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DE QUELLE CORRUPTION PARLE L’ALGÉRIE ?

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture
DE QUELLE CORRUPTION PARLE L’ALGÉRIE ?

Une semaine après la finale de la Coupe d’Afrique des nations, une accusation grave s’est imposée dans certains cercles médiatiques et numériques : celle d’une prétendue corruption orchestrée par le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, accusé de contrôler la CAF et de manipuler le football africain. Une affirmation lourde, martelée sans preuve, et reprise avec une étonnante assurance par des relais algériens qui se présentent soudain en défenseurs de la morale sportive. Pourtant, lorsqu’on replace cette sortie dans son contexte réel, le récit apparaît moins comme une analyse que comme une stratégie de diversion.


Cette offensive intervient alors que la Commission disciplinaire de la CAF est officiellement saisie et examine les incidents graves survenus lors de la finale Maroc–Sénégal. Les faits sont établis et largement documentés. À la suite d’un penalty accordé au Maroc, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain, un acte contraire aux règlements, qui a provoqué une interruption chaotique du match et contribué à des affrontements dans les tribunes occupées par des supporters sénégalais. Ces images ont fait le tour du monde, exposant l’instance continentale à une pression sans précédent.



Plutôt que d’assumer les responsabilités sportives et disciplinaires liées à ces événements, le président de la Fédération sénégalaise de football a choisi l’escalade verbale, accusant publiquement Fouzi Lekjaa de contrôler la CAF. Des propos d’une extrême gravité, susceptibles de qualification disciplinaire, car ils portent atteinte à l’intégrité des compétitions et à la crédibilité des institutions du football africain. La CAF ne pourra pas cette fois outrepasser les faits, d’autant plus que les incidents ont été observés par les plus hautes autorités du football mondial. Selon plusieurs sources concordantes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a exigé que les règlements soient appliqués avec rigueur et que des sanctions dissuasives soient envisagées afin de préserver l’image du football africain.



C’est précisément dans ce contexte que les machines de propagande algériennes se sont activées pour soutenir médiatiquement les responsables sénégalais et déplacer le débat vers une théorie du complot visant le Maroc. Bien avant la CAN, ces réseaux avaient déjà tenté de conditionner l’environnement africain à coups de rumeurs sur des stades prétendument non conformes, une organisation supposément défaillante, voire un retrait imaginaire de la compétition. Durant le tournoi, la narration s’est durcie : accusations d’arrangements en coulisses, soupçons infondés sur l’arbitrage, insinuations répétées sur une victoire “préparée”. Cette propagande ne s’est pas limitée aux réseaux sociaux ; elle a été relayée sur des plateaux télévisés, notamment par la chaîne officielle AL24, bras médiatique du pouvoir algérien.



L’ironie de la situation est manifeste lorsque ces accusations émanent d’un espace footballistique lui-même fragilisé par un lourd passif judiciaire. Le football algérien est marqué depuis plusieurs années par des enquêtes et poursuites visant le sommet de sa fédération. Kheïreddine Zetchi, ancien président de la Fédération algérienne de football, a été poursuivi pour corruption, abus de fonction et gestion irrégulière, avec des soupçons portant sur des contrats attribués sans procédures et des dépenses injustifiées. Charaf-Eddine Amara, autre ex-président, a été placé en détention provisoire dans des dossiers liés à la dilapidation de fonds publics et à des irrégularités dans l’organisation d’événements sportifs, notamment le CHAN, avec des marchés publics contestés. Un autre ancien président et ex-manager de la sélection nationale a également été visé par des enquêtes dans le cadre de dossiers financiers touchant la fédération, sur fond de crise de gestion et d’endettement. Ces faits ne relèvent ni de la polémique ni de l’ingérence étrangère : ils sont traités par la justice algérienne.



Face à cette réalité, l’attaque contre le Maroc apparaît comme un écran de fumée. Le Royaume, de son côté, répond par des éléments tangibles : des infrastructures livrées et opérationnelles, une organisation saluée par les instances continentales, un projet footballistique structuré et une coopération africaine assumée à travers plus de quarante partenariats avec des fédérations du continent. La confiance renouvelée de la FIFA, jusqu’à l’attribution de l’organisation de la Coupe du Monde 2030, n’est pas le fruit d’un quelconque “contrôle”, mais celui d’une crédibilité bâtie sur la durée, la conformité réglementaire et la performance.


Au fond, le débat porte sur deux modèles opposés. D’un côté, un football qui assume la discipline, la transparence et la coopération. De l’autre, un récit qui instrumentalise la polémique pour éviter l’examen des responsabilités. La CAF devra trancher. Et cette fois, les faits, les images et les règlements pèseront plus lourd que les slogans.


Au regard des règlements de la CAF, plusieurs chefs peuvent être examinés par la Commission disciplinaire : Abandon ou tentative d’abandon du terrain sur instruction officielle, passible de sanctions sportives lourdes ; Comportement antisportif d’officiels, incluant des suspensions individuelles ; Incitation au désordre et responsabilité liée aux troubles en tribunes ; Atteinte à l’intégrité des compétitions par des accusations publiques non étayées visant des dirigeants d’instances ; Amendes substantielles, matches à huis clos, suspensions, voire sanctions aggravées en cas de récidive ou de refus de coopération.


La CAF, sous le regard de la FIFA, devra statuer conformément aux règlements et à la jurisprudence disciplinaire, afin de préserver la crédibilité des compétitions africaines.

1 commentaire


Membre inconnu
il y a un jour

L’Algérie crie à la « corruption » au Maroc… pendant que les classements internationaux l’enfoncent elle-même. Le Maroc avance, construit, organise et s’impose par les faits. Quand on n’a pas de résultats, il reste le bruit.

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