L’ALGÉRIE CONTRAINTE DE S’ASSEOIR À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS
- Brahim Al Maghribi
- il y a 9 heures
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Le dossier du Sahara marocain connaît depuis quelques semaines une évolution diplomatique discrète mais significative. Après plusieurs années de blocage politique, une nouvelle dynamique semble se dessiner autour d’une initiative diplomatique soutenue par les États-Unis, qui cherchent à relancer le processus de négociation entre les différentes parties impliquées dans ce conflit régional vieux de plusieurs décennies.
Selon plusieurs informations relayées par la presse internationale et marocaine, une réunion quadripartite réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario pourrait se tenir à Madrid sous l’égide américaine. Cette rencontre, qui ferait suite à des consultations préparatoires déjà engagées à Washington, s’inscrirait dans une stratégie diplomatique visant à remettre les acteurs autour de la table des négociations, dans un contexte où le plan d’autonomie proposé par le Maroc s’impose progressivement comme la seule base politique réaliste de règlement.
Si elle se confirme, cette réunion représenterait un moment diplomatique important, non seulement pour le processus de négociation lui-même, mais surtout pour la position officielle de l’Algérie dans ce dossier.
Pendant des années, le régime algérien a soutenu une ligne constante consistant à affirmer qu’il n’était pas partie prenante au conflit, mais uniquement un pays voisin concerné par une question régionale. Cette position a été répétée dans les forums internationaux, notamment aux Nations unies, alors même que l’Algérie accueille sur son territoire les camps de Tindouf, finance et arme le Polisario, et intervient régulièrement sur le plan diplomatique pour défendre ses positions.
Les tables rondes organisées à Genève en 2018 et 2019 sous l’égide des Nations unies avaient déjà mis en évidence cette contradiction. L’Algérie y avait participé, mais en maintenant officiellement son statut d’« observateur », une posture diplomatique destinée à éviter la reconnaissance de son rôle direct dans le conflit. La dynamique actuelle semble toutefois marquer un tournant.
Depuis la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara en 2020, la diplomatie américaine n’a cessé d’encourager une solution politique fondée sur le plan d’autonomie marocain. Cette orientation s’est progressivement consolidée au sein de la communauté internationale, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU, où les résolutions successives ont qualifié l’initiative marocaine de « sérieuse et crédible », en appelant les parties à reprendre les négociations sur cette base.
Dans ce contexte, le Maroc arrive désormais aux discussions avec une proposition plus détaillée et opérationnelle de son projet d’autonomie. Cette évolution traduit une stratégie diplomatique patiente et cohérente menée depuis près de deux décennies par le Royaume, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste, visant à transformer une initiative politique en solution institutionnelle concrète.
L’objectif est clair : passer d’un cadre de principe à une architecture politique précise définissant les mécanismes de gouvernance régionale, la représentation démocratique locale, les compétences administratives et économiques de la région, ainsi que son intégration dans la souveraineté nationale marocaine.
Face à cette évolution, la position algérienne devient plus difficile à soutenir sur la scène internationale.
La participation annoncée de l’Algérie à une réunion quadripartite sous impulsion américaine marque une inflexion notable par rapport au discours traditionnel d’Alger. Elle confirme, de facto, que le régime algérien ne peut plus se maintenir durablement dans une posture de retrait diplomatique tout en restant l’acteur central du soutien au Polisario.
Autrement dit, la réalité géopolitique rattrape progressivement la rhétorique politique. Cette séquence diplomatique illustre également un changement plus profond dans l’équilibre international autour du Sahara marocain. Au fil des années, les reconnaissances de la souveraineté marocaine, l’ouverture de consulats dans les provinces du Sud, le soutien croissant de puissances internationales et les investissements structurants réalisés dans la région ont consolidé la position du Maroc sur le plan politique comme sur le terrain.
Dans ce nouvel environnement diplomatique, la question n’est plus de savoir si une solution politique sera trouvée, mais autour de quelle base elle le sera. Et sur ce point, la tendance internationale est de plus en plus claire : l’initiative d’autonomie marocaine s’impose comme le cadre central des discussions.
La possible réunion de Madrid s’inscrit ainsi dans une phase où le conflit du Sahara entre progressivement dans une logique de négociation politique structurée, sous pression internationale, et avec une réalité diplomatique que même les acteurs les plus réticents ne peuvent plus ignorer.
Après des années de blocage, le processus semble reprendre, et cette fois, toutes les parties sont appelées à s’asseoir à la même table.








