LES RÉSERVES DE CHANGE DU MAROC À UN NIVEAU HISTORIQUE

Au 4 septembre 2026, les avoirs officiels de réserve du Royaume ont atteint un niveau jamais enregistré auparavant. Derrière ce chiffre, une capacité financière extérieure renforcée et une économie dont les sources de devises se diversifient.
Le Maroc franchit un nouveau seuil dans le renforcement de sa position financière extérieure. Au 4 septembre 2026, les avoirs officiels de réserve ont atteint 502,1 milliards de dirhams, selon les indicateurs publiés par Bank Al-Maghrib. Ils progressent de 0,4 % en une semaine et de 21,1 % sur un an, portant les réserves du Royaume à leur niveau historique le plus élevé.
Cette évolution est d'autant plus significative lorsqu'elle est replacée dans le temps. En douze mois, le Maroc a accru ses réserves de plusieurs dizaines de milliards de dirhams. La progression observée ne correspond donc pas à une variation ponctuelle de quelques semaines, mais à une augmentation particulièrement importante des avoirs extérieurs détenus par le pays. Ces réserves constituent les ressources en devises dont disposent les autorités monétaires pour assurer les paiements du Royaume envers l'étranger. Elles servent notamment à couvrir les achats internationaux de biens et de services et permettent au pays de continuer à financer ses besoins extérieurs en cas de perturbation économique internationale.
Pour mesurer leur importance concrète, Bank Al-Maghrib et les institutions économiques utilisent notamment leur équivalent en mois d'importations. À fin août 2026, le niveau des réserves permettait de couvrir 5 mois et 26 jours d'importations de biens et services, contre une durée inférieure d'environ vingt jours un an auparavant. Cet indicateur permet de mesurer directement l'amélioration de la capacité du Maroc à financer ses achats à l'étranger.
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L'accumulation de devises repose sur plusieurs flux qui alimentent l'économie marocaine. Les exportations de marchandises en constituent une composante essentielle, auxquelles viennent s'ajouter les recettes générées par le tourisme, les transferts des Marocains résidant à l'étranger ainsi que les investissements étrangers. Le Maroc bénéficie ainsi de plusieurs canaux d'entrée de devises, contrairement à une économie dont les ressources extérieures dépendraient essentiellement d'un seul secteur. La montée en puissance de l'industrie exportatrice joue également un rôle dans cette évolution de long terme. L'automobile, les phosphates et leurs dérivés, l'aéronautique, l'agriculture et l'agroalimentaire participent aux recettes issues des ventes à l'étranger. Le développement de ces activités s'accompagne depuis plusieurs années d'une transformation progressive de la structure des exportations marocaines.
Le niveau atteint en septembre offre enfin au Royaume une capacité accrue pour affronter une hausse exceptionnelle de sa facture d'importation ou une contraction temporaire de certaines entrées de devises. Pour une économie qui importe notamment une grande partie de ses besoins énergétiques, disposer d'avoirs extérieurs importants réduit la vulnérabilité immédiate à certains chocs exogènes. 502,1 milliards de dirhams : derrière ce chiffre se trouve donc surtout une amélioration substantielle de la capacité financière extérieure du Maroc. La hausse de 21,1 % enregistrée en seulement un an donne la mesure du chemin parcouru et fait de septembre 2026 un nouveau point de référence dans l'évolution des réserves de change du Royaume.
[AJOUT RÉDACTION, validé par Brahim] Cette dynamique replace le Maroc dans un paysage continental où sa position progresse nettement. Selon le rapport African Trade Report 2026 de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), les réserves marocaines s'élevaient à 48,6 milliards de dollars fin 2025, plaçant le Royaume au cinquième rang africain, derrière la Libye (87,9 milliards), l'Afrique du Sud (75,9 milliards), l'Algérie (52 milliards) et l'Égypte (51,4 milliards), mais devant le Nigeria. Cette progression de 30,8 % en un an, la plus forte enregistrée par le Maroc depuis 2021, porte la couverture des importations à 6,2 mois, au-dessus de la moyenne africaine de 4,9 mois. Le Royaume représente ainsi près de 9,4 % du total des réserves du continent, une part notable pour un pays qui ne figure pas parmi les grands exportateurs de pétrole ou de gaz, contrairement à la plupart des économies qui le devancent encore dans ce classement.
[AJOUT RÉDACTION, validé par Brahim] Certains médias marocains ont depuis avancé que la progression enregistrée en 2026 aurait permis au Royaume de dépasser l'Algérie en la matière, une comparaison qu'il convient toutefois de nuancer : les chiffres varient sensiblement selon que l'on inclut ou non l'or dans le calcul et selon la date de référence retenue, et aucune publication conjointe des deux banques centrales ne permet à ce stade de trancher la question de façon définitive. Ce qui reste en revanche solidement documenté, c'est la différence structurelle entre les deux économies. Le Fonds monétaire international, dans sa consultation au titre de l'article IV publiée en 2025, relève que les hydrocarbures représentent entre 92 et 93 % des exportations algériennes et près de la moitié des recettes de l'État, quand la Banque mondiale appelait dès 2024 Alger à se doter d'un cadre de politique économique plus solide pour diversifier ses exportations. Le Maroc, de son côté, construit ses réserves sur un socle plus large de secteurs exportateurs, ce qui explique qu'il parvienne à un tel niveau sans disposer de ressources pétrolières ou gazières comparables.







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