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POURQUOI LE MAROC EST LA SEULE ÉCONOMIE AFRICAINE QUI MÉRITE LE QUALIFICATIF DE RÉSILIENTE

POURQUOI LE MAROC EST LA SEULE ÉCONOMIE AFRICAINE QUI MÉRITE LE QUALIFICATIF DE RÉSILIENTE

Le 1er juillet 2026, la Banque mondiale a publié sa photographie annuelle des économies mondiales. Deux lignes, dans ce tableau de 83 pays, méritent d'être lues ensemble, parce qu'elles racontent deux trajectoires radicalement différentes sur le même continent. Le Maroc affiche un revenu national brut par habitant de 4 360 dollars, à 276 dollars seulement du seuil de la catégorie revenu intermédiaire supérieur. L'Algérie affiche 5 850 dollars, bien installée dans ce groupe. Si l'on s'en tient à ces deux chiffres, l'Algérie devance le Maroc. Mais la Banque mondiale elle-même prend soin de le rappeler dans son rapport : "aucune mesure ne peut à elle seule saisir pleinement la complexité du développement d'un pays." Et c'est précisément ce que les autres indicateurs disponibles en 2026 viennent démontrer avec une clarté implacable.


Allianz Trade n'est pas un organisme que l'on peut accuser de partialité. Fondé en 1917, filiale du groupe Allianz, premier assureur mondial, cet assureur-crédit couvre les risques de non-paiement des entreprises dans 83 pays représentant 94 % du PIB mondial. Son Country Risk Atlas, dont la troisième édition a été publiée en février 2026, est l'outil de référence qu'utilisent les multinationales, les banques d'investissement et les institutions financières pour décider où elles engagent leur argent, leurs contrats et leurs chaînes de valeur. La méthodologie repose sur 35 indicateurs, 17 à court terme et 18 à moyen terme, couvrant les dimensions macroéconomiques, politiques, financières et structurelles, mis à jour chaque trimestre. C'est l'évaluation la plus rigoureuse qui existe sur la fiabilité d'un pays comme partenaire économique.


Dans ce classement, le Maroc obtient la note B1, catégorie risque faible. Il est le seul pays d'Afrique à figurer dans cette catégorie. Sur 54 économies africaines évaluées, aucune autre n'atteint ce niveau de confiance auprès des investisseurs et des partenaires commerciaux internationaux. Allianz Trade justifie cette notation par trois piliers : une économie de plus en plus diversifiée, un socle industriel orienté vers les marchés européens, et le potentiel du Royaume à devenir un hub énergétique reliant l'offre africaine à la demande européenne. L'économiste d'Allianz Trade pour l'Afrique et le Moyen-Orient, Lluis Dalmau, résume la situation : "Le Maroc est en bonne voie pour une forte croissance économique, avec un PIB projeté en hausse de 3,7 % en 2026 et de 3,5 % en 2027, porté par la production industrielle, les investissements étrangers et la reprise du secteur agricole."



En juin 2026, la même édition du Country Risk Atlas a prononcé une dégradation de la note algérienne, qui bascule de C2, risque modéré, à D3, risque sensible. Le diagnostic d'Allianz Trade est sans détour : "des déficits budgétaires à deux chiffres, une liquidité réduite à néant et une forte dépendance vis-à-vis des hydrocarbures accentuent les difficultés de remboursement." Le déficit budgétaire algérien a atteint 11,5 % du PIB en 2025, le niveau le plus élevé parmi tous les exportateurs pétroliers de la région MENA, et devrait se creuser à 12 % en 2026. La dette publique, longtemps contenue, a bondi de 12 % en un an et se dirige vers 80 % du PIB à l'horizon 2030 selon les propres projections d'Allianz Trade. Le dinar algérien, lui, s'effondre : le taux parallèle est décoté de plus de 60 % par rapport au taux officiel, un signal de défiance qui ne trompe pas les opérateurs économiques. Les exportations hors hydrocarbures ne représentent que 4 % du total. Quand le pétrole baisse ou quand les gisements vieillissent, comme c'est le cas depuis 2022 avec une chute de production de 10 %, c'est l'édifice entier qui vacille.


Cette divergence fondamentale entre les deux économies dit quelque chose que le seul RNB par habitant ne peut pas dire. L'Algérie a un revenu par habitant plus élevé que le Maroc, mais ce revenu est bâti sur un sous-sol qui s'épuise et sur une rente qui fluctue au gré des marchés mondiaux. Le Maroc a un revenu par habitant un peu plus faible, mais il est produit par une économie qui fabrique des voitures, assemble des avions pour Boeing et Airbus, exporte des phosphates dont les ventes ont progressé de 20 % à l'export en 2025, accueille un trafic touristique en hausse de 20 % en 2026, et développe des capacités énergétiques renouvelables qui intéressent le monde entier et ce n'est pas la même chose. Et Allianz Trade, dont l'unique mission est de mesurer la solidité réelle des économies pour protéger ses clients, le confirme avec la notation la plus claire possible.


Cette confiance des institutions financières internationales dans le modèle marocain ne se limite pas à Allianz Trade. En septembre 2025, l'agence de notation Standard & Poor's a relevé la note souveraine du Maroc en catégorie investment grade, aux côtés de pays comme la Hongrie et Oman. Le rendement de l'obligation souveraine marocaine à dix ans s'établit autour de 4,1 %, en dessous du taux américain à dix ans, un signal que les marchés financiers mondiaux considèrent la dette marocaine comme un actif de confiance. La Banque mondiale a approuvé en 2026 un programme de 250 millions de dollars pour soutenir la transformation numérique du Maroc. L'administration Trump a soutenu deux entreprises marocaines pour produire localement des matériaux clés pour les semi-conducteurs. Ce faisceau de reconnaissances internationales, venant d'horizons aussi différents que Wall Street, Washington et Francfort, dessine le portrait d'une économie que ses partenaires prennent au sérieux.



La photographie de la Banque mondiale rappelle aussi que le Maroc se trouve à 276 dollars seulement du seuil d'entrée dans la catégorie revenu intermédiaire supérieur. Si les dynamiques actuelles se maintiennent, le Royaume pourrait franchir ce palier dans les deux à trois prochaines années, rejoignant un club africain qui ne compte encore que huit membres : l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Botswana, le Gabon, la Guinée équatoriale, la Libye, Maurice et le Cap-Vert. Mais la différence entre le Maroc et plusieurs de ces voisins de catégorie, c'est la nature de leur prospérité. La Guinée équatoriale doit son bond spectaculaire de cette année aux seuls hydrocarbures. Le Gabon également. L'Algérie, on l'a vu, accumule les signaux d'alerte structurels derrière un chiffre de RNB que la rente pétrolière continue provisoirement d'alimenter.


SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a mis en place depuis plus de vingt ans une stratégie de développement fondée sur la diversification, l'investissement dans les infrastructures, l'attraction des industriels étrangers et le développement des énergies renouvelables. Les résultats sont aujourd'hui mesurables en termes de notation internationale, de positionnement dans les chaînes de valeur mondiales et de confiance des investisseurs. L'économiste Lluis Dalmau d'Allianz Trade note que le plan de développement du Maroc "met l'accent sur la diversification, l'investissement et les énergies renouvelables, soutenus par des relations internationales solides." Ce n'est pas un hasard si le seul pays africain jugé à faible risque par le principal assureur-crédit mondial est aussi le pays dont le Roi, a planifié, décennie après décennie, une économie capable de résister aux chocs extérieurs plutôt que d'en dépendre.


Les chiffres de la Banque mondiale sont une photographie. Allianz Trade, S&P et les marchés financiers internationaux en sont le commentaire. Et ce commentaire dit, en 2026, une seule chose sur le Maroc, que ce pays construit quelque chose de solide.

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