L’ALGÉRIE DANS LE VISEUR DE LA FRANCE POUR TERRORISME D’ÉTAT
- louel3arabiya

- il y a 9 heures
- 3 min de lecture

Le 3 avril 2026 marque une date charnière dans la perception internationale du régime algérien. Pour la première fois, une autorité judiciaire française de premier plan a explicitement cité l’Algérie dans des procédures liées au terrorisme d’État. Cette déclaration, portée par Olivier Christen, chef du Parquet national antiterroriste, constitue une rupture majeure avec des décennies de prudence diplomatique.
Intervenant publiquement, le magistrat a révélé l’existence de plusieurs enquêtes en cours visant des actions menées par des puissances étrangères sur le sol français. Parmi les pays concernés figurent notamment Iran, Russie… et le régime algérien. Une mise en parallèle lourde de sens, qui place les généraux algériens dans une catégorie jusqu’ici réservée à des États ouvertement hostiles aux intérêts occidentaux.
Au cœur de ces dossiers, des opérations clandestines ciblant des opposants politiques réfugiés à l’étranger. Il ne s’agit pas d’actions isolées, mais bien de stratégies coordonnées visant à intimider, neutraliser, voire éliminer des voix dissidentes, y compris lorsqu’elles se trouvent sous protection d’un État souverain comme la France.
L’affaire de Amir Boukhors, plus connu sous le pseudonyme « Amir DZ », illustre de manière frappante cette dérive. En avril 2024, cet opposant actif sur les réseaux sociaux a été victime d’un enlèvement en région parisienne, dans des circonstances particulièrement troublantes. Attiré dans un piège, drogué puis séquestré, il n’a dû sa survie qu’à une issue in extremis. Cette opération, menée sur le territoire français, a franchi un seuil critique en matière d’ingérence et de violation de souveraineté.
Plus grave encore, l’enquête judiciaire a conduit à la mise en cause d’un agent consulaire algérien, soupçonné d’avoir participé à cette opération. Les éléments recueillis par la justice française pointent vers une implication à haut niveau de l’appareil d’État algérien, jusqu’aux cercles du pouvoir incarnés par Abdelmadjid Tebboune. Le maintien en détention de cet agent, malgré les tensions diplomatiques, témoigne de la gravité des faits et de leur caractère systémique.
Dans un registre différent mais révélateur d’un même climat de répression, le cas de Boualem Sansal illustre la brutalité du régime à l’égard des voix critiques. L’écrivain, connu pour ses prises de position courageuses et ses rappels historiques, a subi une détention prolongée, perçue comme un message adressé à tous ceux qui oseraient contester la ligne officielle d’Alger.
Le journaliste Christophe Gleizes a lui aussi été confronté à une situation opaque, marquée par une arrestation et une détention dont les fondements restent flous. Là encore, la mécanique étatique semble mobilisée non pas pour rendre justice, mais pour exercer une pression politique, y compris sur des partenaires étrangers.
Face à ces révélations, la réaction des autorités algériennes s’est limitée à une posture défensive, dénonçant des accusations « inacceptables » sans apporter de réponse concrète aux faits soulevés. Cette absence d’argumentation sur le fond renforce le sentiment d’un pouvoir fragilisé, davantage préoccupé par son image que par la transparence.
Parallèlement, la pression internationale s’intensifie. Aux États-Unis, des initiatives émergent au sein du Congrès pour classer le Front Polisario comme organisation terroriste, en raison de ses connexions présumées avec des réseaux liés à Hezbollah et à l’axe iranien. Dans ce contexte, le rôle de l’Algérie, qui héberge, finance et soutient ce mouvement, est de plus en plus scruté.
Ce faisceau d’éléments dessine le portrait d’un régime qui, derrière une façade diplomatique et des offres de coopération énergétique à destination de l’Europe, poursuit des pratiques relevant d’une logique de coercition et d’ingérence. Les récentes ouvertures vers des partenaires européens ne suffisent plus à masquer une réalité désormais exposée au grand jour.
Ce tournant judiciaire français pourrait bien marquer le début d’une relecture globale du rôle d’Alger sur la scène internationale. Le temps des non-dits semble révolu, et la qualification même de « terrorisme d’État » appliquée à l’Algérie ouvre une nouvelle séquence, lourde de conséquences géopolitiques.






Commentaires