PCDM | Parti Communiste du Maroc

DESCRIPTION GÉNÉRALE Le Parti Communiste du Maroc (PCDM) est fondé en 1943 par Léon Sultan. Il constitue l'héritier direct du comité régional du Parti Communiste Français (PCF) au Maroc, installé à Casablanca sous la direction de Léon Sultan à partir de 1936, dans le sillage de la légalisation de l'activisme communiste sous le gouvernement français du Front populaire. Le PCDM regroupe essentiellement des militants français et espagnols résidant au Maroc.
STATUT Parti inactif. Dissoute une première fois en 1939 par un décret-loi frappant le Parti communiste français et son antenne marocaine à la suite du pacte germano-soviétique, l'organisation se reconstitue clandestinement à partir de 1940 sous l'impulsion de Léon Sultan, avant de réapparaître publiquement en 1943. Le PCDM change de nom pour devenir le Parti Communiste Marocain (PCM) en 1945, à la mort de son fondateur.
ORIENTATION POLITIQUE Formation communiste, classée parmi les partis de gauche et les partis communistes marocains, mais aussi, fait notable, parmi les partis nationalistes. Ce classement s'explique par l'évolution de la ligne du parti sous la direction de Léon Sultan : en janvier 1943, celui-ci proclame dans le journal El Wattane (« La Patrie ») le droit du Maroc à l'indépendance, une prise de position confirmée lors de la première conférence nationale du PCM le 14 novembre 1943, selon le Maitron. Le parti diffuse ses positions à travers l'organe de presse Espoir, fondé en 1937.
REPRÉSENTATION Le parti n'a jamais participé au jeu électoral légal, ayant toujours été interdit ou contraint à la clandestinité. Il n'a siégé dans aucune assemblée, faute d'institutions représentatives sous le protectorat et en raison des interdictions successives dont il a fait l'objet dès 1939.
DIRECTION Léon Sultan, né le 13 septembre 1905 à Constantine, avocat de formation, dirige le parti depuis sa fondation jusqu'à sa mort. Militant des Jeunesses socialistes à partir de 1934 avant de se rapprocher du marxisme, il devient secrétaire du comité régional du PCF au Maroc en 1936, puis reconstitue clandestinement les cellules communistes marocaines à partir de 1940. Sa qualité de secrétaire général du PCM est officiellement confirmée par la première conférence nationale du parti le 14 novembre 1943. Engagé volontaire en 1944 à la tête d'une section de tirailleurs marocains, il est grièvement blessé en Allemagne le 29 avril 1945 et meurt de ses blessures le 23 juin 1945 à Casablanca. Il est remplacé à la tête du parti, rebaptisé PCM, par Ali Yata.
POSITION SUR LE SAHARA Non documentée. Le parti a cessé d'exister sous cette dénomination en 1945, avec le décès de son fondateur et son changement de nom en Parti Communiste Marocain, plusieurs décennies avant que la question du Sahara occidental n'émerge comme différend international à partir du retrait espagnol de 1975. Aucune source consultée n'attribue au PCDM, en tant que formation distincte, une position formulée sur ce dossier.
ATTACHEMENT AUX SYMBOLES DU ROYAUME ET DÉFENSE DES INTÉRÊTS MAROCAINS Formation d'inspiration marxiste composée à l'origine essentiellement de militants européens, le PCDM ne s'inscrit pas, à sa fondation, dans le registre de la fidélité monarchique qui caractérise les partis issus du Comité d'Action Marocaine. Son évolution sous la direction de Léon Sultan marque cependant un rapprochement documenté avec la cause nationale : la proclamation, dès janvier 1943, du droit du Maroc à l'indépendance dans le journal El Wattane, confirmée par la conférence nationale du parti la même année, constitue un engagement précoce en faveur de la souveraineté marocaine, antérieur même au Manifeste de l'Indépendance porté par le Parti de l'Istiqlal en janvier 1944.







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