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BOUALEM SANSAL TRAÎNE TEBBOUNE DEVANT LA JUSTICE INTERNATIONALE

BOUALEM SANSAL TRAINE TEBBOUNE DEVANT LA JUSTICE INTERNATIONALE

Le samedi 11 avril 2026, à la Journée du livre politique organisée à l’Assemblée nationale française, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, 81 ans, a lancé une bombe : il entend « attaquer en justice » le président algérien Abdelmadjid Tebboune. « Je vais aller jusqu’au bout », a-t-il déclaré sous les applaudissements de la salle, confirmant que « la procédure est lancée ». Son avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale. « J’ai écrit à M. Tebboune quand j’étais en prison : si vous me libérez, je vous attaque en justice. Et c’est lui qui m’a condamné », a-t-il ajouté.


Gracié en novembre 2025 après près d’un an de détention (arrêté en novembre 2024 à son arrivée à Alger et condamné à cinq ans de prison pour « terrorisme, espionnage, atteinte à la sûreté de l’État »), Sansal refuse cette « grâce » qui ne vaut pas acquittement. Il dénonce un « régime violent et cruel » et un procès inéquitable, sans avocats ni observateurs internationaux. Il évoque aussi le cas du journaliste sportif français Christophe Gleizes, écroué depuis mai 2024 et condamné à sept ans pour « apologie du terrorisme ».



Cette offensive judiciaire n’est pas isolée. Elle révèle un système répressif généralisé sous Tebboune, documenté par les grandes institutions internationales. Une répression généralisée : arrestations arbitraires et lois antiterroristes détournées. Depuis 2019 et l’écrasement du Hirak, les autorités algériennes ont intensifié leur verrouillage de l’espace civique. Amnesty International, Human Rights Watch et l’ONU dénoncent une « répression implacable » : arrestations arbitraires, procès iniques et accusations de « terrorisme » contre des voix pacifiques.


  • Amnesty International (avril 2025) : En cinq mois seulement, au moins 23 militants et journalistes ont été arrêtés et condamnés dans le cadre du mouvement en ligne « Manich Radi » (Je ne suis pas satisfait), lancé en décembre 2024 pour dénoncer les restrictions des droits et la crise socio-économique. « Les autorités montrent une volonté claire d’écraser toute expression de mécontentement. »


  • Rapport HRW 2025 : Des dizaines d’arrestations pendant la campagne présidentielle de septembre 2024. Usage massif de lois antiterroristes contre des activistes, journalistes et syndicalistes. L’activiste Mohamed Tadjadit a passé neuf mois en détention sur des charges fallacieuses.


  • Rapporteur spécial de l’ONU Mary Lawlor (janvier 2025) : « Plus d’un an après ma visite, je suis profondément déçue de voir que les défenseurs des droits humains que j’ai rencontrés continuent d’être arbitrairement arrêtés, harcelés judiciairement et criminalisés. » Elle cite les cas de trois avocats et d’un lanceur d’alerte entre février et juillet 2024.


Des centaines de personnes croupissent en prison pour un simple « like », une publication Facebook ou une participation à une manifestation pacifique. La liberté d’expression est asphyxiée. La cause kabyle : un peuple criminalisé collectivement. Depuis mai 2021, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dirigé par Ferhat Mehenni, est classé « organisation terroriste » par le régime. Des dizaines de militants kabyles sont arrêtés, torturés ou condamnés sur des accusations infondées (incendies de 2021, sabotage, intelligence avec l’étranger). Le MAK dénonce un « génocide codenommé Opération Zéro Kabyles ». Les institutions internationales ont documenté ces persécutions systématiques contre une identité berbère pacifique et légitime.



L’affaire Amir DZ : un enlèvement d’État sur sol français impliquant des diplomates algériens. L’opposant et influenceur Amir Boukhors (dit Amir DZ), réfugié politique en France et critique virulent du régime, a été enlevé le 29 avril 2024 devant son domicile dans le Val-de-Marne. Séquestré 27 heures, drogué et abandonné dans une forêt, il a survécu. La justice française a mis en examen plusieurs personnes et délivré, en juillet 2025, un mandat d’arrêt international contre Salaheddine Selloum, ex-premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie à Paris, pour « association de malfaiteurs terroriste » et enlèvement. Au moins sept suspects, dont un agent consulaire, ont été mis en examen.


Cette affaire a déclenché une crise diplomatique historique : expulsions croisées de diplomates (12 Français puis 12 Algériens en avril 2025), rappel d’ambassadeurs. La France à travers sa représentation politique, accuse Alger d’avoir orchestré un acte terroriste sur son sol. Tebboune nie, mais les faits sont accablants.



L’arrestation de Sansal est aussi liée à ses prises de position courageuses sur la marocanité du Sahara oriental (Tindouf, Béchar), qu’il qualifie de « faits réels » et historiques. En persistant et en signant, il a rappelé que le régime algérien instrumentalise la question saharienne pour masquer ses échecs intérieurs. La souveraineté marocaine sur ses provinces du Sud est une vérité historique et juridique incontestable.


Un régime aux abois face à la justice avec un Boualem Sansal qui ne demande pas la clémence. Il exige la vérité et la justice. Son dossier, ajouté aux rapports accablants d’Amnesty, HRW, de l’ONU et aux affaires comme Amir DZ, dessine le portrait d’un régime qui criminalise toute dissidence, kidnappe à l’étranger et réprime son propre peuple, kabyle ou non.


Aux abois, le régime algérien se retrouve aujourd’hui acculé, victime de sa propre incompétence chronique à gérer le pays et à canaliser sa population. Au lieu d’investir massivement dans le capital humain, éducation, jeunesse, formation et dans une économie diversifiée et productive, il a préféré la répression, la corruption et la rente pétrolière. Incapable d’offrir un avenir à ses citoyens, il s’est mué en un véritable voyou d’État, obligé de s’expliquer devant la justice internationale pour ses écarts les plus graves : enlèvements, arrestations arbitraires, tortures et criminalisation de toute voix dissidente. Ce n’est plus un gouvernement, c’est un régime en déroute qui paie aujourd’hui le prix de décennies de mauvaise gouvernance et de mépris de son propre peuple.

2 commentaires


Don Afif
Don Afif
23 avr.

c'est juste pour faire parler de lieu pour vendre son livre. Sansal dit que le problème ce n'est pas l'islamisme mais l'islam et le musulman........

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Youssef.B
Youssef.B
12 avr.

Un écrivain annonce un affrontement direct avec le président algérien devant la justice : le différend quitte le politique pour devenir un bras de fer ouvert, désormais sous regard international.

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