Rabat
AFFAIRE BAROCHE, LE SCANDALE SEXUEL ÉTOUFFÉ PAR ALGER
top of page

AFFAIRE BAROCHE, LE SCANDALE SEXUEL ÉTOUFFÉ PAR ALGER

PEDOPHILIE ALGERIE AFFAIRE BAROCHE, LE SCANDALE SEXUEL ÉTOUFFÉ PAR ALGER

Depuis plus d’une décennie, le régime algérien s’emploie à salir systématiquement le Maroc à coups d’allusions sexuelles, de vulgarité et d’attaques sous la ceinture, cherchant à imposer l’image d’une Algérie prétendument « pure » face à un voisin qu’il caricature sans relâche. Cette posture moralisatrice s’effondre pourtant dès que l’on gratte la surface de ses propres scandales. L’affaire dite du « scandale porno d’Annaba » en est l’illustration la plus glaçante.


L'affaire Jean-Michel Baroche éclate à Annaba à la suite d’une plainte pour viol déposée par une jeune femme contre Jean-Michel Baroche, ce ressortissant français d'une famille juive installé en Algérie depuis peu. Ce qui semblait être un fait divers se transforme rapidement en un dossier criminel d’une ampleur exceptionnelle, mettant au jour un réseau structuré d’exploitation sexuelle de mineures, adossé à des complicités locales et protégé par un silence politique pesant.


Baroche se présentait comme le dirigeant d’une agence de mannequins baptisée Glamour Arabian Talent. Sous couvert de castings, de formations et de promesses de carrières internationales, il ciblait des jeunes filles issues de milieux défavorisés : familles pauvres, orphelines, situations sociales fragiles. Plus de vingt victimes ont été identifiées, dont une majorité de mineures au moment des faits.


Le mode opératoire était aussi cynique que méthodique. Les recrues étaient invitées dans une villa luxueuse où se déroulaient des « soirées privées » réunissant des notables locaux. Drogues, alcool, contraintes physiques et psychologiques faisaient partie du dispositif. Les actes sexuels étaient filmés à l’insu des victimes, à l’aide de caméras dissimulées, puis destinés à une diffusion commerciale via des circuits internationaux. Certaines victimes ont témoigné d’avortements forcés et de reconstructions d’hymen pratiquées pour masquer les abus subis.


Témoignage d'un algérien proche du dossier.
Témoignage d'un algérien proche du dossier.

Très vite, l’enquête révèle que Baroche n’agissait pas seul. Autour de lui gravite un réseau de complices issus de différents secteurs : administratif, médical, religieux et politique. Une fonctionnaire de la préfecture vivant avec lui est condamnée pour complicité. Un imam intervient pour célébrer des mariages servant de façade à l’exploitation. Des professionnels de santé sont soupçonnés d’avoir facilité des actes médicaux destinés à effacer les traces des violences.


Plus troublant encore, l’affaire touche directement le parti au pouvoir. Abdenacer Saadni, vice-président de l’Assemblée populaire communale d’Annaba et cadre local du FLN, est condamné dans ce dossier. Sa peine sera réduite en appel, tout comme celles d’autres prévenus. Le FLN, pris de court par l’onde de choc, ferme précipitamment sa section locale à Annaba, officiellement pour « restructuration », alors que les élections législatives approchent.


Dès ce moment, un verrouillage médiatique s’installe. Le procès de 2013 se tient à huis clos. Les supports numériques saisis, ordinateurs, DVD, enregistrements ne feront jamais l’objet de révélations publiques détaillées. Des informations persistantes évoquent la présence, sur certaines vidéos, de diplomates étrangers et de hauts responsables algériens. Ces éléments n’ont jamais été infirmés, mais n’ont jamais été instruits publiquement non plus.


Lors du procès en appel, les peines sont globalement assez bien allégées. Aucun nouveau nom n’émerge. Aucune enquête complémentaire n’est annoncée. L’affaire s’éteint progressivement dans l’espace médiatique algérien, comme si elle n’avait jamais existé. Jean-Michel Baroche, condamné définitivement, va solliciter une intervention politique à l’étranger pour obtenir libération et repartir tranquillement à l'étranger.


Ce silence n’est pas anodin. Il traduit un réflexe bien connu des régimes autoritaires : protéger l’image du pouvoir, même au prix de la vérité et de la justice. L’ampleur du scandale, l’implication d’élus du parti-État et la proximité du calendrier électoral expliquent en grande partie cette chape de plomb.



L’affaire d’Annaba n’est pas une anomalie isolée. Elle est, au contraire, un révélateur. Un révélateur d’un système bien plus vaste que l’appareil médiatique algérien s’emploie à étouffer méthodiquement. Depuis des années, Alger tente de justifier l’absence de transparence sur ce type de dossiers par un argument aussi commode que fallacieux : l’Algérie ne serait pas une destination touristique, donc elle ne constituerait pas une cible pour les réseaux pédocriminels et les scandales sexuels impliquant des étrangers. Cette affirmation ne résiste à aucune analyse sérieuse.


Les réseaux d’exploitation sexuelle ne ciblent pas uniquement les pays touristiques de masse. Ils privilégient avant tout les zones à faible contrôle institutionnel, les environnements sociaux fragiles, les territoires où la pauvreté, la corruption et le silence médiatique offrent une protection de fait aux prédateurs. À ce titre, l’Algérie coche toutes les cases.


L’affaire Baroche démontre précisément l’inverse du discours officiel. Un ressortissant étranger, fraîchement arrivé, a pu s’installer, créer de fausses structures, recruter des mineures, filmer des abus et diffuser du contenu illégal à l’international pendant des mois, sans être inquiété, grâce à des complicités locales et à une absence criante de vigilance institutionnelle. Ce schéma ne relève pas du hasard, mais d’un environnement permissif.


Affirmer que l’Algérie serait protégée de ces dérives parce qu’elle n’attire pas de touristes relève donc de la manipulation. Les prédateurs cherchent l’impunité. Et l’impunité prospère précisément là où la presse est muselée, où les procès se tiennent à huis clos et où les dossiers disparaissent dès qu’ils frôlent les cercles du pouvoir.


Le plus inquiétant n’est pas seulement ce qui a été révélé dans le scandale d’Annaba, mais ce qui ne l’a jamais été. Les supports numériques saisis n’ont jamais été rendus publics. Les noms évoqués dans certaines fuites n’ont jamais été officiellement investigués. Aucun audit indépendant n’a été mené. Aucun débat national n’a eu lieu. Le dossier a été refermé sans que les zones d’ombre ne soient éclaircies.


Dans ces conditions, prétendre que l’Algérie serait épargnée par les réseaux sexuels internationaux relève d’un déni organisé. L’affaire d’Annaba suggère au contraire l’existence d’autres dossiers étouffés, d’autres victimes réduites au silence, et d’un système qui préfère protéger ses élites plutôt que ses enfants. Ce silence n’est pas une preuve de pureté. Il est une preuve de verrouillage.


Quand Alger insulte le Maroc avec des obsessions sexuelles et des fantasmes vulgaires, il ferait bien de balayer devant sa porte. Les faits, eux, sont têtus.



bottom of page