SEMARA

Semara s'élève au milieu d'un désert de pierre noire, dans la vallée de la Saguia el-Hamra, à l'endroit où le cheikh Ma al-Aynin établit sa zaouïa à la fin du XIXe siècle (1887 selon l'encyclopédie Larousse), sous le règne du sultan Moulay Abdelaziz. Ce théologien soufi fait de cette étape caravanière un centre religieux de premier plan, doté d'une grande mosquée abritant une médersa réputée dans tout le Sahara, et un relais essentiel du commerce transsaharien reliant le Sous aux routes caravanières du sud.
Ma al-Aynin s'impose aussi comme une figure de la résistance à la pénétration coloniale française en Afrique du Nord-Ouest. En 1913, les troupes françaises attaquent et incendient la zaouïa, détruisant notamment son importante bibliothèque. La ville connaît ensuite des décennies de présence espagnole, à partir de l'occupation de l'intérieur des terres sahariennes en 1934.
Cette présence espagnole se prolonge jusqu'en 1975. Cette année-là, la Marche Verte organisée par le Roi Hassan II mobilise des centaines de milliers de Marocains volontaires qui convergent vers les provinces du Sud pour affirmer, de façon pacifique, la marocanité de ce territoire. Les accords de Madrid, signés en novembre 1975, organisent le retrait de l'administration espagnole et le recouvrement, par le Royaume, de sa souveraineté sur ses provinces sahariennes, dont Semara.
Depuis, la ville est entrée dans une phase de reconstruction et de développement portée par l'État marocain, devenant un chef-lieu provincial moderne doté d'hôpitaux, de quartiers administratifs et d'infrastructures scolaires. Sa population atteint environ 57 000 habitants (recensement de 2014). La zaouïa de Ma al-Aynin, partiellement en ruine, reste le principal témoignage de l'histoire religieuse et politique de la ville.







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