top of page


TAMGHART, AMGHAR, LA FEMME AMAZIGHE, CHEFFE DE TOUJOURS
Il existe, dans l'étude des sociétés humaines, une méthode qui consiste à lire l'histoire là où les archives écrites n'arrivent pas : dans les langues elles-mêmes. Les langues, plus stables et plus résistantes aux changements que les institutions, les modes de production ou les rapports de force politiques, conservent dans leur lexique des fossiles sociaux, des termes dont l'étymologie révèle des structures qui ont disparu depuis longtemps de la surface visible de la société.

Brahim Al Maghribi
5 min de lecture


LA KASBAH DE BOULAOUANE, FORTERESSE ISMAÉLIENNE, CARREFOUR DES TRIBUS ET MÉMOIRE DE KHARBOUCHA
À 75 kilomètres au sud-est d'El Jadida, sur un promontoire rocheux qui domine un méandre de l'Oum Er-Rbia, la kasbah de Boulaouane se dresse dans un silence que les siècles ont rendu presque total. Ses murs s'effritent, ses tours s'érodent, ses couloirs accumulent le sable. Et pourtant, l'inscription gravée en 1710 sur le fronton de sa porte monumentale tient encore. Elle dit le nom du sultan qui l'a voulue, le nom de l'ingénieur qui l'a bâtie, et la date précise qui en fait

Brahim Al Maghribi
6 min de lecture


LE MELLAH MAROCAIN, UN MODÈLE DE COEXISTENCE QUI DÉFIE LES CLICHÉS DE L'HISTOIRE
En 1438, dans la ville royale de Fès, le sultan mérinide Abd el-Haqq prenait une décision qui allait façonner pour des siècles l'organisation urbaine des grandes cités du Maroc. Il ordonnait le déplacement de la communauté juive de Fès el-Bali vers un espace nouvellement aménagé à Fès el-Jdid, à la contiguïté immédiate du palais royal. Ce quartier, construit sur un terrain salé dont le nom arabe donnerait son appellation à l'institution, le mellah, serait le premier d'une lon

Youssef.B
5 min de lecture


LE RIAD, L'ÂME ARCHITECTURALE DU MAROC ET CE QU'ELLE DIT DE NOTRE CIVILISATION
À Fès, certaines portes de cèdre sculpté n'ont pas changé d'aspect depuis sept siècles, alors que le mur qui les entoure ne révèle absolument rien de ce qu'il protège. C'est tout le paradoxe du riad marocain : une discrétion presque austère sur la rue, et derrière, un monde entier, fontaine, orangers, zellige, lumière tombée d'un carré de ciel. Ce contraste est la signature d'une civilisation urbaine qui a mis plus de mille ans à se construire, avant que le mot riad ne devien

louel3arabiya
6 min de lecture


LA MOSQUÉE AL MOHAMMADI DES HABOUS, HISTOIRE, ARCHITECTURE ET SIGNIFICATION INSTITUTIONNELLE
Le 30 juin 1934, dans le quartier naissant des Habous à Casablanca, le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, futur Mohammed V, pose la première pierre d'un édifice qui portera bientôt son nom. Il y reviendra plusieurs fois pendant les deux années de chantier, observant avec attention l'avancée des travaux, jusqu'à l'inauguration solennelle du 12 juin 1936. Cette mosquée, connue aujourd'hui sous le nom d'Al Mohammadi, est bien plus qu'un édifice religieux remarquable. Elle est la

louel3arabiya
5 min de lecture


KALAAT M'GOUNA, LES DIX SIÈCLES DE LA VALLÉE DES ROSES DU MAROC
Chaque année, à l'aube d'un matin d'avril ou de mai, dans les vallées de Dadès et du M'Goun au pied du Haut Atlas, des milliers de femmes amazighes s'avancent dans les champs avant même que le soleil ne soit levé. Leurs gestes sont précis, rapides, silencieux. Il faut cueillir la fleur avant qu'elle ne perde son parfum dans la chaleur du jour. Ce parfum, c'est celui de la Rosa damascena, ou rose de Damas, dont un litre d'huile essentielle peut atteindre 20 000 euros sur les m

Youssef.B
7 min de lecture


LE SOUK, ÉCOLE MAROCAINE DE NÉGOCIATION
À Fès El Bali, la médina fondée au IXe siècle, artisans et acheteurs négocient depuis plus de 1 200 ans avec calme, marchandent avec finesse et concluent d'une poignée de main. À Marrakech, 2 600 artisans répartis en une vingtaine de corporations perpétuent une organisation héritée de la dynasty almoravide du XIe siècle. Dans les ruelles de Tétouan, de Meknès et de Rabat, le même rituel se répète depuis des siècles, avec ses codes, ses silences, ses thés offerts et ses poigné

louel3arabiya
5 min de lecture


LA SERTLA, SEPT BRACELETS D'OR, DEUX MILLÉNAIRES D'HISTOIRE MAROCAINE ET UN TINTEMENT QUI TRAVERSE LES GÉNÉRATIONS
Il y a des objets qui parlent avant même qu'on les regarde. La sertla est de ceux-là. Ce son discret et reconnaissable, ce tintement léger qui accompagne le geste d'une femme marocaine à la fête, au mariage, dans les grandes occasions, porte en lui plus de deux millénaires de civilisation. Sept bracelets d'or, portés empilés au poignet, dont chaque motif a un nom en darija, chaque courbe une origine et chaque reflet une histoire que les artisans marocains transmettent de géné

louel3arabiya
7 min de lecture


JIL JILALA, 50 ANS DE MUSIQUE MAROCAINE QUI TRAVERSE LES GÉNÉRATIONS
En septembre 1972, trois chansons enregistrées à la télévision marocaine par un groupe de jeunes Marrakchis que personne ne connaît encore changent quelque chose dans l'air. Un mois plus tard, le 7 octobre, 2 000 spectateurs debout au Théâtre Mohammed V de Rabat refusent de les laisser quitter la scène. Le lendemain, Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Sa sainte âme, les reçoit au Palais Royal. Et trois mois après ce premier concert, ils se produisent à l'Olympia de Paris d

Youssef.B
5 min de lecture


LA TANJIA, PLAT DES HOMMES DE MARRAKECH, ORIGINES, RITUEL ET ENJEUX DE PRÉSERVATION
Au petit matin, dans les ruelles encore endormies de la Médina de Marrakech, un parfum monte. Celui du cumin, du safran, du citron confit et du smen qui se mêlent dans la chaleur souterraine des braises du hammam. Ce parfum s'appelle la Tanjia. Née dans les mains des artisans de la cité ocre, transmise de génération en génération comme un secret de fraternité, la Tanjia est bien plus qu'un plat : c'est un rituel, une identité et, aujourd'hui, un patrimoine que le Maroc doit a

Brahim Al Maghribi
6 min de lecture


L'ART DU CUIR EST NÉ AU MAROC, L'HISTOIRE D'UNE EXCELLENCE MILLÉNAIRE
Il y a une vérité que les dictionnaires du monde entier portent sans toujours la connaître. En français, en anglais, en espagnol, en allemand, le mot qui désigne l'art du travail du cuir raffiné porte en lui le nom d'un pays. Maroquinerie. Maroquin. Morocco leather. Marroquinería. C'est au XIVe siècle que le terme "maroquin" apparaît dans les langues européennes pour désigner le cuir de chèvre et de mouton tanné du côté du poil, témoignant de l'excellence reconnue du travail

Youssef.B
5 min de lecture


LE DERNIER SALUT À ABDELWAHAB DOUKKALI, GÉANT DE LA CHANSON MAROCAINE
Le Maroc est en deuil. Ce 8 mai 2026, Abdelwahab Doukkali, l’une des plus grandes voix de la chanson marocaine et arabe, s’est éteint, laissant derrière lui un héritage musical immense construit sur plus de six décennies. Figure emblématique de la musique arabe contemporaine et de la chanson marocaine, il aura marqué plusieurs générations par ses compositions, sa voix singulière et sa capacité rare à unir modernité et traditions musicales du Maroc. Sa disparition représente u

Brahim Al Maghribi
5 min de lecture


LES ARCHIVES TURQUES CONFIRMENT LA MAROCANITÉ DU CAFTAN FÉMININ
Depuis plusieurs années, une mécanique s’est installée dans le milieu propagandiste algérien : dès qu’un caftan marocain rayonne à Paris, Doha, Istanbul ou Dubaï, il serait originaire "ottoman" avant de définitivement devenir "algérien" via l’Empire ottoman. À force d’être répétée, cette affirmation a fini par donner l’illusion d’un débat historique sérieux. Pourtant, il existe une méthode extrêmement simple pour vérifier cette théorie : consulter ce que les Turcs eux-mêmes é

Brahim Al Maghribi
7 min de lecture


LA MDAMMA, TRÉSOR INTEMPOREL DU PATRIMOINE MAROCAIN
La mdamma (المدمة), parfois prononcée mdemma ou mdama selon les régions est la ceinture traditionnelle marocaine par excellence. Bijou d'orfèvrerie, symbole de statut social, élément incontournable du trousseau de mariage et réserve d'épargne ou investissement de la femme marocaine : cette pièce d'apparat porte en elle toute la profondeur de la civilisation marocaine. Son nom trouve très probablement sa racine dans le verbe arabe ضَمَّ (damm), qui signifie assembler, joindre,

louel3arabiya
4 min de lecture


RAYMONDE EL BIDAOUIA, UNE VOIX QUI A MARQUÉ LE MAROC
Dans l’histoire musicale du Royaume, certaines trajectoires illustrent avec éclat la richesse et la pluralité de l’identité marocaine. Raymonde El Bidaouia appartient à cette génération d’artistes qui ont porté la chanson populaire marocaine au-delà des frontières, tout en demeurant profondément attachées à leurs racines. Par sa voix, son style et sa longévité artistique, elle a contribué à inscrire la musique marocaine dans une dimension universelle, sans jamais la dissocier

Brahim Al Maghribi
2 min de lecture


NAJAT AATABOU, VOIX EMBLÉMATIQUE DE LA CHANSON POPULAIRE MAROCAINE
Dans l’histoire de la musique populaire marocaine, Najat Aatabou s’impose comme l’une des voix les plus puissantes et les plus singulières de sa génération. Par son timbre affirmé, son franc-parler artistique et son attachement aux racines populaires, elle a profondément marqué la scène nationale depuis les années 1980, inscrivant son nom dans le patrimoine vivant du Royaume. Née en 1960 dans la région de Khémisset, au cœur d’un Maroc rural imprégné de traditions orales et mu

louel3arabiya
2 min de lecture


ABDELKRIM RAÏS, FIGURE MAJEURE DU PATRIMOINE CULTUREL MAROCAIN
Dans l’histoire culturelle du Maroc, certains noms résonnent comme des repères, des balises de mémoire et d’identité. Celui d’Abdelkrim Raïs s’impose parmi les grandes figures qui ont préservé et transmis l’un des trésors les plus raffinés du patrimoine national : la musique andalouse marocaine. À travers son œuvre, son enseignement et son engagement, il a contribué à faire de cet héritage séculaire un pilier vivant de la conscience culturelle marocaine. Né à Fès au début du

Brahim Al Maghribi
3 min de lecture


HAJJA EL HAMDAOUIA, LA VOIX INOUBLIABLE DU CHAÂBI MAROCAIN
Dans l’histoire artistique du Royaume, certaines voix dépassent le cadre de la scène pour devenir l’écho d’un peuple. Hajja El Hamdaouia fait partie de ces figures rares dont le timbre, l’énergie et la longévité ont profondément marqué la musique populaire marocaine. À travers des décennies de carrière, elle a incarné l’âme du chaâbi, portant haut une expression authentique de la culture nationale. Née en 1930 à Casablanca, dans un Maroc encore sous protectorat, Hajja El Hamd

Brahim Al Maghribi
2 min de lecture


AVANT L’ÉLECTRICITÉ, COMMENT LES VILLES MAROCAINES S’ÉCLAIRAIENT
Bien avant l’avènement de l’électricité, les villes marocaines vivaient au rythme d’une lumière fragile mais profondément symbolique. À la tombée du jour, lorsque le soleil disparaissait derrière les remparts des médinas, un autre monde s’installait : celui des lampes à huile, des lanternes suspendues et des flammes vacillantes éclairant ruelles, patios et mosquées. Cet éclairage, à la fois utilitaire et spirituel, faisait partie intégrante de l’organisation urbaine et de l’e

Brahim Al Maghribi
3 min de lecture


DE KÉNITRA AUX GRANDES SCÈNES, L’ASCENSION DE LATIFA RAÂFAT
Dans le paysage de la chanson marocaine contemporaine, Latifa Raâfat occupe une place de premier plan. Par son timbre reconnaissable, sa présence scénique élégante et son attachement constant à l’identité musicale nationale, elle s’est imposée comme l’une des grandes voix féminines du Royaume depuis les années 1980. Son parcours épouse les évolutions culturelles d’un Maroc confiant dans son héritage et résolument tourné vers l’avenir. Née en 1965 à Kénitra, Latifa Raâfat gran

Brahim Al Maghribi
2 min de lecture
bottom of page


