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FEUX DE FORÊT, LE MAROC, 5E FLOTTE CANADAIR AU MONDE ET 1RE D'AFRIQUE

FEUX DE FORÊT, LE MAROC, 5E FLOTTE CANADAIR AU MONDE ET 1RE D'AFRIQUE

Chaque été, avec la même régularité que les incendies, une information circule sur les réseaux sociaux arabophones et dans certains médias proches du régime algérien : le Maroc ne disposerait pas de ses propres Canadair, il les emprunterait à l'Europe. Derrière cette affirmation, l'intention est claire puisqu'au moment où l'Algérie fait face, cet été 2026, à des foyers importants simultanés qui ont déjà causé plusieurs morts, il s'agit de minimiser l'avance du Maroc en matière de lutte aérienne contre les incendies pour mieux dissimuler les lacunes du dispositif algérien.


Avant de rentrer dans les détails, une pemière réponse factuelle à cette propagande ne vient pas de Rabat mais de Lisbonne et de gouvernement portugais. En août 2025 par exemple, des feux violents ravageaient le Portugal. Le gouvernement portugais activa son mécanisme de coopération bilatérale en matière de protection civile. Il contacta d'abord l'Espagne, qui ne put répondre positivement, ses propres moyens étant mobilisés sur ses propres incendies. C'est alors que le Portugal se tourna vers le Maroc. La réponse fut immédiate puisque le ministère de l'Intérieur marocain envoya deux Canadair, intégrés au dispositif national DECIR, le système de ressources aériennes d'urgence du Portugal. Le communiqué officiel du gouvernement portugais, publié sur portugal.gov.pt, est sans ambiguïté : "Marrocos envia dois aviões Canadair para combate aos fogos em Portugal."


FEUX DE FORÊT, LE MAROC, 5E FLOTTE CANADAIR AU MONDE ET 1RE D'AFRIQUE

AerialFire Magazine, publication américaine spécialisée de référence dans l'industrie mondiale de la lutte aérienne contre les incendies, a couvert l'événement en précisant noir sur blanc : "The North African Kingdom has a fleet of eight Canadair planes which have proven to be a key player in fighting forest fires globally." La revue détaille également les capacités opérationnelles de ces appareils : plus de trois heures d'autonomie par mission sur le foyer, possibilité de larguer plus de 400 tonnes d'eau ou de mousse par jour, avec une cadence de six rotations par heure à six tonnes par largage. Ce sont des données de performance qui font du Canadair le standard mondial de la lutte aérienne contre les incendies, et le Maroc en possède huit.


La constitution de cette flotte a été progressive et documentée. Partant d'une base de cinq CL-415, le Maroc a ajouté un sixième appareil en mai 2023, un septième en mai 2024, puis un huitième pour atteindre l'objectif fixé. Les trois derniers avions sont des CL-215 d'occasion, achetés et entièrement reconditionnés pour 132 millions de dollars, selon un choix identique à celui effectué par la Grèce et l'Espagne qui ne pouvaient pas commander de nouveaux appareils, le CL-415 n'étant plus commercialisé et le nouveau DHC-515 n'étant pas encore disponible. Ces huit avions sont gérés par les Forces Royales Air depuis la base aérienne de Kénitra.


FEUX DE FORÊT, LE MAROC, 5E FLOTTE CANADAIR AU MONDE ET 1RE D'AFRIQUE

La confirmation institutionnelle la plus récente de l'intégration du Maroc dans l'écosystème mondial du Canadair vient du Journal de l'Aviation, média français de référence du secteur aéronautique, qui rapportait le 7 avril 2026 la signature d'un accord stratégique entre De Havilland Canada, le constructeur des Canadair, et le groupe portugais Avincis pour le soutien en maintenance (MRO) des bombardiers d'eau amphibies opérés "en Europe et au Maroc." Le Maroc est nommément cité aux côtés des opérateurs européens dans cet accord industriel. Avincis devient l'un des principaux prestataires régionaux de De Havilland Canada pour les services de maintenance, réparation et révision des CL-215, CL-215T, CL-415 et des futurs DHC-515, un partenariat qui inclut expressément les appareils marocains. C'est une intégration dans le réseau de maintenance du constructeur lui-même, pas celle d'un locataire d'occasion.


Mais le dispositif marocain de lutte contre les incendies de forêt va bien au-delà des seuls Canadair. Un huitième avion Turbo Thrush, le CN-BYF, a rejoint la flotte de la Gendarmerie Royale en août 2025, portant à huit le nombre de ces bombardiers monomoteurs basés à Salé, qui complètent les Canadair sur les interventions de courte portée. À cela s'ajoutent trois avions de transport C-130H Hercules des Forces Royales Air équipés du système MAFFS, le Modular Airborne Firefighting System, dont le Maroc est historiquement le premier utilisateur mondial. Depuis les années 2000, ces C-130 peuvent larguer des retardants chimiques sur de longues distances, une capacité rare en Afrique. Des hélicoptères Puma équipés de modules de largage complètent le volet aérien, et depuis 2023, cinq drones de surveillance et d'intervention ont été déployés dans le cadre du Plan directeur de gestion intégrée des incendies de forêt 2023-2033, piloté par l'Agence Nationale des Eaux et Forêts en coordination avec le ministère de l'Intérieur, la Protection civile, la Gendarmerie Royale, les Forces Armées Royales et les Forces Auxiliaires.


L'ANEF a également mis en place depuis 2021 un modèle de prévision des incendies basé sur l'intelligence artificielle, une première à l'échelle méditerranéenne selon LeBrief, affichant un taux de précision estimé entre 72 % et 75 %. Ce système, couplé à 23 postes de surveillance et à des données météorologiques en temps réel, permet une détection précoce avant même que les premiers foyers ne se déclarent.



Pour avoir une vision complète du dispositif marocain, il faut dépasser les seuls Canadair. La Gendarmerie Royale dispose de 13 hélicoptères Eurocopter EC145, dont 8 acquis de la Garde aérienne suisse de sauvetage entre 2019 et 2025, utilisables pour la coordination, le guidage et l'évacuation lors des incendies, selon les données compilées par Maroc-gb. Le constructeur américain Recoil Aerospace a par ailleurs obtenu l'approbation des autorités marocaines pour équiper les hélicoptères Airbus H225 Super Puma d'un système de réservoir "Tsunami AFSS", confirmé par HeliCOPassion comme disponible pour acquisition immédiate au Maroc, permettant des largages plus rapides et des rotations améliorées. Les Forces Royales Air opèrent en parallèle 26 hélicoptères lourds de type AS332 Super Puma et SA330 Puma selon Global Firepower 2025, utilisables comme bombardiers d'eau. Au total, selon les recoupements des sources disponibles, c'est une flotte de plus de 55 aéronefs mobilisables que le Maroc peut déployer contre les incendies : 8 Canadair, 8 Turbo Thrush, 3 C-130H MAFFS, 13 EC145, les Super Puma et Puma, et les drones de surveillance. Sur le terrain, les résultats sont mesurables : l'Agence Nationale des Eaux et Forêts a enregistré 270 incendies de forêts en 2024 au Maroc, ne détruisant que 780 hectares, un chiffre cité jusque dans la presse algérienne elle-même, confirmant une baisse sensible par rapport aux années précédentes.


Qu'en est-il de la situation algérienne en ce même été 2026 ? Plusieurs médias algériens, rapportait le 19 juillet 2026 que le dispositif aérien algérien mobilisé face aux incendies comprend "plusieurs avions bombardiers d'eau de type AT 802 et un appareil BE200." L'AT-802, connu sous le nom d'Air Tractor, est un avion monomoteur d'application agricole reconverti en bombardier d'eau, avec une capacité de chargement d'environ 3 000 litres, soit la moitié d'un largage de Canadair. Il doit retourner à l'aéroport ou à un point de ravitaillement après chaque largage, contrairement au Canadair qui se recharge en vol en effleurant la surface d'un lac ou de la mer en douze secondes. Le BE200 est un biréacteur de transport léger reconverti en bombardier d'eau, avec une capacité similaire.


Ce que les sources algériennes révèlent est que Tassili Travail Aérien, filiale de Tassili Airlines, la compagnie aérienne du groupe pétrolier public Sonatrach, a mobilisé pour l'été 2024 une flotte de 12 AT-802 dont 6 seulement ont été acquis, et 7 loués. "Sept avions du même type seront également loués", indique le responsable de la base, cité par Radio Algérie. Ce sont des sources algériennes elles-mêmes qui confirment qu'une partie de leur flotte anti-incendie est louée. La comparaison avec le Maroc, propriétaire et opérateur de ses 8 Canadair, de ses 8 Turbo Thrush et de ses 3 C-130 MAFFS, est sans appel.


Quand un incendie échappe à la détection et prend de l'ampleur, comme c'est le cas en ce mois de juillet 2026 où 22 foyers restaient encore actifs le 18 juillet selon le bilan de la Protection civile algérienne, l'absence de Canadair se ressent directement.


Le tableau est désormais complet et il parle de lui-même. Avec 8 Canadair amphibies, 8 Turbo Thrush, 3 C-130H MAFFS, 13 hélicoptères EC145, 26 Super Puma et Puma mobilisables, des drones de surveillance couplés à un système de prévision par intelligence artificielle et un accord de maintenance avec De Havilland Canada lui-même, le Maroc dispose de la flotte anti-incendie la plus fournie et la plus diversifiée du continent africain. Ce n'est pas une affirmation de propagande mais une réalité documentée par des sources américaines, françaises, portugaises et internationales, librement consultables par n'importe qui disposant d'une connexion internet.



Ces informations sont accessibles. Elles ont toujours été accessibles. Et c'est précisément pour cela que la propagande qui prétend que le Maroc n'a pas de Canadair ou les emprunte à l'Europe dit quelque chose d'important, non pas sur le Maroc, mais sur ceux qui la produisent et sur le public qu'elle cible.


Ce même été 2026, des populations algériennes filment depuis leurs téléphones des forêts et habitations en flammes et hurlent au secours. Ces images, qui circulent librement sur les réseaux sociaux, disent quelque chose de fondamental sur la nature d'un régime qui consacre des dizaines de milliards de dollars à l'armement, à la propagande antimarocaine et à la rente pétrolière, mais qui n'a pas construit la flotte de Canadair que ses citoyens réclament, qui loue des AT-802 à des sociétés étrangères avec des équipages d'occasion quand l'urgence frappe, et qui laisse populations et ses forêts brûler faute d'avoir investi dans les fondations essentielles de la sécurité humaine. Un État se mesure à ce qu'il protège avant de se mesurer à ce qu'il revendique. Le Maroc a fait le choix de construire, décennie après décennie, sous la vision de SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, un dispositif de protection de ses citoyens et de ses forêts qui inspire désormais confiance à ses voisins européens eux-mêmes. L'Algérie a fait d'autres choix. Les populations qui implorent de l'aide depuis les hauteurs de Béjaïa et de Sétif en sont la conséquence la plus visible.



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