LÉGISLATIVES 2026, 38,02% DE PARTICIPATION NATIONALE ET UNE LEÇON DÉMOCRATIQUE VENUE DU SAHARA MAROCAIN

Ce mercredi 23 septembre 2026, plus de 15 millions d'électeurs marocains étaient appelés à renouveler les 395 membres de la Chambre des représentants. À 19 heures, à la fermeture des bureaux de vote dans l'ensemble des régions du Royaume, le ministère de l'Intérieur a communiqué le taux de participation national définitif : 38,02%. Le dépouillement des suffrages a aussitôt commencé sous la supervision des commissions de recensement présidées par des magistrats.
Comprendre ce scrutin nécessite de rappeler l'architecture du système politique marocain tel que le définit la Constitution de 2011. Le Parlement marocain est composé de deux chambres. La Chambre des représentants, dont les 395 membres sont élus ce 23 septembre au suffrage universel direct, est la chambre basse. Elle vote les lois, adopte le budget et peut renverser le gouvernement. La Chambre des conseillers, chambre haute, est élue au suffrage indirect.
Les 395 sièges de la Chambre des représentants se répartissent en deux circonscriptions distinctes. Les circonscriptions locales pourvoient 305 sièges, attribués au niveau de chaque province ou préfecture selon le principe de la représentation proportionnelle par liste, au plus fort reste. Les circonscriptions régionales distribuent les 90 sièges restants sous forme de listes régionales dédiées aux femmes et aux jeunes, garantissant une représentation des catégories historiquement sous-représentées au sein du Parlement. Le scrutin se déroule selon la méthode du scrutin de liste à la proportionnelle, ce qui oblige les partis à construire des coalitions pour gouverner.
Le gouvernement qui en découle est formé par le parti ou la coalition majoritaire à l'issue des résultats. SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, nomme le chef du gouvernement au sein de ce parti majoritaire conformément à l'article 47 de la Constitution. Ce gouvernement est ensuite responsable devant la Chambre des représentants. Ce système dit de monarchie constitutionnelle parlementaire place ainsi le Parlement au cœur de la vie politique nationale, les élections législatives constituant le principal moment de légitimation démocratique des institutions.
Depuis l'avènement de SM le Roi Mohammed VI en 1999, le Maroc a organisé cinq scrutins législatifs, chacun marquant une étape dans la consolidation des institutions démocratiques du Royaume.
Les élections de 2002, premières de l'ère de SM le roi Mohammed VI, ont enregistré une participation de 52% dans un contexte de renouveau politique marqué par la montée en puissance du USFP. Le scrutin de 2007 a connu une chute historique du taux de participation à 37%, révélant un désenchantement civique que les observateurs ont analysé comme la conséquence d'une déception vis-à-vis des résultats de la gestion gouvernementale précédente. Les élections de 2011, organisées dans le sillage du printemps arabe et de la réforme constitutionnelle conduite par SM le roi Mohammed VI, ont vu la participation remonter à 45%, avec la victoire historique du PJD qui conduisit Abdelilah Benkirane à la tête du gouvernement. En 2016, le renouvellement de la Chambre a maintenu une participation de 43%, le PJD confirmant sa position dominante. Les élections de 2021, organisées dans un contexte de sortie de crise sanitaire, ont enregistré un taux exceptionnel de 50,35%, portant le RNI d'Aziz Akhannouch à la tête d'une coalition tripartite avec le PAM et l'Istiqlal. Le scrutin de 2026 ramène la participation à 38,02%, un niveau comparable à 2007 et 2016, qui reflète une tendance commune à de nombreuses démocraties occidentales, où l'abstention constitue désormais un fait structurel du paysage électoral.
Si la participation nationale de 38,02% constitue le fait politique central de ce scrutin, c'est du côté des provinces du Sud que les chiffres les plus éloquents ont été enregistrés. La région de Laâyoune-Sakia El Hamra a affiché dès la mi-journée un taux de 28,31% à l'échelle régionale et 31,92% dans la seule province de Laâyoune, soit nettement au-dessus de la moyenne nationale à ce même pointage de 11,34%. À 15 heures, la région atteignait 45,40%, soit plus du double du taux national au même moment. À l'approche de la fermeture des bureaux, 56% à Aousserd et 43% à Laâyoune selon des données obtenues auprès d'une source locale responsable.
Ces chiffres ne sont pas des curiosités statistiques. Ils ont une signification géopolitique précise. La région de Laâyoune-Sakia El Hamra est celle que certains capitales, à commencer par Alger, décrivent comme un territoire sous "occupation" dont les habitants attendraient leur "libération". Ce que ces habitants ont fait ce mercredi, c'est voter. Dans des bureaux organisés par les autorités marocaines, selon des listes électorales marocaines, pour élire leurs représentants à la Chambre des représentants du Royaume du Maroc. À l'échelle des trois régions du Sud, 34 sièges parlementaires étaient en jeu, représentant près de 9% de l'ensemble de la Chambre. Ces 34 représentants, élus ce soir, siégeront à Rabat comme les représentants légitimes de leurs circonscriptions.
La présence sur le terrain de l'International Republican Institute (IRI) américain, qui a annoncé le déploiement d'une mission d'observation internationale au Maroc du 20 au 25 septembre, avec des observateurs notamment présents à Dakhla-Oued Ed-Dahab et Laâyoune-Sakia El Hamra pour évaluer le déroulement du scrutin, ajoute une dimension d'authentification internationale que personne ne pourra contester. L'IRI n'est pas un organisme marocain mais une institution américaine non partisane, financée par le Congrès des États-Unis, dont la mission est d'observer les processus démocratiques dans le monde. Que ses observateurs aient spécifiquement choisi les provinces du Sud comme terrain de leur mission d'évaluation dit quelque chose sur le sérieux avec lequel ces régions s'inscrivent dans la vie démocratique nationale.
Au-delà des résultats dont le dépouillement est encore en cours, ces élections législatives disent quelque chose d'essentiel sur la nature du système politique marocain. Ce ne sont pas les premières élections organisées dans les provinces du Sud depuis leur retour dans le giron national. Chaque scrutin, depuis 1997, a vu les habitants de ces régions participer à la vie politique du Royaume avec des taux qui, régulièrement, surpassent la moyenne nationale. Cette constance est le reflet d'une intégration réelle, d'une vie institutionnelle partagée et d'un sentiment d'appartenance que ni la propagande ni les résolutions ne peuvent effacer.
La démocratie ne se proclame pas et ce 23 septembre 2026, dans des bureaux de vote de Laâyoune, d'Es-Semara, de Boujdour, de Tarfaya et d'Aousserd, les Marocains du Sahara l'ont pratiquée avec un engagement que les chiffres rendent incontestable.
Les résultats définitifs et la composition de la nouvelle Chambre des représentants seront publiés dans la version mise à jour de cet article dès leur proclamation par les commissions de recensement.







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