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LA BATAILLE D'ISLY


Fait marquant du règne du Sultan Moulay Abderrahmane, la Bataille d'Isly (14 août 1844) est l'une des nombreuses manifestations de cette solidarité qui, de tout temps, avait poussé le Marocain à prêter main forte au "frère algérien" chaque fois que celui-ci fut la cible de convoitises étrangères. Cette solidarité n'est, d'ailleurs, que le fait de l'attachement du Royaume à ses nobles principes que lui dictent les préceptes de l'Islam et que la Dynastie Alaouite a toujours observés, quels que soient les sacrifices.


Du point de vue militaire, la Bataille d'Isly fut éloquente quant à la détermination de l'armée marocaine à barrer le chemin à l'expansionnisme colonial de la France. Celle-ci, forte de son statut de puissance économique et militaire de l'époque, affichait franchement l'ambition de s'emparer du territoire aujourd'hui appelé "Algérie", d'asseoir sa domination sur l'Afrique du Nord et de faire, ainsi, contrepoids à la Grande-Bretagne.


Dans les calculs stratégiques de la France, le territoire aujourd'hui appelé "Algérie" n'était pas la seule à jouir de l'intérêt de Paris, le Maroc a toujours été au centre des visées coloniales, particulièrement en raison de sa position géographique privilégiée et des ressources naturelles dont il regorge.


La fin de non-recevoir qu'opposait le Maroc aux requêtes françaises lui demandant de lui livrer l'Emir Abdelkader, qui avait trouvé refuge au Maroc et appui auprès de son Sultan, était si irritante pour Paris que celle-ci en vint à accuser l'Empire chérifien d'avoir violer le traité d'amitié franco-marocain en offrant le gîte au chef de file de la lutte contre la pénétration française en Algérie. La tension qu'alimentaient le séjour et les activités d'Abdelkader a fini par aboutir à la Bataille d'Isly, le 14 août 1844.


Le Maroc y avait aligné plus de 50.000 hommes, composés essentiellement de cavaliers qu'appuyaient des volontaires venus notamment des tribus Beni Iznassen, Beni Oukil et Angad. Dans le camp adverse, le maréchal Bugeaud était à la tête de 11.000 hommes. Il avait commencé l'offensive par une attaque contre le camp marocain établi à Jorf Al-Akhdar, près d'Oujda, sur la rive droite de l'Oued Isly, petit affluent de la Moulouya.


Méthodique, Bugeaud avait réussi à désorganiser les lignes de l'armée du Maroc dont les troupes, sommairement équipées et mal entraînées, s'étaient dispersées pour aller se regrouper à nouveau sur la route de Taza, en terrains accidentés.


L'état-major français se mit alors à échafauder des plans pour marcher sur les rives de la Moulouya, mais les rudes conditions naturelles du théâtre de combat et les épidémies qui rongeaient le corps expéditionnaire français ont dissuadé Bugeaud de se lancer dans une aventure, aux lendemains incertains, face à des combattants connus pour les retournements qu'ils imprimaient aux situations dans les champs de bataille.


Le 10 septembre 1844, la France et le Maroc sous Moulay Abderrahmane ont signé à Tanger un traité pour la paix. Il intervient suite à la bataille d’Isly près d’Oujda, le bombardement de Tanger le 10 août de la même année et l’occupation de Mogador. Réponse de la France coloniale qui mettra un terme au soutien du Maroc à l’émir Abdelkader.


Le sultan Abderrahmane a été ainsi contraint d'accepter les conditions françaises et de signer le traité de Tanger qui a mis fin à la guerre franco-marocaine le 10 septembre 1844. En signant ce Traité, le Maroc a accepté de reconnaître l'Algérie-française comme faisant partie de l'Empire français, de réduire la taille de sa garnison à Oujda et d'établir une commission pour délimiter la frontière. La frontière, qui est essentiellement la frontière moderne entre le Maroc et l'Algérie, a été acceptée dans le traité de Lalla Maghnia.


Bataille Isly - Henri Charles-Lavuzelle
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