PDI. | Parti Démocratique de l’Indépendance

DESCRIPTION GÉNÉRALE Le Parti Démocratique de l'Indépendance (PDI), également connu sous le nom de Parti de la Choura et de l'Istiqlal, est créé en 1946 par Mohamed Hassan Ouazzani, au retour de son exil. Il s'inscrit dans la continuité directe d'Al-Haraka Al-Kaoumya et de l'Action Nationale Marocaine, et donc, en dernier ressort, du Comité d'Action Marocaine. Né à Fès le 17 janvier 1910, Ouazzani avait été l'un des cofondateurs du CAM aux côtés d'Allal El Fassi et d'Ahmed Balafrej, avant de rompre avec eux pour créer sa propre organisation, dans une rivalité qui marquera durablement le mouvement national marocain.
STATUT Formation aujourd'hui marginale. Le parti connaît une première fracture en 1959, lorsque deux de ses principaux dirigeants, Ahmed Bensouda et Abdelhadi Boutaleb, le quittent pour rejoindre l'Union Nationale des Forces Populaires lors de sa constitution le 6 septembre 1959. En 1968, le PDI change de nom pour devenir le Parti Constitutionnel Démocratique (PCD), avant de reprendre son appellation d'origine en 1981. Cette instabilité, décrite comme une « politique erratique », a vidé le parti de plusieurs de ses meilleurs éléments au fil des décennies.
ORIENTATION POLITIQUE Formation nationaliste, portée par un courant que les spécialistes du mouvement national marocain décrivent comme libéral et moderniste, nourri des références au jeu politique européen, notamment à travers la proximité d'Ouazzani avec les républicains espagnols et les socialistes français, tout en s'appuyant sur une réappropriation du patrimoine islamique dans la tradition salafiyya. Ce positionnement distingue le PDI du nationalisme plus classiquement conservateur porté par le Parti de l'Istiqlal.
REPRÉSENTATION Dès la formation du premier gouvernement marocain indépendant en décembre 1955, le PDI obtient plusieurs portefeuilles ministériels aux côtés du Parti de l'Istiqlal et des indépendants, une répartition qui donne lieu à des tensions entre les deux formations sur le nombre de postes obtenus par chacune. Le parti participera ensuite, sous ses différentes appellations, à plusieurs scrutins législatifs, avant de perdre progressivement toute représentation parlementaire significative.
DIRECTION Mohamed Hassan Ouazzani (1910-1978) dirige le parti depuis sa fondation jusqu'à sa mort. Premier Marocain diplômé de l'École libre des sciences politiques de Paris (future Sciences Po) et de l'Institut de journalisme, il fonde le journal L'Action du Peuple et devient une figure majeure de la presse nationaliste marocaine. Après avoir cofondé le Comité d'Action Marocaine en 1934, puis Al-Haraka Al-Kaoumya, il connaît neuf années d'exil dans le Sahara marocain avant de fonder le PDI à son retour en 1946. Il meurt le 9 septembre 1978 à Fès.
POSITION SUR LE SAHARA Non documentée en tant que position formulée par le parti lui-même. Mohamed Hassan Ouazzani participe en 1955 à la délégation marocaine qui défend la cause nationale à la conférence des non-alignés de Bandung, mais aucune source consultée ne permet d'attribuer au PDI une position propre et formulée sur le dossier du Sahara occidental, dont l'émergence comme différend international à partir de 1975 est postérieure à la période de plus forte activité du parti.
ATTACHEMENT AUX SYMBOLES DU ROYAUME ET DÉFENSE DES INTÉRÊTS MAROCAINS Le PDI naît d'un engagement nationaliste continu contre le protectorat, incarné par les neuf années d'exil de son fondateur. Malgré ses désaccords tactiques et personnels avec les dirigeants de l'Istiqlal, Ouazzani reste une figure reconnue de la lutte pour l'indépendance : Ali Yata, dirigeant du Parti communiste marocain, le qualifiera plus tard d'« un des pères fondateurs de la lutte nationale pour l'indépendance », tandis qu'Abderrahim Bouabid, leader de l'USFP, le décrira comme « une référence, un maître et un exemple pour ses compagnons de lutte ». Sa participation aux premiers gouvernements marocains dès 1955 atteste d'un engagement institutionnel précoce au service du Royaume indépendant.







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