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AMGALA 1976, UNE VICTOIRE MAROCAINE FACE À L’AGRESSION ALGÉRIENNE

AMGALA 1976, UNE VICTOIRE MAROCAINE FACE À L’AGRESSION ALGÉRIENNE

Dans la nuit du 27 janvier 1976, à l'oasis d'Amgala, à quelque 260 kilomètres à l'ouest de la frontière algérienne et au sud de Smara, les Forces armées royales lancent un assaut contre des positions lourdement armées. Ce qu'elles y trouvent va provoquer une crise diplomatique majeure et exposer devant la communauté internationale un fait qu'Alger niait depuis des semaines : l'armée algérienne était directement engagée dans le conflit du Sahara, aux côtés du Polisario, sur un territoire marocain récupéré de l'occupation espagnole à peine deux mois plus tôt.


Le contexte est celui d'un Maroc en pleine concrétisation de la Marche Verte. Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Sa sainte âme, avait conduit en novembre 1975 quelque 350 000 civils marocains vers le Sahara, contraignant Madrid à signer les accords de Madrid par lesquels l'Espagne cédait le territoire au Maroc et à la Mauritanie. Les FAR opéraient dans la foulée pour sécuriser les centres urbains, Laâyoune, Smara, puis les zones frontières, dans le cadre d'une opération baptisée "Assainissement". C'est dans ce mouvement vers le sud-est que les unités marocaines débouchent sur Amgala, où elles découvrent des positions tenues non seulement par des combattants du Polisario, mais par des soldats réguliers de l'armée algérienne, lourdement équipés, avec canons de campagne, mortiers, batteries antiaériennes et missiles sol-air de fabrication soviétique portant les marquages des forces armées algériennes.


La bataille dure trente-six heures. Les unités algériennes se retirent dans la nuit du 29 janvier, laissant derrière elles entre 102 et 109 soldats prisonniers et un matériel militaire que les officiers des FAR présentent à la presse internationale quelques jours plus tard : des missiles soviétiques arborant les insignes de l'armée algérienne, preuve matérielle irréfutable d'un engagement que le gouvernement d'Alger n'aura plus guère les moyens de démentir. Le colonel Ahmed Dlimi, commandant de la zone militaire Sud depuis novembre 1975 et figure centrale de la guerre du Sahara, décrit lui-même la confrontation sans détour : "La bataille était assez chaude et on a dû affronter quelques 450 éléments algériens soutenus par d'autres éléments du Polisario. Après la bataille, les Algériens se sont retirés." Ces mots, cités par plusieurs médias internationaux et confirmés par plusieurs sources militaires de l'époque, résument ce que les archives corroborent.



La personnalité du colonel Dlimi mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle donne à cette bataille une dimension symbolique supplémentaire. Né en 1931 à Sidi Kacem, dans le Gharb, Ahmed Dlimi est issu de la tribu des Ouled Dlim, une fraction de la grande confédération des Banu Hassan originaire du Sahara, dont le nom de famille et la mémoire familiale sont étroitement liés à la région de Dakhla. Major de sa promotion en 1953 à l'Académie Royale Militaire de Meknès, il forge son expérience au feu de la guerre de Sidi Ifni en 1957, où il se fait remarquer par son sens tactique au point d'être surnommé par ses hommes le "commandant Che Guevara" pour son bérêt et son audace sur le terrain. C'est lui que Feu SM le Roi Hassan II charge, après la Marche Verte, de protéger militairement le Sahara contre les incursions algériennes sous couvert du Polisario. Selon le commandant Mahjoub Tobji, aide de camp de Dlimi, "c'est Dlimi et ses hommes qui sont rentrés les premiers dans ce territoire après la Marche Verte." Un officier dont les racines tribales plongeaient dans ce même Sahara que l'Algérie tentait de lui disputer.


Parmi les soldats algériens présents à Amgala en janvier 1976 figurerait un certain capitaine Saïd Chengriha, aujourd'hui chef d'état-major de l'armée algérienne et homme fort du régime. Mondafrique, média francophone indépendant, évoque cet épisode dans son portrait de Chengriha. Chengriha a commandé pendant des années la troisième région militaire de Béchar, précisément la zone frontalière avec le Maroc et le Sahara, et qu'il a qualifié publiquement le Royaume de "pays ennemi" à de multiples reprises, y compris lorsque le Maroc envoyait des Canadairs pour aider l'Algérie à combattre ses incendies de forêt. Qu'une humiliation personnelle subie dans le sable d'Amgala en 1976 nourrisse encore aujourd'hui la politique la plus agressive de l'histoire récente entre les deux pays reste une hypothèse que l'histoire, seule, permettra un jour de confirmer. Ce qui ne l'est pas, c'est que le Maroc lui a depuis offert un rappel permanent de cette défaite : le nouveau poste frontière ouvert entre le Maroc et la Mauritanie, à deux pas du lieu de la bataille, s'appelle officiellement le Passage d'Amgala.



La portée diplomatique de la première bataille d'Amgala fut immédiate et profonde. Le fait que l'Algérie ait déployé ses troupes à plus de 260 kilomètres à l'intérieur d'un territoire que l'accord de Madrid venait de reconnaître comme zone d'influence marocaine et mauritanienne ruinait définitivement la thèse algérienne d'une neutralité dans le conflit. Alger justifia la présence de ses soldats par la nécessité d'acheminer de la nourriture et des secours médicaux aux réfugiés sahraouis. Le matériel soviétique aux marquages de l'armée algérienne que les FAR exhibèrent à la presse internationale le 31 janvier 1976, lendemain de la bataille, eut raison de cet argument : l'agence Reuters, présente sur place, rapporta dans sa dépêche du même jour que les officiers marocains avaient présenté aux journalistes les 109 prisonniers ainsi que des missiles sol-air de fabrication soviétique portant les insignes des forces armées algériennes, preuve matérielle irréfutable d'un engagement militaire régulier et non d'une mission humanitaire.



Ce que Reuters constata sur le terrain en 1976 fut confirmé onze ans plus tard par une source d'une tout autre autorité. En mars 1987, la Direction du Renseignement de la CIA produisit un rapport classifié Secret, aujourd'hui déclassifié et consultable sur le portail officiel foia.cia.gov, intitulé "Morocco-Algeria: Living Near the Brink" (référence NESA 87-10014). Ce document, rédigé par des analystes américains sans aucun intérêt partisan dans le conflit, y est explicite à deux reprises. Il constate d'abord : "In 1976, Algerian forces were expelled from the Amgala area of Western Sahara after two battles with Moroccan forces." Il précise ensuite, à propos des crises de 1976 et 1984 : "We believe both the 1976 and 1984 crises stemmed from Algiers's efforts to influence the war with its own forces. In the earlier case Algerian forces actually fought in Western Sahara." La CIA américaine confirme donc noir sur blanc, dans un document classifié destiné à ses propres dirigeants, que les forces algériennes ont bel et bien combattu militairement au Sahara marocain en 1976 et qu'elles en ont été expulsées par les FAR. Alger peut contester Rabat mais elle ne peut pas contester Langley.


AMGALA 1976, UNE VICTOIRE MAROCAINE FACE À L’AGRESSION ALGÉRIENNE

Un revers militaire survint quinze jours plus tard, le 14 février 1976, quand des forces du Polisario attaquèrent la garnison marocaine laissée à Amgala, infligeant de lourdes pertes à la petite unité restée sur place. Selon l'historien français Maurice Barbier, spécialiste du conflit sahraoui, cette deuxième bataille implique le Polisario seul, sans participation directe de l'armée algérienne, une version que Feu SM Hassan II contesta en accusant Alger d'avoir utilisé des armes lourdes. L'oasis passa sous contrôle du Polisario jusqu'en mai 1977, date à laquelle les FAR la reprirent. Mentionner ce rebound n'affaiblit pas le récit, il l'enrichit : la souveraineté marocaine sur son Sahara n'a jamais été un acquis statique mais le résultat d'un effort militaire constant, payé au prix fort par des hommes qui croyaient à la légitimité de leur cause.



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Les conséquences géopolitiques d'Amgala s'étalèrent sur des années. Le 7 mars 1976, le Maroc rompait ses relations diplomatiques avec l'Algérie, le lendemain de la reconnaissance par Alger de la "République arabe sahraouie démocratique" proclamée par le Polisario le 27 février. L'historien américain Alexander Mikaberidze, dans son encyclopédie académique Conflict and Conquest in the Islamic World publiée aux éditions ABC-Clio, classe ces deux batailles d'Amgala parmi les confrontations décisives de la guerre du Sahara, notant que les deux pays se retrouvèrent au bord d'un conflit ouvert avant qu'une intense activité diplomatique ne permette d'éviter l'escalade vers une guerre totale.


Près d'un demi-siècle plus tard, la mémoire d'Amgala conserve toute sa valeur de témoignage historique. Elle rappelle que le Maroc n'a pas simplement hérité de son Sahara mais qu'il l'a défendu, dans les sables, avec des soldats dont certains étaient eux-mêmes issus de ces tribus sahraouiennes que la propagande algérienne prétendait représenter. Elle illustre aussi la continuité d'une politique dont SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, a rappelé dans ses discours royaux les fondements historiques et juridiques, poursuivant la démarche d'autonomie élargie comme cadre de règlement définitif sous supervision onusienne. Amgala est la preuve documentée, par le matériel militaire, par les prisonniers, par les archives diplomatiques et par l'échange de 1987, que la question du Sahara marocain a toujours été une question régionale, avec un acteur algérien qui a longtemps préféré l'ombre à la lumière.



12 commentaires


Youssef.B
Youssef.B
06 juil.

Un travail de restitution historique particulièrement dense et rigoureux. Cet article a le mérite de dépasser les simples affirmations en posant des faits précis : la confrontation directe à l'oasis d'Amgala, la capture des soldats réguliers et l'exhibition des missiles soviétiques qui ont fait basculer la diplomatie de l'époque. L'intégration des rapports déclassifiés de la CIA et des dépêches de Reuters apporte une force indiscutable au récit, tout comme la mise en perspective des trajectoires humaines, du colonel Dlimi jusqu'aux responsabilités actuelles de Chengriha. Maroc Patriotique livre ici une analyse fouillée et indispensable pour comprendre comment un affrontement de trente-six heures en 1976 continue de structurer les tensions géopolitiques régionales aujourd'hui.

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Mourad Bourahla
Mourad Bourahla
19 sept. 2025

Vraiment vous pas fatigué de mentir ....

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Youssef.B
Youssef.B
06 juil.
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