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Gnaoua

Gnāwa

كناوة

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Mis à jour le 9 octobre 2026

Tradition marocaine de musique, de confrérie et de rituels thérapeutiques née de communautés issues de l'esclavage ; inscrite à l'UNESCO en 2019.

Définition et usage

Selon l'UNESCO, gnaoua désigne un ensemble de pratiques qui mêlent le profane et le sacré : représentations musicales, pratiques fraternelles et rituels thérapeutiques. C'est une musique de confrérie soufie dont les paroles religieuses invoquent les ancêtres et les esprits. En ville, les cérémonies de possession thérapeutique se déroulent la nuit (lila), avec instruments à cordes et crotales ; à la campagne, on organise des repas collectifs en l'honneur de saints marabouts, avec de grands tambours. Des maîtres musiciens, les maâlems, dirigent des groupes organisés en associations. Les costumes sont colorés et brodés en ville, blancs à la campagne.

Origine et histoire

L'UNESCO rattache cette tradition à des groupes et des individus issus de l'esclavage, depuis le XVIe siècle au moins. La chercheuse Zineb Majdouli (2008) souligne que la communauté s'est formée sur une longue durée, par strates diverses. Elle rappelle que des caravanes d'esclaves relient l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne depuis le premier millénaire, et que la confrérie vénère Bilal, premier muezzin de l'islam. Elle décrit un rituel qui associe systèmes spirituels subsahariens et soufisme marocain. L'origine du nom est débattue : Maurice Delafosse (1924) proposait une expression berbère signifiant « pays des Noirs », lien que Majdouli juge dépourvu de preuve historique.

Aujourd'hui

« Gnaoua » est inscrit en 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, au titre du Maroc. L'UNESCO note que des festivals locaux et internationaux permettent aux jeunes générations d'apprendre les dimensions musicale et rituelle. Selon Majdouli, le festival d'Essaouira, créé en 1998, a fortement accru la visibilité des gnaoua et fonctionne comme un moussem moderne.

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Etymologie :

Étymologie débattue : Maurice Delafosse (1924) proposait l'expression berbère akal-n-iguinaouen (« pays des Noirs ») ; Zineb Majdouli estime ce lien non étayé par l'histoire (Majdouli, 2008).

Sources :

  1. UNESCO, Patrimoine culturel immatériel, « Gnaoua » (n° 01170), version française — https://ich.unesco.org/fr/RL/gnaoua-01170

  2. UNESCO, Intangible Cultural Heritage, « Gnawa » (n° 01170), version anglaise — https://ich.unesco.org/en/RL/gnawa-01170

  3. Zineb Majdouli, « Les Gnawa : histoire publique d'une communauté marginale », La Clé des langues, ENS de Lyon, 18 janvier 2008 — https://cle.ens-lyon.fr/arabe/arts/musique-et-danse/les-gnawa

  4. UNESCO, Patrimoine culturel immatériel, page État partie : Maroc — https://ich.unesco.org/fr/etat/maroc-MA?cp=MA&topic=fr-etat

  5. Maroc-Patriotique, « La culture gnaoua » — https://www.maroc-patriotique.com/post/la-culture-gnaoua

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