A WASHINGTON, CRUZ, COTTON ET SCOTT VEULENT DESIGNER LE POLISARIO ORGANISATION TERRORISTE
- Brahim Al Maghribi

- il y a 9 heures
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Le 11 mars 2026, trois sénateurs républicains américains, Ted Cruz (Texas), Tom Cotton (Arkansas) et Rick Scott (Floride) ont déposé le Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 (S.4063). Ce projet de loi oblige le Secrétaire d'État américain à désigner officiellement le Front Polisario comme Organisation Terroriste Étrangère (FTO) si sa coopération avec des groupes iraniens est confirmée. C'est le signal le plus fort jamais envoyé depuis Washington au Polisario et à son parrain algérien.
Déposé le 11 mars 2026 au Sénat américain et renvoyé devant le Comité des Relations Étrangères du Sénat, le projet de loi S.4063 est un texte de cinq pages d'une précision chirurgicale. Il exige du Secrétaire d'État américain qu'il remette un rapport annuel au Congrès déterminant si le Polisario coopère avec des organisations affiliées à l'Iran dans les domaines suivants :
Participation à des opérations militaires armées
Systèmes d'armes, incluant les armes portatives individuelles
Véhicules aériens sans pilote (drones), incluant des pièces commerciales
Systèmes de détection, de ciblage et de destruction de cibles aériennes
Renseignement militaire : données de surveillance, de ciblage, signaux et renseignement humain
Si le rapport confirme une coopération avec une organisation iranienne déjà désignée terroriste, le Président américain dispose de 30 jours pour imposer des sanctions, incluant la désignation du Polisario comme FTO (Foreign Terrorist Organization) et SDGT (Specially Designated Global Terrorist).
Les conséquences seraient dévastatrices pour le Polisario : exclusion totale du système financier mondial, gel des avoirs, interdiction de voyager, coupure de toutes les ressources.
Ted Cruz (Texas) - L'initiateur
Sénateur républicain du Texas depuis 2013, réélu pour un 3e mandat en novembre 2024, Cruz est l'un des hommes les plus influents du Sénat américain sur les questions de politique étrangère et d'antiterrorisme. Ses mots, lors de l'introduction du texte, sont sans ambiguïté :
"Le régime iranien tente de transformer le Front Polisario en équivalent des Houthis pour l'Afrique de l'Ouest, afin de menacer la sécurité nationale des États-Unis et de nos alliés. Le Front Polisario reçoit des drones de l'IRGC et transporte des armes dans la région pour le compte du régime iranien. Une fois la désignation obtenue, le Polisario et ses dirigeants seront coupés du système financier mondial, des voyages internationaux et des ressources dont ils dépendent pour mener leur terrorisme." Ted Cruz, Sénat américain, 13 mars 2026
Cruz avait déjà lancé un avertissement public lors d'auditions sénatoriales sur la sécurité en Afrique du Nord le 3 février 2026, annonçant avoir rédigé le projet de loi et déclaré qu'il le déposerait si le Polisario ne changeait pas de comportement.
Tom Cotton (Arkansas) - Le marteau
Sénateur républicain réputé pour sa ligne ultra-dure en matière de sécurité nationale, Cotton n'a pas mâché ses mots :
"Le Front Polisario est une organisation terroriste qui soutient ouvertement l'Iran et le Hezbollah. Cette désignation est en retard depuis longtemps." Tom Cotton, 13 mars 2026
Rick Scott (Floride) - L'alignement stratégique
Scott a mis en lumière la dimension géopolitique globale :
"Les liens du Polisario avec des adversaires comme la Chine communiste, l'Iran et la Russie, et sa coopération avec des terroristes soutenus par Téhéran comme le Hezbollah, doivent être affrontés. Les États-Unis ne négocient pas avec des terroristes. Ce projet de loi le dit clairement." Rick Scott, 13 mars 2026
Ce n'est pas une nouveauté : les liens entre Téhéran et le Polisario remontent à la révolution islamique. Mais la profondeur de cette alliance, longtemps minimisée sur la scène internationale, est désormais documentée par les plus grandes institutions de recherche en sécurité américaines.
Selon l'Hudson Institute, l'un des think tanks les plus respectés de Washington :
Le Polisario "viole l'accord de cessez-le-feu de 1991 soutenu par l'ONU, détourne l'aide humanitaire pour financer son infrastructure militante, collabore avec des organisations terroristes désignées comme le Hezbollah et le PKK, reçoit des drones de l'IRGC via l'Algérie, et fait passer des armes à des insurrections djihadistes qui menacent les forces américaines au Sahel."
La Foundation for Defense of Democracies (FDD) a confirmé, dans une analyse d'avril 2025, que des rapports de la CIA et de services de renseignement européens attestent de la formation de combattants du Polisario par l'IRGC iranien et le Hezbollah.
La chronologie de cette collaboration est accablante :
1980 : Le Polisario affiche publiquement sa proximité avec Téhéran
2018 : Des officiers du Hezbollah sont identifiés en train de former des combattants à Tindouf. Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l'Iran. Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita déclare : "Le Hezbollah a envoyé des missiles SAM9, SAM11 et Strela au Polisario avec la complicité de l'ambassade iranienne à Alger."
2022 : Un officiel du Polisario admet publiquement que l'Iran leur fournit des drones kamikazes, révélation devant le Parlement européen
Depuis 2022 : Le Polisario s'entraîne à l'utilisation de drones armés de type iranien
Avril 2025 : Le Washington Post publie une enquête confirmant la formation de centaines de combattants du Polisario par l'Iran en Syrie
Le 12 avril 2025, le Washington Post publie une enquête explosive basée sur des sources sécuritaires européennes et régionales : l'Iran a formé des centaines de combattants du Polisario en Syrie, plusieurs d'entre eux ayant été arrêtés par les nouvelles autorités syriennes après la chute du régime Assad.
Un document officiel syrien datant de 2012, validé par des experts, prouve que 120 combattants sahraouis répartis en quatre brigades avaient été intégrés dans l'armée arabe syrienne. D'autres sources évoquent des centaines de recrues formées dans les camps du Hezbollah dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Ces unités ont participé à des offensives contre des populations civiles syriennes.
Des relais du régime algérien tentent de faire croire que le document est une création mais depuis l'effondrement du régime de Bachar al-Assad fin 2024, les archives des services de renseignement sont entre les mains de la nouvelle autorité de transition syrienne, qui a procédé à une ouverture partielle. Ces pièces ont été versées aux dossiers d'une commission d'investigation. L'authenticité du document a été confirmée par des experts syriens. Il émanait du Service de sécurité syrien 279 et confirmait la présence de 120 combattants sahraouis issus de quatre brigades, intégrés dans l'armée arabe syrienne.
En mai 2025, la chaîne Deutsche Welle Arabic diffuse des images inédites de miliciens sahraouis arrêtés en Syrie, accompagnées d'un document officiel saisi dans les locaux des renseignements syriens. Des sources locales rapportent l'arrestation de 70 combattants du Polisario et militaires algériens près d'Alep fin 2024, dont certains sont encore détenus à Idlib. Lors de leurs interrogatoires, certains ont avoué leurs liens avec la Garde révolutionnaire iranienne (IRGC) et les services de renseignement algériens, ainsi que leur implication dans des crimes de guerre contre des civils.
Le régime algérien lui-même s'est compromis : son ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf aurait demandé à Damas de relâcher les prisonniers algériens et membres du Polisario détenus, une requête rejetée par le gouvernement syrien, qui entend les juger pour crimes de guerre.
"Ce que nous découvrons depuis la chute du régime dépasse, par sa complexité et son envergure, ce que nous soupçonnions." Un officier supérieur syrien, cité par Barlamane.com
L'organisation algérienne a tenté de faire croire que le Washington Post avait présenté des excuses pour cet article. Vérification faite par les Surligneurs (fact-checkers indépendants français) : le journal n'a publié aucune excuse, il a uniquement accordé un droit de réponse au Polisario, tout en maintenant l'intégralité de son reportage.
Robert Greenway, directeur de l'Allison Center for National Security et ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale des États-Unis chargé de l'Afrique et du Moyen-Orient, a livré une analyse glaçante dans The Daily Signal (mai 2025) :
"Aujourd'hui, les combattants du Polisario utilisent des drones de type iranien, partagent les couloirs désertiques avec les convois des proxys russes, et prélèvent des taxes sur les routes de contrebande qui alimentent les djihadistes du Sahel. Tout cela se déroule à portée de missile du détroit de Gibraltar, l'un des points de passage maritime les plus stratégiques au monde."
Des rapports sécuritaires européens cités par le Parlement européen (question écrite E‑004803/2020) avaient déjà alerté sur ces réseaux. En novembre 2024, le Polisario a tiré des roquettes sur une cérémonie commémorant la Marche Verte marocaine, les projectiles atterrissant à la frontière algérienne. Les médias marocains ont confirmé que l'attaque avait été lancée depuis le territoire algérien.
Le lien le plus symbolique et le plus documenté est celui d'Adnan Abou Walid Al-Sahraoui, ancien membre haut placé du Polisario, devenu ensuite chef de l'État islamique au Grand Sahara (EIGS). En 2021, il a organisé l'embuscade de Tongo Tongo au Niger qui a coûté la vie à quatre soldats américains. Les États-Unis avaient placé une prime de 5 millions de dollars sur sa tête. Il a été éliminé par l'armée française le 15 septembre 2021.
La Foundation for Defense of Democracies (FDD) a documenté que son adjoint, Lakhal Sidi Salama alias Abdelhakim Sahraoui, était également membre du Polisario avant de rejoindre les réseaux jihadistes.
Par ailleurs, la Chambre des représentants américaine notait dans son propre projet de loi que des membres du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), désigné organisation terroriste par les États-Unis et le Royaume-Uni, ont participé à un sommet organisé par le Polisario en janvier 2025.
En 1988, des missiles tirés par le Polisario ont abattu deux avions de l'USAID, tuant cinq citoyens américains. Aucune sanction n'avait suivi. Ce dossier, longtemps enfoui, ressurgit aujourd'hui dans les débats du Congrès.
Le projet de Cruz s'inscrit dans une dynamique législative américaine qui s'accélère depuis 2025 :
À la Chambre des Représentants, le représentant républicain Joe Wilson (Caroline du Sud, membre du puissant Comité des Affaires Étrangères) a déposé dès juin 2025 son propre projet de loi pour désigner le Polisario organisation terroriste. Ce texte a progressivement réuni 12 cosignataires, dont la représentante Maria Elvira Salazar, figure influente du Congrès sur les questions d'Amérique latine et d'Afrique.
Au Sénat, le projet Cruz/Cotton/Scott (S.4063) est désormais renvoyé devant le Comité des Relations Étrangères du Sénat, présidé par des sénateurs républicains.
Au Département d'État, lors des auditions du 3 février 2026, Monica Jacobsen, haute fonctionnaire du département, a déclaré devant le Sénat que Washington suivait activement les allégations de collaboration entre le Polisario, le Hezbollah et l'IRGC, précisant que "le département d'État et la communauté du renseignement travaillent étroitement sur ce sujet" des déclarations qualifiées d'inédites par les analystes.
Une désignation officielle du Polisario comme FTO par Washington aurait des conséquences en cascade comme l'exclusion totale du système financier mondial (transactions en dollars prohibées), le gel de tous les avoirs à l'international, l'interdiction de voyager pour ses dirigeants, dont Brahim Ghali et enfin, l'impossibilité de nouer des relations diplomatiques ou commerciales avec des entités américaines.
Mais le séisme serait encore plus violent selon les analystes du Middle East Online : "Sous les lois américaines de lutte contre le terrorisme, le soutien continu à une organisation désignée FTO pourrait déclencher des sanctions secondaires, potentiellement paralysant la position financière internationale d'Alger."
En clair : l'Algérie, qui finance, arme et héberge le Polisario sur son territoire, pourrait être exposée au régime des sanctions secondaires américaines, un outil utilisé notamment contre l'Iran et la Corée du Nord.
L'Hudson Institute est explicite : une désignation permettrait d'exposer et isoler la stratégie algérienne de déstabilisation régionale, en signalant que Washington ne tolérera pas le militantisme parrainé par des États, même sous couvert de mouvement de libération.
La désignation rebaptiserait le conflit du Sahara occidental : non plus un enjeu de décolonisation, mais une menace directe pour la sécurité nationale américaine. Ce requalification est un gain diplomatique massif pour Rabat, qui œuvre depuis des années à faire reconnaître la nature terroriste et proxy du Polisario.
Les institutions les plus respectées de la capitale américaine ont pris position en faveur de la désignation :
Hudson Institute (avril 2025) : "Désigner le Polisario comme FTO renforcerait la position américaine dans la compétition entre grandes puissances, démontrerait l'engagement de Washington envers ses alliés, et servirait d'avertissement à ses ennemis."
Foundation for Defense of Democracies, FDD (avril 2025) : La désignation "perturberait la capacité de l'Iran à mener des guerres par procuration en perturbant une chaîne d'approvisionnement clé de l'IRGC vers l'Afrique."
Heritage Foundation : Ses chercheurs ont qualifié le Polisario de "sanctuarisé par Alger, idiot utile de l'Iran", documentant le glissement du mouvement du banditisme vers le terrorisme organisé.
Allison Center for National Security (Robert Greenway, ex-conseiller adjoint NSC) : "L'Amérique a déjà fermé les yeux sur la menace. Aujourd'hui, la proposition de loi met Washington face à un choix : continuer à ignorer ou reconnaître enfin le Polisario comme une menace terroriste par procuration."
Ce dossier a également réveillé une mémoire longtemps enfouie en Europe. L'Association Canarienne des Victimes du Terrorisme du Polisario (ACAVITE) a demandé que les appels à la désignation soient traités comme "un acte de justice mémorielle et politique", rappelant que le Polisario a été impliqué dans près de 300 attentats contre des civils espagnols entre les années 1970 et 1980, pêcheurs des Canaries, d'Andalousie, de Galice, et travailleurs de la mine Phosboucraa.
Depuis des décennies, le Polisario a bénéficié d'un traitement de faveur dans les chancelleries occidentales, présenté comme un mouvement de libération nationale. Cette fenêtre de complaisance se ferme.
La conjonction de trois dynamiques, la révélation syrienne (Washington Post), la montée en puissance de l'Iran au Sahel, et l'impulsion du triumvirat Cruz/Cotton/Scott, a créé un momentum inédit à Washington.
Le Maroc, allié stratégique des États-Unis (partenariat de Major Non-NATO Ally), hôte des exercices African Lion, partenaire de premier plan dans le renseignement antiterroriste, voit sa position renforcée par chaque nouveau développement de ce dossier.
La question qui se pose désormais n'est plus de savoir si le Polisario sera un jour désigné organisation terroriste, mais quand. Et quand ce jour viendra, l'Algérie devra répondre de cinquante années de complicité.






L’étau se resserre de plus en plus….vivement le clap de fin