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NVIDIA CONFIRME DEUX PROJETS D’IA AU MAROC

il y a 15 minutes
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NVIDIA CONFIRME DEUX PROJETS D’IA AU MAROC

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie numérique. En effet, le 21 septembre 2026, Nvidia a confirmé l'existence de deux projets d'infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle dans le Royaume, dans le cadre de l'expansion de ses activités en Afrique. Le plus important prévoit un investissement initial de 1,2 milliard de dollars à Nouaceur, dans la région de Casablanca-Settat.


Baptisé Nexus AI Factory, ce projet doit prendre la forme d'une infrastructure spécialement conçue pour entraîner et exploiter à grande échelle des modèles et applications d'intelligence artificielle. Porté par un consortium réunissant Nexus Core Systems, Naver Cloud, Lloyds Capital et Nvidia, il doit atteindre à terme une puissance de 500 mégawatts. Sa première phase prévoit 40 MW de supercalcul dédié à l'IA et reposera sur des GPU Nvidia Blackwell GB200, parmi les technologies les plus avancées développées par le groupe américain. L'investissement initial annoncé s'élève à 1,2 milliard de dollars, soit environ 1,04 milliard d'euros. La Nexus AI Factory vise le marché EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) avec l'ambition de fournir des services souverains de calcul et de permettre aux acteurs africains de développer leurs technologies d'IA à partir d'infrastructures implantées sur le continent. L'installation doit être alimentée à 100 % par des énergies renouvelables fournies par TAQA Morocco, filiale du groupe énergétique émirati TAQA. Plusieurs institutions marocaines accompagnent le projet, notamment le ministère de la Transition numérique, le ministère chargé de l'Investissement et l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE). Le Conseil de la région Casablanca-Settat a également validé la mobilisation de 666 hectares à Nouaceur pour accueillir ce data center stratégique ainsi que d'autres grands projets industriels.



Présentée publiquement une première fois en avril 2026 lors du Gitex Africa à Marrakech, l'infrastructure doit être déployée par tranches. La mise en service des premiers 40 MW, initialement prévue pour le début de l'année 2026, a été reportée de plusieurs mois. Le site ne doit donc pas être présenté comme déjà opérationnel. Son ampleur potentielle est considérable : avec une capacité cible de 500 MW, la Nexus AI Factory dépasserait à terme la puissance cumulée actuellement installée dans les cinq premiers pays africains du secteur.


Nvidia a parallèlement confirmé la présence du Maroc dans le programme africain de Cassava Technologies, présenté par le groupe américain comme son premier partenaire cloud officiel sur le continent. Après l'Afrique du Sud, Cassava prévoit des infrastructures au Maroc, en Égypte, au Kenya et au Nigeria. L'ensemble du programme représente un investissement pouvant atteindre 720 millions de dollars. Son objectif est de mettre à disposition des entreprises et développeurs africains des serveurs Nvidia implantés localement, afin de limiter le recours aux ressources informatiques hébergées à l'étranger.



Ces investissements interviennent dans un continent encore relativement peu équipé. Fin 2025, l'Afrique comptait environ 211 data centers actifs, selon le rapport Africa's Digital Leap de Heirs Technologies. Le Maroc occupait alors le cinquième rang africain, avec huit data centers à Casablanca, derrière l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et l'Égypte. Une part importante des données africaines demeure par ailleurs hébergée hors du continent, avec une partie de la valeur économique associée. L'écosystème marocain connaît cependant une accélération importante. Oracle multiplie ses implantations à Casablanca, Orange Maroc s'est associé à AWS et Maroc Télécom a conclu un partenariat avec Google Cloud évalué à environ 3 milliards de dollars. Le marché national des data centers reste largement concentré autour de Maroc Télécom, Inwi, Medasys et N+one, qui représentent ensemble plus de 84 % des parts selon le Conseil de la concurrence. L'enjeu dépasse désormais le stockage des données : le développement de l'intelligence artificielle exige une puissance informatique considérable, faisant des infrastructures spécialisées un actif stratégique pour les économies qui souhaitent développer leurs propres services numériques.


La formation constitue l'autre volet de cette transformation. L'Institut Al Jazari associe recherche en intelligence artificielle et enseignement universitaire afin de contribuer à combler le déficit de compétences dans le cloud identifié sur le continent. Avec la Nexus AI Factory et l'arrivée annoncée de Cassava Technologies, le Maroc consolide ainsi son rôle dans le développement des infrastructures numériques africaines. La concrétisation des 500 MW prévus à Nouaceur constituerait surtout un changement d'échelle majeur, faisant du Royaume l'un des principaux pôles africains de puissance informatique dédiée à l'intelligence artificielle.

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