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GOUVERNEMENT EL MANSOURI, COMPOSITION COMPLÈTE, BIOGRAPHIES ET ANALYSE DES NOMINATIONS CLÉ

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GOUVERNEMENT EL MANSOURI,  COMPOSITION COMPLÈTE, BIOGRAPHIES ET ANALYSE DES NOMINATIONS CLÉ

Ce vendredi 16 octobre 2026, SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a procédé à la nomination des membres du gouvernement El Mansouri lors d'une cérémonie au Palais Royal de Rabat. Pour la première fois dans l'histoire du Royaume, une femme prend la tête de l'exécutif marocain. Fatima Ezzahra El Mansouri, présidente du conseil communal de Marrakech et figure dominante du Parti Authenticité et Modernité, s'apprête à diriger un gouvernement de vingt ministres et onze ministres délégués, adossé à une coalition parlementaire qui rassemble le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS pour 207 sièges à la Chambre des Représentants. Ce gouvernement est la traduction directe du discours royal prononcé sept jours plus tôt au Parlement : souveraineté économique, jeunesse, décentralisation et ambition numérique. La composition du cabinet dit clairement ce que le Maroc veut être dans les cinq années à venir.



GOUVERNEMENT EL MANSOURI,  COMPOSITION COMPLÈTE, BIOGRAPHIES ET ANALYSE DES NOMINATIONS CLÉ

Fatima Ezzahra El Mansouri est la donnée centrale de cette nomination et elle mérite qu'on s'y attarde. Présidente de la communauté urbaine de Marrakech, elle a imposé sa stature dans une ville qui ne pardonne pas l'incompétence. Ses proches la décrivent comme crainte et respectée à la fois, une femme au caractère ferme que ses administrés marrakchis ont surnommée "bent salihine". Elle est l'une des rares personnalités féminines à avoir choisi de se présenter sur une liste locale lors des élections législatives de septembre 2026, une campagne qu'elle a remportée sans équivoque, portant le PAM à 97 sièges, soit la première place dans la nouvelle chambre. Sa nomination comme cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026 par SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, six jours seulement après le scrutin, constituait déjà un signal historique. Sa formation de gouvernement en moins de trois semaines confirme une organisation et une autorité que ses interlocuteurs politiques ont rapidement appris à ne pas sous-estimer. Le Maroc entre dans sa 12ème Législature avec, pour la première fois, une femme à la tête de son exécutif. C'est un fait qui dépasse la symbolique puisqu'il dit quelque chose de l'état réel d'une société marocaine que certains observateurs extérieurs continuent de mal lire.



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La reconduction de Nasser Bourita aux Affaires étrangères, à la Coopération africaine et aux Marocains résidant à l'étranger est sans doute le choix le plus attendu et le plus lourd de sens de cette composition gouvernementale. Né le 27 mai 1969 à Taounate, Bourita est ce que les Anglo-Saxons appellent un "career diplomat" : il a rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1992 comme premier secrétaire, gravissant chaque échelon par la maîtrise des dossiers plutôt que par les jeux partisans. Chef de cabinet, ambassadeur, directeur général des relations multilatérales, secrétaire général du ministère à partir de 2011, il est nommé ministre délégué aux Affaires étrangères en février 2016, puis plein ministre en 2017. Sa réputation dans les couloirs des Nations Unies, à Bruxelles et dans les chancelleries africaines est celle d'un homme qui connaît les résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara marocain par coeur, qui ne cède pas sur les dossiers structurels du Royaume et qui parle la langue de la diplomatie contemporaine avec une fluidité que peu de ses homologues africains peuvent revendiquer. Sa reconduction dans ce gouvernement confirme la dynamique diplomatique enclenchée depuis 2017, avec la réintégration de l'Union Africaine, la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara en décembre 2020, les Accords d'Abraham et la reconstruction progressive du partenariat avec l'Espagne et la France, continuera sans rupture ni réorientation. Bourita restera à ce poste parce que les dossiers qu'il porte ne souffrent pas l'apprentissage.



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La reconduction de Fouzi Lekjaa à l'Économie, aux Finances et à la Performance des services publics répond à la même logique de continuité sur les piliers stratégiques. Natif de Berkane, ancien directeur du Budget, Lekjaa a construit depuis 2021 une réputation de technicien exigeant et de négociateur inflexible dans les discussions budgétaires avec les partenaires institutionnels. Mais c'est sa double casquette de ministre des Finances et de président de la Fédération Royale Marocaine de Football qui le rend unique dans le paysage politique marocain contemporain. Réélu pour un troisième mandat à la tête de la FRMF, il siège au comité exécutif de la CAF et au comité exécutif de la FIFA, où il est le premier Marocain à avoir jamais occupé ce siège. Sous sa présidence, le Maroc est retourné au Mondial après vingt ans d'absence, a qualifié une équipe nationale pour une demi-finale historique en 2022, et co-organisera la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal. Sa reconduction aux Finances dans un moment où le Maroc doit financer simultanément les grands chantiers royaux, la préparation de l'infrastructure de la Coupe du Monde et les nouvelles stratégies sectorielles annoncées dans le discours royal du 9 octobre, est un choix de cohérence budgétaire autant que de stabilité institutionnelle.



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La reconduction de Ryad Mezzour à l'Industrie, au Commerce, à l'Investissement et à l'Inclusion économique prolonge quant à elle un bilan que les données sectorielles commencent à confirmer. Mezzour a hérité en 2021 d'un portefeuille industriel en reconstruction post-pandémie et s'est employé à accélérer le déploiement des écosystèmes de l'offshoring, de l'automobile et de l'aéronautique. Son retour signifie que les stratégies en cours, notamment celles liées à la transition vers les véhicules électriques et à l'attractivité des investissements étrangers directs, continueront dans la même direction, avec un gouvernement qui a décidé de ne pas changer les équipes qui avancent.



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L'annonce la plus structurellement significative de cette composition gouvernementale est la création d'un ministère autonome dédié à l'Intelligence Artificielle, à la Transformation Digitale et à la Réforme Administrative, confié à Ahmed Rahhou. Ce portefeuille n'existait pas dans le gouvernement Akhannouch. Sa création comme ministère de plein exercice, distinct de tout autre département, traduit concrètement l'ambition royale formulée dans le discours du 9 octobre 2026 : faire du numérique et de l'intelligence artificielle l'un des six secteurs stratégiques d'une nouvelle génération de grandes stratégies. Ahmed Rahhou n'est pas un homme politique classique. Banquier de formation et de carrière, il a été nommé ambassadeur du Maroc auprès de l'Union européenne en 2019, puis a présidé le Conseil de la Concurrence. Son profil, à l'intersection de la finance, de la diplomatie économique et de la régulation, est précisément celui qu'exige un ministère dont la mission sera de faire converger les institutions de l'État, les acteurs privés et les partenaires étrangers sur une feuille de route numérique nationale. Le Maroc est l'un des rares pays d'Afrique à avoir créé un ministère de l'IA de plein droit. C'est un signal envoyé aux investisseurs, aux partenaires européens et aux entreprises technologiques mondiales.



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Nabil Benabdallah prend en charge l'Éducation nationale, l'Enseignement préscolaire, la Formation professionnelle et la Qualification. Sa nomination est à lire dans le contexte de la coalition : le PPS, qu'il dirige comme secrétaire général, entre dans la majorité gouvernementale après une période d'opposition. Benabdallah est un acteur de la vie politique marocaine depuis plusieurs décennies, un avocat habitué aux grandes tribunes et aux dossiers de fond. L'Éducation nationale est le ministère le plus sensible de tout gouvernement marocain, celui sur lequel la pression sociale est la plus forte et les résultats les plus scrutés. Son arrivée à ce portefeuille répond autant à une logique de coalition qu'à la volonté d'y placer un interlocuteur politique expérimenté, capable de tenir un dialogue avec les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves.



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Charafat Afailal rejoint le gouvernement El Mansouri comme ministre de l'Énergie, des Mines et du Développement Durable. Ancienne secrétaire d'État chargée de l'Eau dans un gouvernement précédent, elle dispose d'une expertise technique sur les ressources naturelles que ce portefeuille requiert. Sa nomination intervient dans un contexte où le Maroc est engagé dans une transition énergétique ambitieuse, avec des objectifs de 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique à l'horizon 2030 et un projet hydrogène vert qui intéresse plusieurs partenaires européens. Samir Belfkih, qui hérite de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, cumule la fonction de porte-parole du gouvernement, un choix qui dit quelque chose sur la volonté de l'exécutif de centraliser la communication institutionnelle dans une main expérimentée.


Parmi les reconductions notables, Ahmed Toufiq demeure aux Habous et aux Affaires islamiques, continuité explicite d'une politique religieuse qui a façonné depuis 2002 la singularité de la gouvernance du champ religieux marocain, reconnue par les partenaires africains et européens comme un modèle de régulation du fait islamique. Abdelouafi Laftit reste à l'Intérieur, Abdellatif Ouahbi à la Justice, Nizar Baraka à l'Équipement, à l'Eau et aux Forêts. Ces reconductions dessinent un gouvernement qui ne casse pas les lignes de force en cours mais accélère leur exécution, conformément à la commande royale du 9 octobre : pas d'expérimentation, de la livraison.


Le gouvernement El Mansouri est le gouvernement de la mise en oeuvre. Il naît d'une clarté de mission : traduire en actes administratifs et budgétaires les quatre chantiers royaux, souveraineté économique, révolution territoriale, jeunesse en tête et politique migratoire rénovée. La première femme à diriger un gouvernement marocain hérite d'une feuille de route précise, d'une coalition de 207 sièges et d'une équipe où les postes stratégiques sont occupés par des hommes et des femmes dont la légitimité repose sur des bilans vérifiables. Le Maroc nomme, il mandate et il attend des résultats. Fatima Ezzahra El Mansouri a été "bent salihine" à Marrakech. Elle a désormais un Royaume entier à conduire, et cinq ans pour le démontrer à l'échelle nationale.

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