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PEGASUS, LA CAMPAGNE CONTRE LE MAROC DÉCONSTRUITE DE A À Z


Le mensonge a fait le tour du monde avant que la vérité ne prenne l’avion pour Karlsruhe. Depuis 2021, le Royaume du Maroc fait face à une campagne médiatique internationale autour d’accusations d’espionnage présumé via le logiciel Pegasus. Des journaux allemands comme Zeit Online et Süddeutsche Zeitung avaient relayé, sans preuve matérielle, l’idée que « les services marocains » auraient espionné des journalistes, des avocats, voire des chefs d’État européens.


Trois ans plus tard, ces allégations se heurtent à la rigueur du droit. En novembre 2025, la Cour fédérale de justice allemande (Bundesgerichtshof, BGH), la plus haute juridiction du pays, a décidé d’examiner la plainte du Royaume du Maroc contre ces médias. Un tournant judiciaire historique qui consacre la recevabilité de la démarche marocaine et pourrait redéfinir les rapports entre liberté de presse et responsabilité médiatique.


Tout commence à l’été 2021.Un collectif international baptisé Forbidden Stories, associé à Amnesty International et plusieurs médias européens, affirme que plus de 10.000 numéros de téléphone auraient été ciblés par le logiciel israélien Pegasus, produit par la société NSO Group. Parmi eux, figureraient des journalistes français, des militants des droits humains et même le président Emmanuel Macron.



Sans attendre de preuve, plusieurs journaux, dont Zeit Online et Süddeutsche Zeitung, affirment qu’une partie de ces numéros aurait été « saisie par un service marocain ». Or, aucune autorité judiciaire, aucun laboratoire indépendant, aucune enquête technique n’a jamais pu établir le moindre lien entre le Maroc et l’utilisation de Pegasus.


Face à ces diffamations, le Royaume choisit la voie de la justice. En 2021, il saisit deux juridictions allemandes : le tribunal régional de Hambourg (Landgericht) puis la Cour d’appel hanséatique (OLG).Ces dernières rejettent la plainte, non pas parce qu’elles la jugent infondée, mais parce qu’en droit allemand, un État étranger ne peut, selon la jurisprudence antérieure, se prévaloir d’un droit à la protection de la réputation au titre du “droit de la personnalité” réservé aux personnes physiques ou morales de droit privé.


Autrement dit, le Maroc n’a pas perdu sur le fond, mais faute de base juridique reconnue pour un État étranger.


Refusant que l’injustice s’installe, le Maroc dépose un recours devant la Bundesgerichtshof (BGH), à Karlsruhe. Les affaires sont enregistrées sous les numéros VI ZR 415/23 et VI ZR 416/23.L’audience publique est fixée au 11 novembre 2025 à 11h30 — date symbolique qui, comme le note la presse allemande, tombe “pratiquement à la minute près du début du carnaval”.


Mais il n’y a rien d’amusant dans ce dossier. Le BGH doit trancher une question de principe :

Un État étranger a-t-il le droit de poursuivre des médias allemands pour diffamation, lorsqu’il estime que son intégrité institutionnelle a été injustement attaquée ?

Le magazine allemand Stern, la Berliner Zeitung et le site Heise.de confirment que la BGH a accepté d’examiner la plainte, ce qui revient à reconnaître sa recevabilité sur la forme, une première dans l’histoire judiciaire allemande.


Cette décision d’examiner le dossier marque déjà une victoire diplomatique et juridique pour le Maroc, qui voit sa démarche légitime reconnue au plus haut niveau du système judiciaire allemand.



Contrairement à ce qu’affirment certains médias hostiles, le BGH ne se contente pas d’une formalité. En droit allemand, le simple fait qu’un dossier soit inscrit à l’audience de la Cour fédérale signifie qu’il a passé le filtre de recevabilité. Le Royaume du Maroc devient donc le premier État non européen à voir sa plainte examinée par la plus haute cour allemande dans un dossier de diffamation internationale.


Selon le quotidien espagnol ABC, cette admission « constitue une première étape vers une reconnaissance du droit d’un État à protéger sa dignité institutionnelle face à la désinformation étrangère ».


Des sources proches du dossier indiquent que la BGH entend clarifier si un État peut défendre son honneur et celui de ses institutions lorsqu’il est attaqué sans fondement, notamment dans le contexte de rivalités diplomatiques ou de campagnes coordonnées.


L’affaire Pegasus a souvent été utilisée, notamment par certains cercles hostiles au Maroc, pour miner sa crédibilité internationale. Or, en juin 2023, le Parlement européen, à travers la commission d’enquête “PEGA”, a clairement établi dans son rapport final du 15 juin 2023 que :

“Aucune preuve technique ne permet de conclure que le Royaume du Maroc a utilisé le système Pegasus. Aucune sanction ni mesure ne doit être envisagée contre lui.”

Autrement dit, le Parlement européen a officiellement blanchi le Maroc. Ce rapport a discrédité la campagne de 2021, orchestrée sur fond de tensions diplomatiques entre certains pays européens et le Royaume, notamment après la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.


La décision allemande d’accepter la plainte s’inscrit dans cette dynamique :elle marque le reflux d’une narrative médiatique anti-marocaine, et la montée d’une approche factuelle, juridique et équilibrée.



Le débat devant la BGH dépasse le cas Pegasus. Il questionne la frontière entre liberté de presse et désinformation institutionnelle. L’Oberlandesgericht de Hambourg avait d’ailleurs lui-même reconnu que cette question posait un dilemme : si tout État attaqué devait se taire au nom de la presse libre, alors n’importe quel média pourrait nuire impunément à la réputation d’un pays.


Or, la liberté d’expression n’est pas une liberté de diffamer. Le Maroc, en agissant sur le terrain du droit, rappelle au monde que la vérité ne se crie pas, elle se démontre.


Dans une époque où les campagnes de dénigrement deviennent des armes diplomatiques, le Maroc choisit la voie de la loi et non celle de la polémique. Cette affaire démontre une nouvelle fois la maturité institutionnelle du Royaume et la crédibilité de ses démarches juridiques internationales.


À travers Pegasus, c’est la question plus large de la souveraineté informationnelle du Maroc qui se joue. Là où d’autres hurlent, Rabat argumente. Là où certains pays se victimisent, le Maroc s’impose par la méthode, la rigueur et la preuve.

1 commentaire


Youssef.B
Youssef.B
14 janv.

Pegasus : scandale sans preuve. Rapport PEGA 2023 : le Maroc n’est pas impliqué. La plainte allemande est recevable. Les rumeurs tombent, les faits restent.

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