TÉTOUAN

Nichée dans une vallée creusée par l'oued Mhannech, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Tanger, Tétouan occupe un site habité depuis l'Antiquité : des vestiges attestent l'existence de l'ancienne cité de Tamuda dès le IIIe siècle avant notre ère. La ville actuelle est établie vers 1305-1308.
Après la chute de Grenade en 1492, des réfugiés andalous s'y installent en nombre ; le commandant Abu al-Hassan Ali al-Mandri en devient gouverneur et fondateur de la ville reconstruite, tandis que son épouse, Sayyida al-Hurra, y exercera un pouvoir politique et maritime remarqué. L'expulsion des Morisques d'Espagne en 1609 renforce encore ce caractère andalou, et le mellah de Tétouan devient l'un des plus importants du Maroc.
L'armée espagnole occupe la ville de 1859 à 1862, puis Tétouan devient en 1913 la capitale du protectorat espagnol du Maroc, statut qu'elle conserve jusqu'à l'indépendance en 1956. Sa médina, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997, conserve largement son plan urbain et sa configuration des XVIIe-XVIIIe siècles, avec une empreinte architecturale andalouse qui lui vaut les surnoms de « fille de Grenade » et de « colombe blanche ».
Aujourd'hui siège de la présidence de l'Université Abdelmalek Essaâdi et foyer de la musique andalouse (al-âla), Tétouan comptait, selon le recensement de 2024, 422 757 habitants pour la commune urbaine (contre 380 787 en 2014), et 611 928 habitants pour l'ensemble de la province.







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