RAMADAN, LA MOSQUÉE DE PARIS SÈME LA CONFUSION ET LA FITNA
- Brahim Al Maghribi

- il y a 6 heures
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Chaque année, l’annonce du début du Ramadan constitue un moment d’unité pour les musulmans. Mais en France, cette période spirituelle est désormais régulièrement marquée par des divisions institutionnelles qui sèment la confusion parmi les fidèles. L’épisode survenu en février 2026 en est une illustration frappante.
Alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) annonçait le début du Ramadan pour le jeudi 19 février 2026, conformément aux critères scientifiques et aux méthodes d’observation adoptées par de nombreuses instances islamiques en Europe, la Grande Mosquée de Paris a choisi d’annoncer une date différente, fixée au mercredi 18 février. Cette décision unilatérale a immédiatement provoqué un trouble visible parmi les fidèles, certains souhaitant accomplir la prière de tarawih tandis que d’autres considéraient que le mois sacré n’avait pas encore commencé.
Dans un lieu censé incarner la sérénité et l’unité spirituelle, cette situation a créé un climat de doute et de confusion. Pour de nombreux observateurs, cet épisode n’est pas seulement une divergence d’interprétation religieuse, mais le symptôme d’une fracture institutionnelle plus profonde qui traverse la représentation de l’islam en France depuis plusieurs années.
La Grande Mosquée de Paris, institution religieuse historique inaugurée en 1926 en présence du Sultan Moulay Youssef, a progressivement changé de nature au fil des décennies. Après avoir été dirigée par des figures marocaines, elle est passée sous influence algérienne à partir de la fin des années 1950, dans un contexte politique marqué par l'autodétermination de l'Algérie et les recompositions diplomatiques entre la France et l’Afrique du Nord.
Aujourd’hui, sous la direction de Chems-Eddine Hafiz, la Mosquée de Paris est régulièrement accusée par plusieurs observateurs et responsables politiques français de s’éloigner de sa mission strictement religieuse pour devenir un instrument d’influence politique étrangère.
Le parcours même du recteur nourrit ces critiques. En 2013, Chems-Eddine Hafiz avait été choisi comme avocat par le Polisario pour attaquer l’accord agricole entre le Maroc et l’Union européenne devant la Cour de justice de l’Union européenne. Cette implication directe dans un dossier politique majeur concernant l’intégrité territoriale du Maroc avait déjà suscité de vives interrogations.
Plus récemment, plusieurs déclarations publiques ont renforcé l’idée d’une proximité assumée avec les autorités algériennes. Sur Canal Algérie, le recteur a reconnu avoir reçu des instructions directes du président Abdelmadjid Tebboune concernant des initiatives liées à la communauté algérienne en France. Certains médias français l’ont même présenté comme un relais d’influence diplomatique d’Alger.
Cette politisation du religieux apparaît également dans certaines prises de position de la Mosquée de Paris, comme l’hommage rendu en novembre 2024 à Gilles Devers, avocat connu pour sa défense active du Polisario dans plusieurs procédures internationales. Derrière cet hommage présenté comme personnel, beaucoup y ont vu une validation implicite de positions politiques soutenues par le régime algérien.
Dans ce contexte, l’annonce discordante du début du Ramadan ne peut être considérée comme un simple désaccord théologique. Elle s’inscrit dans une logique plus large de rivalités institutionnelles où la religion devient parfois un terrain d’affrontement politique indirect.
Depuis plusieurs années, les annonces divergentes sur le calendrier religieux se répètent en France, créant une désorientation chez les fidèles et fragilisant la crédibilité des institutions religieuses. L’absence d’une autorité religieuse unifiée, capable de rassembler les différentes sensibilités musulmanes, favorise ces situations de confusion.
Face à ce constat, plusieurs instances islamiques en Europe, en Turquie et en Amérique du Nord ont annoncé leur intention de se réunir après le Ramadan afin d’harmoniser les méthodes de détermination du calendrier religieux. L’objectif est clair : éviter que des considérations politiques ou institutionnelles ne viennent troubler un moment censé être placé sous le signe de la spiritualité et de l’unité.
Car au-delà des rivalités d’influence, le Ramadan demeure avant tout un temps de foi, de discipline intérieure et de rassemblement. Lorsque la religion devient un outil de compétition politique, c’est la confiance des fidèles qui se fragilise et l’unité de la communauté qui se fissure.
L’épisode de février 2026 rappelle ainsi une évidence : les institutions religieuses gagnent en légitimité lorsqu’elles s’attachent à leur mission spirituelle plutôt qu’à des agendas politiques. Dans le cas contraire, elles risquent de transformer des lieux de recueillement en espaces de division.












Quand la Grande Mosquée de Paris sème la confusion sur le début du Ramadan, on voit l’importance de référer aux calculs scientifiques fiables et aux traditions solides. Au Maroc, la visibilité lunaire et la rigueur dans l’annonce garantissent unité et clarté pour tous les fidèles. 🇲🇦