FAUT-IL BOYCOTTER LES DATTES ALGÉRIENNES ?
- Brahim Al Maghribi

- il y a 2 jours
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À l’approche du mois béni du Ramadan, la question de la consommation responsable s’impose avec acuité. Produit emblématique du Ftour, la datte occupe une place centrale dans les foyers marocains. Mais faut-il continuer à consommer des dattes importées d’Algérie alors que la production nationale est abondante, qualitative et stratégique pour notre souveraineté agricole ?
Plusieurs voix se sont élevées au Parlement marocain pour interpeller le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, afin de renforcer le contrôle des importations de dattes en provenance d’Algérie, qu’elles transitent légalement via des circuits européens ou qu’elles entrent de manière informelle par la contrebande. Les députés ont mis en avant des préoccupations liées au respect des normes sanitaires et à la traçabilité du produit, appelant à un encadrement rigoureux du marché et à des sanctions contre toute falsification d’origine ou d’étiquetage. Il convient toutefois de rappeler que toute allégation sanitaire doit être étayée par des rapports officiels et des analyses certifiées ; en l’absence de publication détaillée de telles études, la prudence s’impose dans l’interprétation.
Cette prudence n’est d’ailleurs pas théorique. Depuis plusieurs années, des alertes sanitaires en Europe ont concerné des lots de dattes importées d’Algérie, notamment de la variété Deglet Nour. En France, des rappels de produits ont été publiés sur le site officiel du gouvernement dédié à la sécurité alimentaire, rappel.conso.gouv.fr, après la détection de substances non conformes aux normes européennes. Parmi les manquements signalés figuraient la présence d’un pesticide interdit au sein de l’Union européenne ainsi que l’absence de mention d’un allergène sur certains emballages. Ces procédures ne relèvent ni de rumeurs ni de polémiques commerciales, mais de mécanismes réglementaires classiques activés lorsque des produits alimentaires ne respectent pas les standards exigés par les autorités de contrôle.

Des éléments liés aux exportations de dattes ont également été évoqués dans la presse internationale. Un journaliste algérien a notamment été condamné après avoir publié des informations concernant un refus de cargaisons destinées au marché européen pour cause de non-conformité sanitaire, une affaire relayée par l’organisation internationale Reporters Sans Frontières. Ces épisodes illustrent l’existence de tensions et de problématiques ponctuelles autour de la conformité de certains lots exportés.
Il serait excessif d’affirmer que toutes les dattes algériennes seraient impropres à la consommation. Toutefois, ces alertes documentées démontrent que la vigilance demeure indispensable lorsqu’il s’agit de produits alimentaires importés. La sécurité sanitaire repose sur la traçabilité, la transparence et la rigueur des contrôles.
Au-delà de la question normative, le débat renvoie à un enjeu stratégique : la souveraineté alimentaire du Royaume. Le Maroc dispose d’un patrimoine phoenicicole millénaire, concentré notamment dans le Tafilalet, la vallée du Drâa et l’oasis de Figuig. La variété Mejhoul, fleuron national, est aujourd’hui reconnue à l’échelle internationale pour sa qualité exceptionnelle. La filière marocaine s’est structurée autour de programmes de modernisation, de contrôles sanitaires réguliers et d’une traçabilité renforcée, consolidant l’autosuffisance nationale et les capacités d’exportation.
La dimension symbolique est tout aussi forte. L’affaire de la palmeraie d’Al Arja, où des exploitants marocains ont été privés de l’accès à leurs terres, a profondément marqué l’opinion publique. Pour de nombreux citoyens, privilégier la datte marocaine relève non seulement d’un choix économique mais également d’un acte de solidarité envers les cultivateurs de Figuig et l’ensemble des producteurs nationaux qui défendent, au quotidien, la vitalité des oasis marocaines.
Sur le plan patrimonial, l’inscription en 2022 des « connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité consacre la profondeur historique de cette culture en Afrique du Nord. Pour le Maroc, cette reconnaissance internationale vient confirmer un héritage ancestral structurant la vie économique, sociale et spirituelle des régions oasiennes.
Dans ce contexte, privilégier la production nationale apparaît comme un choix à la fois sanitaire, économique et patriotique. Consommer marocain, c’est soutenir les agriculteurs nationaux, préserver les oasis, encourager une production dont la traçabilité est mieux maîtrisée et renforcer une stratégie de sécurité alimentaire nationale cohérente avec les orientations impulsées par SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste.
À l’heure où les chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus complexes, le réflexe le plus sûr demeure souvent le plus simple : connaître l’origine des produits que l’on consomme. Choisir les dattes marocaines, c’est choisir la qualité, la sécurité et le soutien à l’économie nationale.
Plusieurs médias dont le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire en France ont relevé le danger des dattes algériennes :












On a des dattes marocaines d’exception, cultivées chez nous, par nos agriculteurs, avec un savoir-faire ancestral. Et on irait enrichir d’autres filières ? Soyons cohérents. Chaque achat est un vote. Moi, je choisis la datte marocaine. 🇲🇦🔥