INSTRUMENTALISATION D'ENFANTS SOLDATS DANS LES CAMPS DE TINDOUF
- Brahim Al Maghribi

- il y a 1 jour
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Depuis près de cinq décennies, les camps de Tindouf, enclavés dans le sud-ouest de l'Algérie, sont le théâtre d'une tragédie humaine que la communauté internationale peine à nommer dans toute sa gravité : l'enrôlement systématique d'enfants soldats par les milices du Polisario, sous la protection assumée et complice du régime algérien.
Ce n'est pas une allégation. C'est un fait documenté, dénoncé à répétition devant les plus hautes instances internationales, par des ONG, des experts, des diplomates et des témoins directs. Et pourtant, l'impunité règne.
En octobre 2023, devant la 4e Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies, des pétitionnaires internationaux ont, une nouvelle fois, brisé le silence. Michelle Mason, de l'ONG Safety and Security Instructional Services, a affirmé que depuis 48 ans, le groupe séparatiste règne sur des camps isolés qui « produisent des enfants soldats ».

Le constat est implacable : l'école elle-même est devenue un outil d'endoctrinement, « le principal lieu où les élèves apprennent en répétant les mantras de haine que leur dictent leurs agents de formation ».
Quant à la responsabilité juridique, le juriste Fares Abu Jamal l'a clairement posée : l'Algérie a cédé ses pouvoirs sur une partie de son territoire à ce groupe séparatiste, en violation flagrante du droit international humanitaire et des conventions internationales des droits de l'Homme.
Le 12 février 2023, Journée internationale des enfants soldats, un collectif de 120 organisations non gouvernementales a joint sa voix à ce concert de condamnations. Ces organisations ont dénoncé les « pratiques sauvages des milices du Polisario qui enrôlent des enfants vulnérables dans des structures armées, les exploitent sexuellement et les vendent comme esclaves, alors que les filles sont forcées de se marier avec des combattants des groupes armés ».
Ces violences se déroulent dans des zones où l'accès est interdit aux autres populations séquestrées dans les camps. Un enfer clos, délibérément maintenu dans l'obscurité.

En juin 2022, à Genève, l'IOPDHR (International Observatory for Peace, Development and Human Rights) a tiré une nouvelle sonnette d'alarme sur le sort des mineurs de Tindouf. L'ONG rappelle que depuis l'installation des camps sur le sol algérien, les milices du Polisario ont ciblé des groupes d'enfants soumis à des déplacements forcés vers d'autres pays, sous prétexte de scolarisation, brisant les liens familiaux et privant ces enfants d'un développement psychologique normal.
Plus grave encore, ces enfants sont soumis à des cours intensifs d'idéologie de milice, à un entraînement militaire, au travail forcé dans des conditions extrêmes, et certains ont subi des abus sexuels, selon des témoignages d'anciennes victimes.
L'IOPDHR a conclu sans équivoque : la communauté internationale doit intervenir auprès de l'État algérien afin qu'il assume sa responsabilité juridique et morale pour les violations commises contre les enfants des camps de Tindouf sur son territoire.
En marge de la 57e session du Conseil des droits de l'homme, en septembre 2024, des experts ont de nouveau pointé cette réalité. Pedro Ignacio Altamirano, président de la Fondation Altamirano et militant espagnol des droits de l'Homme, a dénoncé les crimes commis à l'encontre des enfants enrôlés dans les rangs des milices du Polisario, privés de leurs droits élémentaires à la sécurité, à l'éducation et même à la vie.
L'alerte n'a pas épargné Bruxelles. Une question écrite au Parlement européen (E‑004803/2020) a interpellé la Commission sur l'exploitation des enfants par le Polisario dans les camps de Tindouf. En juin 2024, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a publié le document A/HRC/56/NGO/41 qui évoque de sérieux abus, y compris le recrutement et l'usage d'enfants soldats dans les camps de Tindouf.
Des ONG espagnoles ont elles aussi pris position : en février 2024, à Séville, les organisations La Liberté est un Droit et Pedro Ignacio Altamirano ont rappelé que les articles 38 et 39 de la Convention relative aux droits de l'enfant doivent être respectés, appelant à enquêter sur « l'enrôlement d'enfants innocents dans les camps de Tindouf par la milice armée du Polisario, face à l'incompréhensible inaction internationale ».
À l'ONU, le Maroc a porté ce dossier avec une constance remarquable. Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, n'a pas mâché ses mots : « Au lieu de donner aux enfants des stylos, des pinceaux et de leur apprendre à chanter, le Polisario leur apprend l'atrocité, l'assassinat » et la façon de manier une kalachnikov ou une machette, tout comme Daech et Al-Qaïda.
Et de conclure : « Tout cela se passe dans le territoire d'un État membre qui a signé tous les traités, conventions et textes des Nations Unies sur les enfants. L'Algérie devra rendre des comptes. »
Derrière la rhétorique humanitaire d'Alger se cache une réalité : Tindouf est devenue une zone de non-droit, le fief des séparatistes qui, avec la complicité du pouvoir algérien, pratiquent l'enrôlement d'enfants soldats, la torture, les détentions arbitraires, le trafic d'armes et le détournement des aides humanitaires.
L'IOPDHR-Genève résume parfaitement cette réalité : tout cela se déroule dans le silence suspect et complice du pays hôte, l'État algérien.
Pour Carroll Eads de l'ONG Capitol Hill Prayer Partners, le plan d'autonomie marocain permettrait notamment de démanteler les camps de Tindouf qui servent de relais pour maintenir les populations dans la pauvreté et dans des circonstances désastreuses.
La communauté internationale doit choisir : continuer à fermer les yeux sur le crime d'État que constitue l'exploitation des enfants soldats de Tindouf, ou acculer l'Algérie à ses responsabilités. Ces enfants ne sont pas des pions géopolitiques. Ce sont des victimes. Et leur salut passe par la seule solution crédible sur la table : le Plan d'autonomie du Sahara marocain.






L'enrôlement de mineurs à Tindouf viole le droit international et doit être dénoncé. Pendant que le Maroc bâtit l'avenir de ses provinces du Sud, l'instabilité régionale persiste. La défense de l'intégrité territoriale reste une priorité légitime pour la stabilité.
Vraiment honteux….Beaucoup de familles vivent dans ce camps depuis plus de 40 ans dont les conditions sont précaires et difficiles