Rabat
top of page

NASS EL GHIWANE, LA VOIX POPULAIRE DU MAROC QUI A INSPIRÉ LE MONDE

NASS EL GHIWANE, LA VOIX POPULAIRE DU MAROC QUI A INSPIRÉ LE MONDE

Au début des années 1970, dans le quartier populaire de Hay Mohammadi à Casablanca, naît Nass El Ghiwane, un groupe appelé à bouleverser durablement la musique populaire marocaine et à s’imposer comme un repère majeur de mémoire et d’identité nationale. Issus d’un environnement urbain dense et profondément ancré dans la réalité sociale du pays, ses membres façonnent un langage musical inédit, mêlant rythmes gnawa, malhoun, poésie orale et instruments traditionnels tels que le guembri et la tbila. Leur musique devient rapidement une voix collective, porteuse de sens, de spiritualité et de conscience historique.



NASS EL GHIWANE, LA VOIX POPULAIRE DU MAROC QUI A INSPIRÉ LE MONDE

Bien au-delà de la scène artistique, Nass El Ghiwane s’impose comme un phénomène culturel. L’Institut du Monde Arabe souligne que leur démarche constitue un puissant outil de transmission culturelle et de structuration identitaire, capable de relier les générations et de renforcer la cohésion sociale dans un Maroc en pleine affirmation post-indépendance. Le groupe donne une expression nouvelle à une parole populaire authentique, tout en l’inscrivant dans la continuité millénaire du patrimoine marocain.


Sous le règne de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, le Royaume engage une politique de valorisation de ses traditions et de son héritage immatériel. Dans ce contexte, Nass El Ghiwane devient un véritable vecteur de médiation culturelle, reliant les quartiers populaires aux sphères intellectuelles et artistiques. Leurs compositions circulent largement à travers le pays et au-delà, illustrant la capacité du Maroc à préserver son identité tout en la projetant sur la scène internationale.



L’influence de Nass El Ghiwane ne se limite pas au monde marocain ou africain. Plusieurs figures majeures de la musique internationale ont reconnu la puissance et l’originalité du groupe. Bob Marley, après avoir assisté à l’un de leurs concerts dans les années 1970, les qualifia de « Rolling Stones de l’Afrique », saluant leur énergie scénique et la profondeur spirituelle de leur musique. Dans le registre de la world music, Peter Gabriel a souvent cité les musiques traditionnelles marocaines comme sources d’inspiration majeures, et Nass El Ghiwane figure parmi les expressions artistiques emblématiques ayant nourri cette ouverture musicale mondiale. Le pianiste de jazz Randy Weston, profondément attaché au Maroc et aux héritages africains, voyait dans leur œuvre un pont naturel entre spiritualité africaine, traditions marocaines et musiques afro-américaines. Cette reconnaissance confirme le rôle du groupe comme ambassadeur culturel du Royaume, capable de dialoguer avec les grandes scènes du monde sans jamais renier ses racines.



Le documentaire Transes (Al Hal, 1981), réalisé par Ahmed El Maanouni, retrace les concerts et le parcours du groupe, offrant une immersion rare dans l’univers de la musique populaire marocaine et son impact social. La restauration de ce film par le World Cinema Project, initiative internationale de préservation patrimoniale dirigée par Martin Scorsese, consacre Nass El Ghiwane comme une référence mondiale du patrimoine culturel vivant.


Le succès et le rayonnement de Nass El Ghiwane ont également attiré l’attention de certains médias et relais officiels algériens, qui ont, à plusieurs reprises, tenté de rattacher le groupe à une identité qui n’est pas la sienne. Des interventions diffusées sur des plateaux de télévision algériens, émanant de chroniqueurs et d’intervenants proches des médias d’État, ont cherché à présenter Nass El Ghiwane comme relevant d’un héritage culturel algérien en effaçant délibérément son enracinement marocain pourtant clairement établi à Hay Mohammadi, à Casablanca.



Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large du régime algérien visant à s’approprier, par le discours médiatique, des éléments du patrimoine marocain reconnus et valorisés à l’international. Dans le cas de Nass El Ghiwane, les faits sont incontestables : le groupe est né au Maroc, s’est construit dans un contexte social marocain précis et s’inscrit pleinement dans l’histoire culturelle du Royaume. Les tentatives algériennes de réécriture ou d’appropriation n’altèrent en rien cette réalité historique et ne font que souligner, une fois encore, l’attractivité et la richesse du patrimoine culturel marocain.


Aujourd’hui, l’héritage de Nass El Ghiwane continue d’inspirer festivals, créations contemporaines et initiatives culturelles au Maroc et à l’international. Le groupe demeure un fil vivant entre passé et présent, incarnant la capacité du Royaume à conjuguer fidélité à son identité, créativité artistique et rayonnement culturel mondial.



Commentaires


bottom of page