des cadres et des entrepreneurs issus de la communauté algérienne en France) et le recteur Chems-eddine Hafiz. Ce même recteur, par ailleurs ancien avocat du front séparatiste Polisario, avait bien organisé dans ladite mosquée, pas plus tard que le mois de Ramadan de 2022, une inédite rupture du jeûne à la sauce électorale, montant au pinacle Emmanuel Macron et appelant ses ouailles à voter pour lui au second tour de l’élection présidentielle!


Par ailleurs, les mosquées en général ne sont-elles pas censées être destinées aux musulmans de toutes origines et nationalités, au-delà des nationalismes communautaristes ou bien, celle-ci en particulier, a été cédée en exclusivité au régime d’Alger ?


Une première mention de ce projet de mosquée figure dans le traité de paix et de commerce signé le 28 mai 1767 entre le souverain marocain Sidi Mohammed ben Abdallah et le roi Louis XV, prévoyant une mosquée «dans le pays de France», ainsi que l’affirment plusieurs auteurs tel l’historien et journaliste franco-algérien Sadek Sellam dans son ouvrage «La France et ses musulmans», ou encore l’avocat et homme politique Maurice Colrat, lors de la pose de la première pierre. Conçue finalement en plein cœur de Paris, elle l’est officieusement pour des considérations géostratégiques, officiellement en hommage aux soldats musulmans tombés au champ d’honneur durant la Première guerre mondiale, estimés à plus de 73.000 tués entre 1914 et 1918.


Afin de contourner la loi de 1905 relative à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Société des Habous des Lieux Saints de l’Islam, créée en 1917, s’est vu octroyer, en 1920, une subvention pour la construction de «l’Institut musulman de Paris» et confier, en 1921, la construction et l’administration, sous la présidence de Si Kaddour Benghabrit, ministre du Sultan Moulay Youssef, natif de Sidi Bel Abbès en Algérie et naturalisé marocain.


L’orientation du Mihrab en direction de la Mecque a lieu le 1er mars 1922 en présence du chambellan du roi du Maroc, Thami Ababou, et de l’astronome de Fès Ben Sayah. La pose de la première pierre réunit pour sa part, le 19 octobre 1922, entre autres personnalités présentes, le grand vizir El Mokri qui donna le premier coup de pioche et le résident général au Maroc Hubert Lyautey, avant l’inauguration en grande pompe, le 15 juillet 1926, par les deux chefs d’Etat, le sultan Moulay Youssef et le président Gaston Doumergue.

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