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POURQUOI SIFFLER HAKIMI QUAND LE FOOTBALL ÉCOSSAIS A LAISSÉ JOUER DES JOUEURS JUGÉS RESPONSABLES DE VIOL ?

<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">David Goodwillie and David Robertson lose rape appeal <a href="https://t.co/nJH22rTkaM">https://t.co/nJH22rTkaM</a> <a href="https://t.co/YV2eazSZXB">pic.twitter.com/YV2eazSZXB</a></p>&mdash; The Scotsman (@TheScotsman) <a href="https://x.com/TheScotsman/status/935569507057364993?ref_src=twsrc%5Etfw">November 28, 2017</a></blockquote> <script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

La cour d'appel de Versailles a confirmé, le 19 juin 2026, le renvoi d'Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, dans une affaire ouverte en 2023 qu'il conteste depuis le premier jour. Cette décision marque une étape de la procédure. Elle ne constitue pas une condamnation. Le capitaine des Lions de l'Atlas reste, comme toute personne mise en cause, présumé innocent jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue, un principe consacré par l'article 9 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et par l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui ne souffre d'aucune exception, quelle que soit la notoriété de la personne concernée.


Les faits de la procédure, tels qu'ils ressortent des éléments rapportés par L'Équipe et Le Parisien, remontent à février 2023. Une jeune femme de 24 ans avait rencontré Achraf Hakimi sur Instagram avant de se rendre à son domicile en région parisienne dans un véhicule de transport commandé par le joueur. Elle affirme qu'une relation non consentie a eu lieu cette nuit-là. Le joueur a été mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire en mars 2023. Une confrontation s'est tenue en décembre 2023, durant laquelle la plaignante a réitéré ses déclarations, qu'Hakimi a toujours contestées, son avocate évoquant une "tentative de racket". En août dernier, le parquet de Nanterre a requis sa mise en accusation devant la cour criminelle. Le 19 juin 2026, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a confirmé cette décision, après avoir estimé, selon les éléments rapportés par L'Équipe, disposer de suffisamment d'éléments concernant des faits de pénétration digitale non consentie. La date du procès n'est pas encore fixée. Hakimi conteste l'intégralité des accusations et a indiqué attendre ce procès "avec calme" pour que "la vérité éclate publiquement".



Cette annonce est tombée la veille du choc Maroc-Écosse, deuxième match de poule du Maroc à ce Mondial 2026. Difficile, pour beaucoup de supporters marocains, de ne pas s'interroger sur ce calendrier : un joueur en pleine compétition, capitaine de sa sélection, voit l'un des moments les plus difficiles de sa vie privée ressurgir dans l'actualité à quelques heures d'un match décisif. Que cela relève d'une simple coïncidence procédurale, la chambre de l'instruction statuant selon son propre calendrier indépendamment du calendrier sportif, ou d'une exposition médiatique disproportionnée au regard du contexte, la question méritait d'être posée. La justice avance à son rythme, mais la médiatisation, elle, choisit ses moments.


Sur le terrain, ce contexte s'est traduit par des sifflets systématiques à chaque prise de balle d'Hakimi de la part des supporters écossais. Une réaction qui, pour des supporters marocains, est apparue en décalage avec la propre histoire récente du football écossais en la matière.


Il convient ici d'apporter une précision juridique essentielle, par souci de rigueur. En 2017, une juridiction civile écossaise, la Court of Session d'Édimbourg, a statué dans l'affaire opposant Denise Clair à David Goodwillie et David Robertson, jugeant selon la balance des probabilités, le standard de preuve civil, qu'ils avaient violé la plaignante en 2011, et les condamnant à lui verser 100 000 livres sterling de dommages et intérêts, décision confirmée en appel. Malgré cette décision de justice civile confirmée en appel, Goodwillie a rejoué au football, encore et encore, d'abord à Clyde FC, où il a même été nommé capitaine, puis à Raith Rovers en 2022. Aucune fédération écossaise n'est intervenue structurellement pour l'empêcher de poursuivre sa carrière.


Plus récemment, en octobre 2025, un autre footballeur écossais, Niall Geany, alors âgé de 19 ans et joueur du club de Spartans à Édimbourg, a été reconnu coupable au pénal, cette fois, par la Haute Cour de Glasgow, à l'issue d'un procès contradictoire, du viol avec blessures d'une femme qui l'avait pourtant accueilli chez elle par bienveillance pour recharger son téléphone. Il a été condamné à trois ans et neuf mois de prison, inscrit au registre des délinquants sexuels et soumis à une interdiction de contact à vie envers sa victime. Cette condamnation, elle, est bien pénale, définitive dans ses motifs de culpabilité, et documentée par de nombreux médias britanniques.



Le constat est que le système du football écossais n'a, à ce jour, jamais tiré de conséquence structurelle et durable d'une décision de justice civile confirmée en appel concernant un de ses joueurs. Face à ce passif documenté, les sifflets systématiques adressés à un joueur qui, à ce stade, n'a fait l'objet d'aucune décision de culpabilité, qu'elle soit civile ou pénale, et qui conteste les faits qui lui sont reprochés, méritent d'être questionnés dans leur cohérence. Ce n'est pas une mise en cause de la gravité du viol comme crime, ni une remise en cause du courage des victimes qui portent ce type d'affaires devant la justice. C'est une question posée sur l'égalité de traitement et sur la cohérence des réactions populaires et institutionnelles face à des situations judiciaires de nature et de stade procédural différents.


Indépendamment de cette procédure, dont l'issue appartient à la seule justice française, Achraf Hakimi reste l'une des références mondiales à son poste : double vainqueur de la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain, demi-finaliste de la Coupe du Monde 2022 avec le Maroc, et capitaine des Lions de l'Atlas sacrés champions d'Afrique lors de la CAN 2025, dont l'issue définitive reste néanmoins soumise à l'examen du Tribunal Arbitral du Sport. Cette trajectoire sportive ne se substitue à aucune procédure judiciaire et ne préjuge en rien de son issue. Mais elle rappelle ce que représente Hakimi pour le football marocain, et la responsabilité collective qui pèse sur la manière dont cette affaire est traitée, racontée et reçue.


Maroc Patriotique exprime son plein soutien à Achraf Hakimi dans cette épreuve, et sa confiance dans sa capacité à se concentrer sur l'essentiel : porter haut les couleurs du Maroc sur les terrains de ce Mondial. Nous appelons par ailleurs à la sérénité : ni emballement médiatique, ni procès d'opinion dans un sens ou dans l'autre, ni traitement incohérent d'une situation à l'autre selon la notoriété ou la nationalité du joueur concerné. La justice doit faire son travail, dans le calme et sans pression extérieure, qu'elle vienne des tribunes, des médias ou des réseaux sociaux. Le sport doit rester un terrain où la présomption d'innocence s'applique à tous, de la même manière, jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue.

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