Rabat
top of page

MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION

il y a 14 heures
12 min de lecture
MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION

Depuis l’annonce du 16 septembre 2026 qui élève les bureaux de liaison maroco-israéliens au rang d’ambassades, un mot revient en boucle sur les réseaux et dans certains médias étrangers : allié. Le Maroc serait l’allié d’Israël, donc complice de sa politique à Gaza, donc infidèle à la Palestine. Ce raccourci n’a rien d’innocent puisqu'il attribue à la relation une nature qu’elle ne possède pas, afin de nourrir chez les Marocains le rejet, la colère et parfois la honte, avec l’espoir, chez les adversaires du Royaume, d’une fracture entre la société et la monarchie. Maroc Patriotique choisit de répondre par une méthode plutôt que par des slogans. Notre travail définit d’abord ce qu’est une alliance en science politique et en droit international, puis la distingue d’un partenariat économique ou stratégique. Il examine ensuite le contenu réel des textes qui lient Rabat et Tel-Aviv, y compris leur volet de défense, replace la relation dans l’histoire longue de 1994, de 2000 et de 2020, et mesure l’action du Royaume pour la Palestine, de ses votes à l’ONU à la résolution 2803. Il explique enfin pourquoi cette diplomatie relève de la realpolitik ordinaire des États, quels atouts donnent au Maroc un poids que les Européens ont pris en compte sur le Sahara, et ce que valent les rumeurs les plus répandues. Au terme de cette démonstration, le lecteur disposera des faits pour trancher lui-même.


Pour mesurer l’écart entre un mot et une réalité, un contre-exemple récent s’impose. Le 17 septembre 2025, à Riyad, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont signé un accord de défense mutuelle dont la clause centrale tient en une phrase : toute agression contre l’un des deux pays sera considérée comme une agression contre les deux, ainsi que le détaille l’analyse de la Brookings Institution. Un an plus tard, le 16 septembre 2026, à New York, le Maroc, Israël et les États-Unis ont annoncé l’élévation des bureaux de liaison maroco-israéliens au rang d’ambassades, d’après le gouvernement israélien rapporté par U.S. News. Entre ces deux textes, la différence de nature saute aux yeux : le premier engage des armées, le second ouvre des chancelleries. Assimiler l’un à l’autre relève de la confusion, et cette confusion sert ceux qui l’entretiennent.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION

En science politique, le mot allié possède un sens précis. Glenn Snyder, dans Alliance Politics (Cornell University Press, 1997), définit l’alliance comme une association formelle d’États pour l’usage ou le non-usage de la force militaire, dans des circonstances spécifiées, contre des États extérieurs au groupe. Stephen Walt, dans The Origins of Alliances (Cornell University Press, 1987), la décrit comme un engagement formel ou informel de coopération de sécurité entre deux États souverains ou plus. Le droit international donne à cette idée son socle : l’article 51 de la Charte des Nations unies reconnaît le droit de légitime défense individuelle ou collective, et c’est sur lui que s’appuie l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, selon lequel une attaque armée contre une partie sera considérée comme une attaque contre toutes. Trois critères en découlent : un engagement écrit, une obligation d’assistance militaire déclenchée par une attaque, un adversaire commun désigné. Quand ces trois éléments manquent, le terme d’alliance cesse de s’appliquer.


Trois niveaux de relation méritent d’être distingués, parce que le débat public les mélange. La relation économique organise des flux de marchandises, de capitaux et de personnes, comme le feront l’accord de protection des investissements et la convention contre la double imposition que Rabat et Tel-Aviv se sont engagés à finaliser avant la fin de 2026. La relation stratégique rapproche des États dont les intérêts convergent sur certains dossiers, sans que chacun doive entrer en guerre pour l’autre. L’alliance, elle, lie le sort militaire de deux États. Le Royaume connaît bien ces gradations. Son traité de paix et d’amitié avec les États-Unis date de 1786, et en juin 2004 Washington lui a conféré le statut d’allié majeur non membre de l’OTAN, qui ouvre l’accès à des facilités de coopération militaire et d’armement sans contenir de clause de défense mutuelle. Un lien étroit avec une grande puissance peut donc exister sans alliance au sens strict.



Que contient, concrètement, la relation entre le Maroc et Israël ? La déclaration commune du 22 décembre 2020 prévoit des vols directs, une coopération économique dans le commerce, la finance, l’innovation, l’eau, l’agriculture et l’énergie, la réouverture des bureaux de liaison et la marche vers des relations diplomatiques complètes. Le 24 novembre 2021, à Rabat, le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et son homologue israélien Benny Gantz ont signé un mémorandum d’entente en matière de défense qui, selon l’Associated Press, pose les bases d’une coopération de sécurité, d’échanges de renseignement et de ventes d’armes. L’honnêteté intellectuelle commande de le reconnaître : la relation dépasse le seul commerce et comporte un volet de défense, comme celui que le Royaume entretient avec les États-Unis, la France ou l’Espagne. Aucun texte public ne contient pour autant de clause d’assistance mutuelle, d’obligation de participer aux opérations militaires d’Israël, de commandement commun ou de désignation d’un adversaire partagé. Le qualificatif exact est celui d’un partenariat diplomatique, économique et sécuritaire sectoriel, situé en dehors de l’alliance formelle telle que la définissent Snyder, Walt et l’article 5 du traité de l'OTAN.


Cette relation s’inscrit dans une histoire plus longue que ne le suggèrent les polémiques du moment. En septembre 1994, un an après les accords d’Oslo, des bureaux de liaison s’ouvraient à Rabat et à Tel-Aviv avec l’aval de Feu SM le Roi Hassan II, qui présidait par ailleurs le Comité Al-Quds. Cette ouverture coexistait avec un plaidoyer constant du Royaume pour la cause palestinienne. Le 21 octobre 2000, après le déclenchement de la seconde Intifada, SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste, décidait de rompre ces relations en solidarité avec les Palestiniens. Elles ont repris en décembre 2020 dans le cadre de la déclaration tripartite et passent aujourd’hui au rang d’ambassades. Ce va-et-vient illustre un instrument de politique étrangère que le Royaume ouvre et ferme selon ses intérêts et ses principes, ce qui caractérise tout État souverain.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
19 octobre 1998 - Photo de Wye River lors de la rencontre entre Benyamin Netanyahu et Yasser Arafat pendant la Conference Center, à Wye Mills dans le Maryland.

Sur la Palestine, les chiffres répondent mieux que les slogans. D’après la base de données de l’ONG UN Watch, dont la mission consiste à recenser les votes jugés défavorables à Israël, le Maroc a voté 181 fois sur 181, soit 100 %, en faveur des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies relatives aux violations d'Israël depuis 2015, sans une seule abstention. SM le Roi Mohammed VI préside le Comité Al-Quds de l’Organisation de la coopération islamique, chargé de préserver le statut de Jérusalem.


La résolution 2803, adoptée le 17 novembre 2025 par treize voix, la Chine et la Russie s’étant abstenues, accueille favorablement le Conseil de la paix et autorise une force internationale de stabilisation à Gaza. Le Royaume est membre fondateur de ce Conseil, à la suite de l’invitation adressée à SM le Roi en Sa qualité de président du Comité Al-Quds. Il a signé à Rabat avec l’émissaire du Conseil, Nickolay Mladenov, un accord de participation à la force : officiers supérieurs au sein du commandement conjoint, éléments de la Gendarmerie royale et de la Sûreté nationale, hôpital militaire de campagne. Ce déploiement, mandaté par le Conseil de sécurité et tourné vers le suivi du cessez-le-feu, les couloirs humanitaires et la formation de policiers palestiniens, n’a rien de commun avec les rumeurs de soldats marocains envoyés combattre les Palestiniens. Le gouvernement israélien rejette à ce stade la création d’un État palestinien. Dans ces conditions, la Palestine a besoin d’interlocuteurs qui pèsent dans la négociation, capables de parler à toutes les parties. Maroc Patriotique y voit la place que la diplomatie du Royaume est en train d’occuper.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
01 juillet 2003 à Jérusalem - Mahmoud Abbas et Ariel Sharon.

Peut-on défendre la cause palestinienne et dialoguer avec l’État qui l’occupe ? La diplomatie de puissance répond oui, chaque jour. En juin 2026, après des frappes américaines contre l’Iran, Washington et Téhéran ont conclu un mémorandum d’entente prévoyant l’arrêt immédiat des opérations militaires, comme l’analyse Chatham House. Le 9 octobre 2026, le président Trump a annoncé avec Vladimir Poutine un accord sur des livraisons de diesel russe et un assouplissement temporaire de sanctions, tandis que Washington maintient son soutien à Kyiv. Pendant la guerre froide, Washington et Moscou, adversaires structurels, entretenaient une ligne directe depuis 1963, négociaient des traités sur les armes nucléaires et concluaient des accords céréaliers. Hans Morgenthau l’avait formulé dès 1948 dans Politics Among Nations : les États agissent d’abord selon leur intérêt national. Les politistes parlent de realpolitik, de couplage des dossiers, de compartimentation et de stratégie de couverture. Dialoguer avec un adversaire permet de gérer l’hostilité sans renoncer à ses positions, et un canal ouvert devient d’autant plus précieux que la tension monte.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
17 novembre 2008 à Jérusalem - Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert.

Pour le Maroc, le couplage est écrit noir sur blanc. Le texte de décembre 2020 qui rétablit les liens avec Israël consigne aussi la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara et leur soutien au plan d’autonomie comme seule base d’une solution. La suite a confirmé la portée de cette séquence. Le 14 mars 2022, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez écrivait à SM le Roi que l’initiative marocaine d’autonomie de 2007 constitue la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend. Le 30 juillet 2024, Emmanuel Macron affirmait que le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. En juillet 2023, Israël a reconnu cette souveraineté. Le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée par onze voix et trois abstentions, a placé l’autonomie marocaine au centre des négociations et prorogé la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. Le Conseil se réunit ce mois d’octobre pour décider de l’avenir de la mission. Le Royaume a toujours préféré la négociation à la rupture : dès 1974, l’Assemblée générale demandait à la Cour internationale de Justice un avis consultatif sur le Sahara, rendu le 16 octobre 1975, avant que la Marche verte et la diplomatie ne prennent le relais.


De quelle influence parle-t-on, alors que le Maroc ne se présente pas comme une puissance militaire ? D’une influence de position et de ressources. La géographie place le Royaume à quatorze kilomètres de l’Europe, sur deux façades maritimes, face au détroit de Gibraltar où se dresse le complexe portuaire de Tanger Med. Selon l’US Geological Survey, son sous-sol recèle environ les deux tiers des réserves mondiales connues de phosphates, matière première des engrais dont dépend la sécurité alimentaire de la planète. L’histoire ajoute sa profondeur : des relations avec Washington qui remontent à 1786 et un statut de partenaire privilégié des États-Unis depuis 2004. La légitimité religieuse de SM le Roi, Commandeur des croyants, et la présidence du Comité Al-Quds donnent à Rabat une parole écoutée dans le monde musulman comme auprès des communautés juives d’origine marocaine. La stabilité institutionnelle et l’ancrage africain complètent le tableau. Les États ne se font pas de cadeaux : quand Madrid et Paris ajustent leur position, c’est que ces atouts pèsent dans leurs calculs.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
18 janvier 2012 - 166e réunion du Comité militaire de l'OTAN avec Benny Gantz, chef d'état-major de l'armée israélienne aux côtés de Cherif Zerrad, responsable de l'état-major de l'armée algérienne. Réunion de sécurité régionale et de développement de la coopération militaire entre l’Alliance et ses partenaires.

Le reproche adressé au Maroc ressemble fort à un double standard. L’Égypte a signé la paix avec Israël en 1979, la Jordanie en 1994, les Émirats arabes unis et Bahreïn en 2020, et le Kazakhstan a rejoint les accords d’Abraham en novembre 2025, comme le rappelle notre analyse du 17 septembre. Aucun de ces États n’est sommé de justifier sa fidélité à la Palestine avec l’intensité réservée au Royaume. L’Algérie, qui se présente comme le porte-voix des Palestiniens, a voté pour la résolution 2803 au Conseil de sécurité, ce que Maroc Patriotique avait analysé dès novembre 2025, alors qu’elle n’a pas pris part au vote de la résolution 2797 sur le Sahara. Nos enquêtes ont documenté d’autres contradictions : le contrat de lobbying avec BGR Group, l’ouverture du Sahara oriental à Chevron et ExxonMobil et le repositionnement d’Alger vers Washington.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
17 novembre 2004 - Siège de l’OTAN à Bruxelles, lors de la première réunion officielle entre le Comité militaire de l’OTAN et les chefs d’état-major. A gauche, général-major Yisrael Ziv, alors chef de la direction des opérations de l’armée israélienne et à droite, derrière le drapeau algérien, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’Armée algérienne.

Plusieurs rumeurs circulent sur les réseaux, et chacune mérite d’être pesée sur pièces. La première concerne Gaza. Le déploiement marocain est réel, mais son cadre est celui de la résolution 2803, qui autorise la force internationale de stabilisation et la place sous l’autorité du Conseil de la paix. L’accord de participation a été signé à Rabat le 15 juillet 2026 en présence du ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, de responsables de la Défense nationale et de l’émissaire du Conseil, Nickolay Mladenov. D’après le communiqué officiel de l’Administration de la Défense nationale, la contribution marocaine comprend des officiers supérieurs, des éléments de police et un hôpital de campagne, et le Conseil de la paix précise que les forces marocaines appuieront l’acheminement de l’aide humanitaire et la formation de la police palestinienne. Ces missions n’ont rien de commun avec le combat contre les Palestiniens que décrivent les rumeurs.


MAROC-ISRAËL, ALLIANCE, PARTENARIAT OU REALPOLITIK ? LA VÉRITABLE NATURE DE LA RELATION
25 juillet 1999 - Lors des funérailles de Feu SM Hassan II, le président Abdelaziz Bouteflika et le Premier ministre israélien Ehoud Barak.

Le cas du navire Maersk Denver illustre la mécanique des rumeurs propagandistes. En novembre 2024, l’Espagne a refusé l’accès de ce porte-conteneurs américain au port d’Algésiras, et le navire a fait escale à Tanger Med. Maersk a déclaré à l’AFP que sa cargaison ne comprenait ni arme ni munition et relevait d’un programme de coopération de sécurité entre les États-Unis et Israël, tandis qu’une source du port a précisé que ce navire civil y avait surtout déchargé des produits alimentaires avant de poursuivre vers Oman, ce que confirmaient son signal AIS et son calendrier publié. Des militants affirmaient au contraire qu’il se dirigeait vers Haïfa, et le syndicat des travailleurs portuaires affilié à l’UMT a appelé ses membres à refuser tout service à un autre navire de la compagnie. Les faits établis se résument à une escale commerciale dans un port de transbordement ouvert à la navigation mondiale, et l’accusation d’une complicité marocaine dans une livraison d’armes ne repose sur aucune pièce publique.



Les rencontres du président de l’Autorité palestinienne avec Benny Gantz éclairent ce débat mieux que les slogans. Le 29 août 2021, à Ramallah, Mahmoud Abbas recevait le ministre israélien de la Défense, lors d’une première rencontre de ce niveau depuis des années selon la chronologie de l’Institut des études palestiniennes, et la Présidence palestinienne a relayé la version du responsable Hussein al-Cheikh. Le 28 décembre 2021, Abbas se rendait au domicile de M. Gantz, à Rosh Ha’ayin, en Israël, une rencontre que l’Arab Center Washington DC a analysée comme aux effets limités, et d’autres entretiens ont suivi en 2022. Le ministre israélien a lui-même rendu publics les sujets abordés, parmi lesquels la sécurité, les mesures civiles et économiques et l’approfondissement de la coordination sécuritaire. Selon son ministère, ces échanges ont débouché sur une avance de 155 millions de dollars de recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne et sur la régularisation du statut de quelque 9 500 Palestiniens. Nos recherches n’ont retrouvé aucune condamnation de la Ligue arabe ni de l’Organisation de la coopération islamique ni même des États qui se font les porte-paroles de la cause palestinienne. Maroc Patriotique y voit la fonction normale d’un dirigeant qui négocie des ressources et des droits pour son peuple, dans un cadre ouvert dès 1993 par la reconnaissance mutuelle entre l’OLP et Israël. Si dialoguer avec Israël trahissait la Palestine, la critique devrait commencer par ceux qui dialoguent en son nom, et l’on mesure alors la sélectivité d’un reproche réservé au Maroc.



Reste la question de l’allégeance. Les Marocains ont prêté la bey’a, pacte d’allégeance dont la portée religieuse et politique est ancienne, à leur souverain, Commandeur des croyants, et Lui font confiance pour décider dans l’intérêt de la nation, ainsi que l’ont décrit John Waterbury dans The Commander of the Faithful (Columbia University Press, 1970) et Mohamed Tozy dans Monarchie et islam politique au Maroc (Presses de Sciences Po, 1999). Cette confiance envers SM le Roi n’a aucun lien avec une adhésion à la politique israélienne. Les sociétés d’autres pays arabes, et parfois certains de nos compatriotes, saisissent mal ce lien dans toutes ses dimensions. Maroc Patriotique estime que les adversaires du Royaume le savent et misent sur cette incompréhension pour nourrir la colère, le rejet et la honte, dans l’espoir d’un soulèvement contre la monarchie. La meilleure réponse tient en une méthode : définir les mots et citer les textes.


Au sens de la doctrine et du droit international, le Maroc est un partenaire diplomatique, économique et sécuritaire sectoriel d’Israël, et l’alliance formelle reste hors de cette relation, dans un cadre que SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste, fixe en fonction des intérêts supérieurs de la nation, avec la Palestine et le Sahara comme deux boussoles qui ne s’excluent pas. Aucune clause ne l’oblige à suivre Israël en guerre, et son vote de 181 résolutions sur 181 aux côtés des droits palestiniens atteste de sa constance. Le mois d’octobre 2026 dira si la diplomatie royale récolte les fruits de sa patience dans le dossier de la MINURSO, tandis que le Conseil de la paix et la force de stabilisation testent la capacité du Royaume à peser sur l’avenir de Gaza. Un État qui parle à tous, qui vote avec ses principes et qui négocie avec ses intérêts agit en puissance responsable. À ceux qui crient à la trahison, l’histoire répond que les causes justes se gagnent à la table des négociations autant qu’à la tribune, et que le Maroc a toujours su occuper les deux.

Commentaires


bottom of page