14 AOÛT 1979, LE JOUR OÙ OUED EDDAHAB A PARACHEVÉ L'UNITÉ DU MAROC, DE TANGER À LAGOUIRA

Le 14 août 1979, une imposante délégation d'oulémas, de dignitaires, de notables et de chefs des tribus de la province d'Oued Eddahab se rend à Rabat pour prêter Beïa à Feu Sa Majesté Hassan II. Ce geste solennel est l'aboutissement de décennies de lutte pour l'intégrité territoriale du Maroc, l'acte final d'un processus de décolonisation qui avait commencé à Tarfaya en 1958, s'était poursuivi à Sidi Ifni en 1969, avant d'atteindre un premier sommet avec la Marche Verte du 6 novembre 1975. En ce 14 août 2026, le Maroc célèbre le 47e anniversaire de cet événement. Et il le fait dans un contexte inédit : la résolution 2797 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée le 31 octobre 2025, a consacré l'initiative marocaine d'autonomie comme l'unique solution au différend autour du Sahara marocain.
Pour comprendre la portée du 14 août 1979, il faut revenir à ce que le Maroc récupérait ce jour-là et dans quel contexte géopolitique il le faisait. Oued Eddahab, dont Dakhla est le chef-lieu, est la grande province du Sud située à l'extrémité méridionale du territoire marocain, s'étendant vers la frontière mauritanienne. Après le retrait espagnol du Sahara consécutif aux Accords de Madrid de novembre 1975 et à la Marche Verte, ce territoire était passé sous administration mauritanienne. C'est là que réside la subtilité géopolitique de la date du 14 août 1979. À cette époque, le Front Polisario venait de signer avec la Mauritanie, épuisée par les combats, le Traité d'Alger du 5 août 1979, par lequel Nouakchott cédait ses droits sur le territoire au Front Polisario. Le piège se refermait sur le Maroc : si ce traité était reconnu par la communauté internationale, Oued Eddahab aurait pu tomber entre les mains du Polisario, ouvrant une nouvelle phase du conflit.

Feu Sa Majesté Hassan II avait anticipé cette manœuvre. Les habitants d'Oued Eddahab, fidèles au Trône Alaouite depuis des générations, avaient organisé leur réponse. Neuf jours seulement après la signature du Traité d'Alger, le 14 août 1979, les délégations de toutes les tribus d'Oued Eddahab convergeaient vers Rabat pour renouveler et réaffirmer la Beïa à leur Souverain. Dans le discours que Feu Sa Majesté Hassan II prononça à cette occasion, il assurait à l'ensemble des tribus sahraouies qu'il prendrait grand soin de cet acte d'allégeance renouvelé, sur lequel il veillerait précieusement, comme il veillerait sur leur sécurité et leur prospérité. La réponse populaire des tribus d'Oued Eddahab avait déjoué les calculs du Front Polisario et de ses soutiens algériens, en démontrant que le lien entre ces populations et le Trône Alaouite précédait, dépassait et excédait tout arrangement diplomatique entre États tiers.
Cette date du 14 août 1979 s'inscrit dans une chronologie de décolonisation que le Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l'Armée de libération rappelle dans son communiqué commémoratif. Cette chronologie commence le 15 avril 1958 avec la récupération de la ville de Tarfaya, premier des territoires encore sous occupation espagnole à rejoindre le Maroc indépendant après 1956. Elle se poursuit le 30 juin 1969 avec Sidi Ifni, enclave espagnole atlantique que l'Espagne finit par restituer après des années de pression diplomatique marocaine et de résistance des populations locales. Elle atteint son moment le plus emblématique avec la Marche Verte du 6 novembre 1975, lancée sur instruction de Feu Sa Majesté Hassan II, qui mobilisa 350 000 citoyens marocains pour traverser pacifiquement la frontière du Sahara dans un geste de reconquête civilisationnelle sans précédent dans l'histoire moderne. Et elle se conclut avec Oued Eddahab le 14 août 1979, point final du processus de décolonisation qui restituait au Maroc l'intégralité de son territoire, de Tanger à Lagouira.
Quelques mois après la Beïa du 14 août 1979, Feu Sa Majesté Hassan II effectuait une visite officielle dans la région d'Oued Eddahab à l'occasion des célébrations de la Glorieuse Fête du Trône, premier Souverain à se rendre dans ces terres depuis leur retour à la mère patrie. Cette visite consacrait la solidité des liens unissant le Glorieux Trône Alaouite et les habitants de cette partie du territoire national, et inaugurait une nouvelle phase, celle du développement et de l'intégration de ces provinces dans l'effort national.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a poursuivi et amplifié cette mission avec une constance et une ambition qui ont profondément transformé la région. Les provinces du Sud, qui "n'avaient connu aucun développement économique et social durant la période de leur occupation", selon le communiqué du Haut-Commissariat, vivent aujourd'hui au rythme d'une dynamique de développement global, intégré et inclusif. La région de Dakhla-Oued Eddahab est appelée à renforcer son rôle de pôle économique régional, non seulement à l'échelle nationale, mais à celle de l'ensemble de l'espace sahélo-saharien. De grands chantiers ont été engagés dans tous les domaines : infrastructures portuaires et routières, développement de la pêche et du tourisme, projets agricoles, énergies renouvelables, équipements de santé et d'éducation, et aménagement urbain d'une ville, Dakhla, qui est aujourd'hui l'une des plus dynamiques du Maroc. La création de la zone d'accélération industrielle de Dakhla, dont la première phase est opérationnelle, et le projet du port Atlantique de Dakhla sont des réalisations phares de la vision royale pour ces provinces.
Le contexte diplomatique international dans lequel s'inscrit le 47e anniversaire est celui d'une reconnaissance croissante de la marocanité du Sahara. La résolution 2797 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée le 31 octobre 2025 et saluée dans son discours par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a consacré l'initiative marocaine d'autonomie comme l'unique solution au différend artificiel autour du Sahara marocain. Cette résolution s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance internationale, depuis la décision des États-Unis en 2020 sous l'administration Trump de reconnaître la marocanité du Sahara, jusqu'à la position de la France formalisée en 2024 par le président Macron, en passant par les soutiens croissants des pays du Golfe, d'Afrique et d'Amérique latine. Ce que Feu Sa Majesté Hassan II avait engagé le 6 novembre 1975 et scellé le 14 août 1979 trouve aujourd'hui une confirmation internationale que les défenseurs de l'intégrité territoriale du Maroc attendaient depuis des décennies.
À Dakhla, le 47e anniversaire sera marqué par un meeting organisé par le Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l'Armée de libération, dans la salle de la Chambre d'agriculture de la ville, avec des allocutions, des témoignages rendant hommage aux différentes étapes de la lutte héroïque, et des hommages rendus à une sélection d'anciens résistants et anciens membres de l'Armée de libération en reconnaissance des services rendus à la religion, à la patrie et au Trône. La cérémonie sera également marquée par la pose de la première pierre de l'Espace de la mémoire historique de la Résistance et de la Libération à Dakhla, qui rejoindra le réseau national de 109 espaces dédiés à la mémoire de la résistance, répartis sur l'ensemble du territoire national.
Le 14 août 1979 est le point d'arrivée d'une épopée de libération qui avait commencé avant l'indépendance elle-même, dans les actes de résistance des habitants du Sahara contre les forces d'occupation, dans les soulèvements d'Aït Baamrane, dans la mobilisation des cellules de résistance, dans les sacrifices des membres de l'Armée de libération. Et c'est aussi un point de départ : celui d'un Sahara marocain enfin réunifié, que Sa Majesté le Roi Mohammed VI est en train de transformer en pôle de développement et de rayonnement pour l'ensemble de la région sahélo-saharienne. La chaîne est continue, de la Beïa de 1979 au discours royal de 2025, de Feu Hassan II à Sa Majesté Mohammed VI, du premier serment d'allégeance renouvelé aux premières pierres des grands chantiers de Dakhla.







Commentaires