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Kasbah

Qaṣba

قصبة

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Vérifiée

Mis à jour le 10 octobre 2026

Construction fortifiée du Maroc : citadelle urbaine, siège du pouvoir, ou, dans les oasis du Sud, maison fortifiée en terre d'une famille notable.

Le mot kasbah recouvre deux réalités. Dans les villes historiques, c'est une citadelle fortifiée, siège du pouvoir et réduit défensif. Dans les oasis du sud-est, la kasbah, appelée tighremt en langue locale, est surtout une maison fortifiée destinée à des familles généralement nobles, alors que le ksar est un habitat groupé et compact. Ces bâtisses sont construites avec des matériaux locaux (pisé, terre, pierre sèche, bois), selon des savoir-faire transmis par des maîtres artisans.


Le mot français vient de l'arabe qasaba, « forteresse », et s'est diffusé en français au XIXe siècle (Académie française). Nikita Elisséeff le rapproche de l'espagnol alcazaba. Il cite des casbahs marocaines à Taza, Rabat, Fès, Marrakech et Agadir, et indique que les Almoravides en ont édifié en Afrique du Nord pour défendre leur empire. L'UNESCO relève que la médina de Marrakech, fondée par les Almoravides en 1070-1072, comprend une Kasbah, des remparts et des portes monumentales. Dans le Sud, le ksar d'Aït-Ben-Haddou, étape des routes caravanières entre l'ancien Soudan et Marrakech, associe de simples logements et de grandes demeures à tours d'angle ; selon l'UNESCO, ses plus anciennes constructions datent d'environ le XVIIe siècle.


Le patrimoine de terre des oasis est exposé à des menaces d'ordre naturel et humain, et les interventions de réhabilitation se heurtent à plusieurs contraintes, notamment réglementaires (Salimi). Le ksar d'Aït-Ben-Haddou est inscrit au patrimoine mondial depuis 1987 (critères iv et v) ; l'UNESCO signale sa vulnérabilité, liée en particulier à l'abandon par ses habitants. Un article de Maroc-Patriotique décrit les kasbahs du Drâa comme des demeures fortifiées, aussi sièges administratifs et points de contrôle des routes caravanières.

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Etymologie :

Emprunt à l'arabe qasaba, « forteresse » (Académie française, 9e éd.) ; Nikita Elisséeff cite la forme al-kasaba et le rapproche de l'espagnol alcazaba et du portugais alcaçova.

Sources :

  1. Nour-Dine Salimi, « Les ksour et les kasbahs au Maroc, contraintes de conservation et perspectives de valorisation durable », article de revue hébergé sur revues.imist.ma (revue et année non précisées dans le document ouvert) - https://revues.imist.ma/index.php/EGSM/article/download/30560/15860/81258

  2. Nikita Elisséeff, « Casbah », Encyclopædia Universalis - https://www.universalis.fr/encyclopedie/casbah/

  3. Académie française, Dictionnaire, 9e édition, article « kasbah » (renvoi à « casbah ») - https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C0977-A

  4. UNESCO, Centre du patrimoine mondial, Ksar d'Aït-Ben-Haddou (n° 444) - https://whc.unesco.org/en/list/444

  5. UNESCO, Centre du patrimoine mondial, Médina de Marrakech (n° 331) - https://whc.unesco.org/en/list/331/

  6. Maroc-Patriotique, « Les kasbahs des oasis du Drâa, mille ans d'architecture en terre crue… » - https://www.maroc-patriotique.com/post/les-kasbahs-des-oasis-du-dr%C3%A2a-mille-ans-d-architecture-en-terre-crue-au-service-des-routes-transsah

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