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LES MRE EN EUROPE


Au moins 5 millions de Marocains et leurs descendants vivent en Europe. La mention de descendance n'est pas anodine, car si un enfant ou un petit-enfant naît en France, il est considéré de droit comme Français moyennant certaines conditions, et tout aussi naturellement considéré comme Marocain par le royaume. La nationalité étant liée à la religion du père, elle se transmet automatiquement aux enfants, et ainsi de suite. Dans les années 1990, Feu Hassan 2 considérait encore que les Marocains feraient de mauvais Français, ce qui dans sa bouche signifiait qu'ils étaient pleinement Marocains et avaient vocation à retourner dans leur pays. De fait, actuellement, entre 60 000 et 100 000 Français vivent au Maroc, dont une majorité de Franco-Marocains; le nombre de Français ayant acquis la nationalité marocaine par naturalisation étant infime.



Ce qui caractérise les 5 millions de Marocains résidant en Europe est leur répartition en Europe de l'Ouest, à l'inverse des Algériens qui sont concentrés en France et en Belgique. La France en abriterait un gros tiers, soit près de 2 millions de personnes, les pays de l'ancien Benelux plus d'un million (1,1 à 1,2), l'Espagne au moins 1 million, et l'Italie plus de 500 000. Ces grosses communautés représentent l'essentiel du groupe, avec plus de 4,5 millions. Mais les Marocains sont aussi présents en Angleterre, en Allemagne et en Scandinavie (au moins 100 000 dans chacun de ces pays). Cette vaste diaspora constitue donc une des plus puissantes de l'Europe occidentale tant par sa population et par son implantation et sa diversité. C'est un atout considérable pour le Maroc en matière de ressources (les transferts monétaires de ces travailleurs, pour leur seule partie légale, représentent près de 6 % du PIB marocain) mais aussi pour ce qui est des relations internationales.



Quand la France et la Belgique sont allées recruter des travailleurs marocains dans les années 1960 et 1970, la crise industrielle était déjà imminente. Les mines de charbon, la sidérurgie et les usines automobiles dans lesquelles ils étaient employés se sont bientôt mises à licencier. Une nouvelle mobilité s'est alors imposée à ces travailleurs, vers le tertiaire ou vers d'autres pays. L'Espagne, qui s'est équipée et industrialisée dans les années 1980, est devenue à son tour un pays d'immigration, ce qui a détourné le flux des marocains rifains. Puis du Nord-Pas-de-Calais, les marocains rifains sont passés en Belgique et aux riches Pays-Bas. Et l'Italie s'est imposée dans les années 1990 et 2000 comme le prolongement naturel du Midi de la France.


Cette immigration en réseau a su faire preuve de mobilité, mais les contacts n'ont jamais été rompus avec les Marocains de France et surtout du Maroc. Chaque année, plus de 500 000 voitures et camionnettes ramènent au moins deux millions de Marocains pour les vacances. Plus de 2 millions de marocains rifains vivent en Europe. Les deux autres grands groupes sont les Marocains de la région de l'Oriental, qui ont dû la quitter après la fermeture des mines et de la frontière avec l'Algérie, et les Berbères du Sud, les Chleuhs que l'on retrouve principalement dans le commerce.

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