

ncyclopédie du Maroc

Dahir berbère
aẓ-Ẓahīr al-barbarī
الظهير البربري
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Mis à jour le 9 octobre 2026
Décret du sultan daté du 16 mai 1930 organisant, dans les tribus de coutume berbère, une justice appliquant la coutume locale ; il a suscité de vives protestations nationalistes.
Contexte
Le dahir (décret) du 16 mai 1930 est promulgué sous le protectorat français, au nom du sultan Mohammed ben Youssef, alors que Lucien Saint est résident général. Son intitulé, tel que traduit par Katherine Hoffman, porte sur le fonctionnement de la justice dans les tribus de coutume berbère dépourvues de tribunal (mahkama). Selon Dale Eickelman, il est pris à l'instigation des autorités françaises.
Contenu du texte
Le dahir institue des tribunaux coutumiers qui appliquent la coutume locale (urf) et non le droit musulman (charia). D'après Hoffman, il compte huit articles. L'article 6 soumet les affaires criminelles, en pays berbère, à la loi française : il devient le principal motif de contestation des nationalistes urbains. Le nom de « dahir berbère » est celui que lui donnent ses opposants, selon Maroc-Patriotique.
Réactions
Le texte provoque des protestations dans plusieurs villes, dont Fès, Salé, Meknès, Casablanca, Rabat et Marrakech (Hoisington), et suscite le soutien de musulmans hors du Maroc (Eickelman). Ses opposants y voient une manœuvre pour séparer les Berbères des Arabes et de l'islam, voire pour les christianiser, d'après les sources consultées. Eickelman rattache ces protestations à l'essor du mouvement nationaliste marocain.
Lectures et suites
Les auteurs ne décrivent pas tous le texte de la même façon. Pour Eickelman, il soustrait les Berbères à la juridiction du droit islamique. Hoffman l'inscrit dans la standardisation des droits coutumiers par la France et rappelle que le dahir n'a pas été abrogé après les manifestations : l'article 6 est retiré en 1934, et les tribunaux coutumiers fonctionnent jusqu'en 1955 ou 1956. La fiche ne tranche pas entre ces lectures.
► Date : 16 mai 1930 (17 Hijja 1348, selon Maroc-Patriotique)
► Souverain : Sultan Mohammed ben Youssef
► Résident général : Lucien Saint
► Article contesté : Article 6 (sur huit), retiré en 1934 selon Hoffman
► Tribunaux coutumiers : maintenus jusqu'en 1955-1956 selon Hoffman
Etymologie :
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Sources :
Katherine E. Hoffman, « Berber Law by French Means: Customary Courts in the Moroccan Hinterlands, 1930-1956 », Comparative Studies in Society and History, vol. 52, n° 4, 2010, p. 851-880 — https://www.cambridge.org/core/journals/comparative-studies-in-society-and-history/article/berber-law-by-french-means-customary-courts-in-the-moroccan-hinterlands-19301956/B10C1347D17D997E74AB657853E0E39C
Dale F. Eickelman, « Berber Dahir », Encyclopedia of the Modern Middle East and North Africa, reproduit sur Encyclopedia.com (année d'édition non indiquée sur la page) — https://www.encyclopedia.com/humanities/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/berber-dahir
William A. Hoisington Jr., « Cities in Revolt: The Berber Dahir (1930) and France's Urban Strategy in Morocco », Journal of Contemporary History, vol. 13, n° 3, 1978, p. 433-448 — https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/002200947801300302
Maroc-Patriotique.com, « 16 mai 1930, dahir berbère » — https://www.maroc-patriotique.com/post/16-mai-1930-dahir-berb%C3%A8re
Histoire coloniale et postcoloniale, « Aux racines du nationalisme marocain, l'opposition au « Dahir berbère » — https://histoirecoloniale.net/aux-racines-du-nationalisme-marocain-lopposition-au-dahir-berbere/
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