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FATIMA EZZAHRA EL MANSOURI NOMMÉE CHEFFE DU GOUVERNEMENT

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FATIMA EZZAHRA EL MANSOURI NOMMEE CHEFFE DU GOUVERNEMENT

SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a nommé ce mardi 29 septembre 2026 Fatima Ezzahra El Mansouri Cheffe du gouvernement, la chargeant de former le nouvel Exécutif. Avocate de formation, maire de Marrakech à deux reprises et ministre depuis 2021, la coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité devient la première femme de l'histoire du Royaume appelée à diriger un gouvernement.


Six jours après les élections législatives du 23 septembre, le Maroc franchit une étape inédite de son histoire institutionnelle. SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a reçu au Palais royal de Rabat Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), et l'a nommée Cheffe du gouvernement, la chargeant de former le nouveau gouvernement. L'annonce a été faite par un communiqué du Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie. Cette nomination s'inscrit dans le cadre de l'article 47 de la Constitution, qui prévoit que le Chef du gouvernement est nommé par le Roi au sein du parti politique arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Le PAM ayant remporté 97 sièges lors du scrutin du 23 septembre, selon les résultats confirmés par le ministère de l'Intérieur, c'est logiquement sa figure la plus en vue qui accède à la primature.



Fatima Ezzahra El Mansouri devient ainsi la première femme de l'histoire du Maroc à diriger un gouvernement, dix-sept ans après sa première élection à la mairie de Marrakech et cinq ans après son entrée au gouvernement. Il s'agit d'une première nationale et non régionale : dans le monde arabe, cette fonction avait déjà été occupée par une femme, la Tunisienne Najla Bouden Romdhane, nommée cheffe du gouvernement en septembre 2021 par le président Kaïs Saïed. Le Maroc devient donc le deuxième pays arabe, après la Tunisie, à confier la direction de son Exécutif à une femme.


Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri appartient à une génération de responsables politiques entrés en scène à la fin des années 2000. Après un baccalauréat au lycée Victor-Hugo de Marrakech, elle décroche une licence en droit privé à l'Université Mohammed V de Rabat, puis un DEA en droit des contrats d'affaires à l'Université de Montpellier, en France, avant de compléter sa formation en droit des affaires anglo-saxon aux États-Unis. Elle exerce ensuite comme avocate, spécialisée en droit immobilier, inscrite au barreau de Marrakech.



Son entrée en politique coïncide avec la naissance du PAM, qu'elle rejoint dès sa constitution en 2008 après un passage par le Mouvement de tous les démocrates. Son ascension est rapide : en juin 2009, à 33 ans, elle est élue à la tête de la commune de Marrakech, devenant la première femme à diriger la ville ocre. Elle occupe ce mandat jusqu'en 2015, avant de le retrouver au lendemain des élections communales de 2021. Parallèlement à son parcours local, elle siège à la Chambre des représentants depuis 2011, réélue en 2016 puis en 2021. Considérée dès 2016 comme l'une des principales figures du PAM, elle voit son rôle se renforcer davantage lorsque le parti abandonne, lors de son cinquième congrès de février 2024, le schéma classique du secrétariat général au profit d'une direction collégiale. Fatima Ezzahra El Mansouri en devient la coordinatrice principale, aux côtés de Mehdi Bensaïd et, un temps, de Salaheddine Aboulghali, remplacé ensuite par Fatima Saadi.


Le tournant gouvernemental de son parcours intervient en octobre 2021, lorsque SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, la nomme ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, dans le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Le PAM, jusque-là dans l'opposition, fait alors son entrée pour la première fois à l'Exécutif. Fatima Ezzahra El Mansouri cumule dès lors trois fonctions : le ministère, la mairie de Marrakech et la direction politique du parti, avant de conduire la liste du PAM aux législatives de 2026 dans la circonscription Médina-Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, où elle est réélue députée.


Sur le plan électoral, le scrutin du 23 septembre a profondément recomposé le paysage politique marocain. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui recule fortement avec 66 sièges, et l'Istiqlal, qui en obtient 65. Le RNI, parti d'Aziz Akhannouch, avait pourtant remporté les élections de 2021 avec 102 sièges : sa formation perd donc plus d'un tiers de son groupe parlementaire en cinq ans, un basculement que plusieurs médias marocains attribuent aux critiques adressées au gouvernement sortant sur le pouvoir d'achat et la conjoncture économique. La participation, elle, s'établit à 38,02 % selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, un niveau parmi les plus bas de l'histoire électorale récente du Royaume, sur environ 395 sièges à pourvoir à la Chambre des représentants.


Reste désormais le protocole de formation du gouvernement, qui doit suivre son cours dans les prochaines semaines. Conformément à l'article 47 de la Constitution, il revient à présent à Fatima Ezzahra El Mansouri de mener les consultations avec les autres formations politiques afin de constituer une majorité gouvernementale, le PAM ne disposant pas à lui seul de la majorité absolue à la Chambre des représentants. Une fois la coalition arrêtée et la composition du gouvernement fixée par nomination royale, la Cheffe du gouvernement devra présenter son programme devant les deux Chambres du Parlement, la Chambre des représentants et la Chambre des conseillers, où il fera l'objet d'un débat suivi d'un vote de confiance, l'investiture, avant que le nouvel Exécutif puisse entrer pleinement en fonction.

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