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FDIC. | Front de Défense des Institutions Constitutionnelles

14 août 1963
2 min de lecture
FDIC. | Front de Défense des Institutions Constitutionnelles

DESCRIPTION GÉNÉRALE Le Front de Défense des Institutions Constitutionnelles (FDIC) est créé le 21 mars 1963 à Casablanca par Ahmed Réda Guédira, ami intime et conseiller de Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Sa sainte âme, alors directeur du Cabinet royal. Il rassemble en une alliance trois formations politiques déjà existantes : le Mouvement Populaire de Mahjoubi Aherdane et du Dr Abdelkrim El Khatib, le Parti Constitutionnel Démocratique de Mohamed Hassan Ouazzani, et le Parti des Libéraux Indépendants. Sa constitution intervient quelques semaines seulement avant les premières élections législatives du Maroc indépendant, tenues le 17 mai 1963, avec l'objectif explicite de contrer l'hégémonie électorale du Parti de l'Istiqlal et de l'Union Nationale des Forces Populaires.


STATUT Parti aujourd'hui disparu. Après son succès électoral de 1963, le FDIC se fragilise progressivement sous l'effet de tensions internes entre ses composantes, en particulier entre Ahmed Réda Guédira et Mahjoubi Aherdane. Le Mouvement Populaire finit par quitter le front vers 1970, contribuant à sa dislocation définitive, dans un contexte marqué par l'état d'exception proclamé la même décennie.


ORIENTATION POLITIQUE Formation de sensibilité royaliste et libérale, souvent décrite comme le premier véritable « parti de l'administration » de l'histoire politique marocaine. Le FDIC ne se construit pas autour d'un projet idéologique propre mais autour de la défense des institutions constitutionnelles nouvellement établies, en opposition à la fois au conservatisme nationaliste de l'Istiqlal et au socialisme de l'UNFP.


REPRÉSENTATION Le FDIC remporte les élections législatives du 17 mai 1963 avec 47,9 % des suffrages exprimés, soit 69 sièges sur 144 à la Chambre des Représentants, devançant le Parti de l'Istiqlal (41 sièges) et l'UNFP (28 sièges), sans toutefois obtenir la majorité absolue. Il consolide cette position lors des élections communales du 28 juillet 1963, en remportant plus de 10 000 des 11 200 sièges en jeu, contre moins de 800 pour l'Istiqlal. Ahmed Bahnini devient chef du gouvernement à la tête d'une coalition FDIC-Istiqlal.


DIRECTION Ahmed Réda Guédira, né le 22 juin 1922 à Rabat et mort le 14 décembre 1995 à Paris, fonde et dirige le FDIC. Il est nommé ministre des Affaires étrangères le 13 novembre 1963, avant d'être remplacé à ce poste par Taïbi Benhima en août 1964. Mahjoubi Aherdane, cofondateur du Mouvement Populaire au sein de l'alliance, occupe pour sa part le ministère de la Défense Nationale de 1961 à 1964, selon sa biographie officielle publiée par le Conseil National des Droits de l'Homme.


POSITION SUR LE SAHARA Non documentée. Le FDIC se disloque vers 1970, plusieurs années avant que la question du Sahara occidental n'émerge comme différend international à partir du retrait espagnol de 1975.


ATTACHEMENT AUX SYMBOLES DU ROYAUME ET DÉFENSE DES INTÉRÊTS MAROCAINS Le FDIC constitue, par construction, l'expression la plus directe du loyalisme monarchique dans le paysage partisan marocain des années 1960 : fondé par le conseiller le plus proche de Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Sa sainte âme, il se donne pour mission explicite la défense des institutions constitutionnelles du Royaume face aux partis issus du mouvement national. Cet ancrage se traduit par l'accession de ses principaux dirigeants, Guédira et Aherdane en tête, à des portefeuilles ministériels régaliens, Affaires étrangères et Défense Nationale, au service direct de la monarchie dès les premières années de la vie constitutionnelle du Royaume.


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