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BATAILLE D’EL HERRI, UNE VICTOIRE EFFACÉE DES RÉCITS COLONIAUX

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BATAILLE D’EL HERRI, UNE VICTOIRE EFFACÉE DES RÉCITS COLONIAUX

À l’aube de la Première Guerre mondiale, alors que les puissances coloniales européennes cherchaient à étendre leur domination en Afrique du Nord, le Maroc faisait face à une menace directe contre sa souveraineté, notamment dans les montagnes stratégiques du Moyen-Atlas. C’est dans ce contexte tendu que se déroule, le 13 novembre 1914, l’un des épisodes les plus marquants de la résistance marocaine : la bataille d’El Herri.


Ce jour-là, près de Khenifra, la colonne française commandée par le colonel Laverdure, forte d’environ 1 200 hommes, tombe dans une embuscade menée par les tribus Zaïanes, dirigées par le chef résistant Moha Ou Hammou Zayani. Le bilan est sans appel : plus de 600 soldats français tués et près de 170 blessés, un désastre militaire reconnu par les sources françaises elles-mêmes et largement documenté par les historiens contemporains, notamment dans les travaux consacrés à la Zaïan War et aux conflits coloniaux du début du XXᵉ siècle.


Les forces françaises, engagées dans une opération visant à consolider leur présence dans le Moyen-Atlas et à neutraliser les foyers de résistance, pensaient pouvoir imposer leur supériorité militaire. Elles sous-estimèrent pourtant la capacité d’organisation, la cohésion tribale et la maîtrise du terrain des combattants marocains. Autour de Khenifra, cœur du territoire zaïane, les tribus locales s’étaient unies sous l’autorité de Moha Ou Hammou pour défendre leurs terres ancestrales et préserver leur autonomie.


La victoire d’El Herri ne doit rien au hasard. Elle repose sur une stratégie réfléchie et une connaissance intime du relief. Les Zaïanes exploitèrent les montagnes, les oueds et les lignes de crête pour tendre des embuscades, harceler les troupes adverses et isoler progressivement la colonne française. Les chemins escarpés, le terrain accidenté et la mobilité des combattants marocains jouèrent un rôle décisif dans l’encerclement puis l’anéantissement de l’unité ennemie, comme l’illustrent les cartes militaires de l’époque et les croquis de situation conservés dans les archives coloniales.


BATAILLE D’EL HERRI, UNE VICTOIRE EFFACÉE DES RÉCITS COLONIAUX
Carte militaire – El Herri, Maroc, 13 novembre 1914 (vers 11 h 15). Croquis de situation illustrant la disposition des unités françaises et des forces zayanes au cours de la bataille d’El Herri. Le relief, les oueds et les lignes de crête autour de Khenifra structurent les mouvements et expliquent l’isolement progressif, puis l’encerclement de la colonne du colonel Laverdure par les forces de Mouha ou Hammou Zayani

Les historiens spécialisés dans les conflits coloniaux, dont ceux cités par Jeune Afrique et par l’European Review of History, soulignent que cette défaite constitua un choc majeur pour l’armée française. Elle démontra que la résistance marocaine était loin d’être désorganisée ou archaïque, mais qu’elle reposait sur une véritable intelligence militaire, adaptée au terrain et aux réalités locales.


Longtemps marginalisée dans les récits dominants, la bataille d’El Herri s’inscrit pourtant pleinement dans la tradition marocaine de défense du territoire et de la souveraineté. Elle préfigure d’autres épisodes majeurs de la résistance armée, notamment les luttes qui culmineront plus tard dans la guerre du Rif, et rappelle que le Maroc n’a jamais cessé de faire face, avec détermination, aux tentatives de domination étrangère.


Aujourd’hui encore, la mémoire d’El Herri demeure un symbole de courage collectif, de stratégie et de dignité nationale. Elle rappelle que le Royaume a toujours su conjuguer connaissance du terrain, cohésion sociale et sens de l’honneur pour protéger son peuple et ses terres. Cette victoire reste un exploit militaire majeur de l’histoire marocaine, trop souvent oublié, mais essentiel pour comprendre la profondeur et la continuité de la résistance du Maroc.



3 commentaires


Membre inconnu
il y a 4 jours

Merci pour cette article 🇲🇦👑👏

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Membre inconnu
il y a 5 jours

Les montagne de l’atlas ont ete et seront toujours un lieu stratege, pour les batailles, comme les montagnes du rif

Un recit de notre histoire dont les colons ont tenter d’effacer


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Membre inconnu
il y a 5 jours

El Herri montre que le Maroc savait se défendre et organiser sa stratégie : les Zaïanes ont exploité le terrain et leur cohésion pour infliger une défaite importante à l’armée française. Une vraie démonstration de force et de résistance.

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