TANGER

Héritière de l'antique Tingis, comptoir phénicien puis capitale romaine de la province de Maurétanie tingitane, Tanger occupe depuis l'Antiquité une position de carrefour face au détroit de Gibraltar. Cette centralité géographique lui a valu d'être l'objet de convoitises étrangères récurrentes : occupée par le Portugal à partir de 1471, elle passe en 1661 sous contrôle anglais, cédée comme partie de la dot de Catherine de Bragance lors de son mariage avec Charles II d'Angleterre. Le sultan Moulay Ismaïl entreprend dès 1679 de reprendre la ville, engageant un siège qui aboutit au départ définitif de la garnison anglaise en 1684, restituant Tanger à la souveraineté chérifienne.
Le protocole de Tanger, signé le 18 décembre 1923 par la France, l'Espagne et le Royaume-Uni, place la ville sous un régime de zone internationale, tout en maintenant formellement la souveraineté du sultan représentée par un mendoub. Ce statut international, qui attire nombre d'artistes et d'écrivains, prend fin en 1956 avec l'intégration pleine et entière de Tanger au Maroc indépendant.
Depuis les années 2010, Tanger a été repositionnée par le Royaume comme sa principale porte d'entrée vers les marchés mondiaux. Le complexe portuaire de Tanger Med est devenu le premier port à conteneurs de Méditerranée ; l'usine Renault installée sur le site produit entre 300 000 et 400 000 véhicules par an, essentiellement destinés à l'exportation. La zone franche accueille environ 500 entreprises et génère 60 000 emplois.
Cette dynamique industrielle et logistique explique une croissance démographique spectaculaire : le recensement de 2024 dénombre 1 275 428 habitants dans la commune de Tanger, contre 1 494 413 pour l'ensemble de la préfecture de Tanger-Asilah.







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