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ON VOUS RACONTE L’HISTOIRE DU MAROC, DEPUIS SES ORIGINES

  • 3 déc. 2025
  • 5 min de lecture
ON VOUS RACONTE L’HISTOIRE DU MAROC, DEPUIS SES ORIGINES

Le Maroc n’a jamais été ce pays figé dans une prétendue décadence du XIXᵉ siècle. C’est une continuité historique exceptionnelle qui, de siècle en siècle, se confirme par les faits : une nation qui se pense et se construit à l’échelle de l’Afrique du Nord, de la Méditerranée et de l’Atlantique.


Dès l’Antiquité, un royaume de Maurétanie existe et Volubilis n’attend pas Rome pour naître : la cité précède l’Empire, lequel ne fait que la développer. La romanisation reste littorale et partielle ; la christianisation aussi : à peine deux évêchés sur l’actuel territoire marocain au IVᵉ siècle. Les populations berbères passent ainsi directement du paganisme à l’islam, sans les résistances longues observées plus à l’est. Les conquérants comprennent l’intelligence d’un monde montagnard qu’il ne faut pas braquer : l’adhésion est rapide, et dès 711 les contingents du Rif traversent pour la conquête d’al-Andalus.


Le premier noyau d’État se cristallise autour d’Idriss Ier, Alide réfugié à Walili (Volubilis), accueilli par une confédération berbère puissante. Idriss II, de double ascendance arabe et berbère, fonde Fès et y fait venir un premier groupe arabe… d’Espagne, non d’Arabie. S’impose un trait majeur de la formation marocaine : un islam assumé et parfois instrumenté pour préserver la liberté locale. Le kharijisme, envisagé comme fait politique avant d’être théologique, conteste l’hérédité califale et ouvre la voie à une lecture égalitaire du pouvoir : le meilleur peut diriger, fût-il berbère. Cette dissidence sert de levier pour desserrer l’étreinte des gouverneurs arabes, sans remettre en cause l’islam lui-même. Se forge alors un islam marocain vivant, avec ses mousssem, ses marabouts, ses pratiques enracinées, périodiquement bousculées par des courants de « purification ».


Puis viennent deux façons de « faire islam » et de faire État : Almoravides (berbères du désert) et Almohades (berbères de la montagne). Les premiers bâtissent l’Empire des deux rives, du Sénégal aux Espagnes, mais restent contestés au cœur du pays par des montagnards attachés à leurs formes religieuses ; les seconds, réformateurs, structurent un vaste espace nord-africain. À cela s’ajoutent des vagues tribales venues d’Orient qui introduisent durablement un élément ethnique arabe : installées dans la vallée de la Moulouya, ces tribus nomadisent, franchissent la trouée de Taza, descendent sur les plaines atlantiques et arabisent des populations originellement berbères. À partir du XIIIᵉ-XIVᵉ siècle, l’élément arabe pèse davantage dans la vie politique, notamment lorsque s’imposent les dynasties chérifiennes du Tafilalet : les Alaouites. Selon les phases de force de l’État, ces tribus monnayent leur appui, s’installent ici ou là, et le Royaume se gouverne comme un organisme vivant, alternant centralisation et rééquilibrages.


Le centre de gravité alterne entre Fès et Marrakech. Sur les ruines du palais almoravide s’élève la Koutoubia ; parfois l’unité se fissure au point de distinguer un « royaume de Fès » et un « royaume de Marrakech ». Mais la maison se refait et la monarchie chérifienne réunit l’ensemble. Jusqu’à la fin du XIVᵉ siècle, le Maroc demeure pont entre Europe et Afrique ; après la Reconquista, l’axe bascule vers le Sud : une route atlantique s’ouvre d’Agadir aux rivages sénégambiens. Les Saadiens réinvestissent les pistes transsahariennes et portent l’étendard jusqu’au Niger et Tombouctou, expédition audacieuse qui transporte des embarcations en pièces pour combattre sur le fleuve. Le pragmatisme marocain s’y manifeste : des contingents chrétiens servent durablement le sultan, des nobles catalans s’enracinent, des renégats espagnols encadrent des troupes.


Sur la Méditerranée, la géopolitique est claire : l’alliance maroco-espagnole barre la route aux Ottomans à la Moulouya. La Méditerranée occidentale leur échappe. Plus tard, sous Moulay Ismaïl, grand bâtisseur de Meknès, une diplomatie ambitieuse se tisse avec la France de Louis XIV autour de la course salétine ; l’alliance avorte quand les intérêts français se réorientent vers l’Espagne bourbonienne, et le Royaume regarde un temps vers les Anglais et les huguenots du négoce. Moulay Ismaïl a pourtant façonné l’État makhzénien moderne, dont les lignes fondamentales perdurent.


Viennent ensuite des cycles d’affaiblissement comparables à ceux de l’Empire ottoman : modernisation militaire ajournée, fin des mercenariats fidèles (chrétiens, puis ’abid al-Bukhari), appui renforcé sur des tribus makhzéniennes qui lèvent l’impôt et tiennent le terrain en échange d’avantages. Naît alors l’opposition bled Makhzen / bled Siba, non pas essence immémoriale, mais symptôme de périodes de crise. C’est au sortir d’une telle phase que se noue la pénétration européenne, sous la pression de l’Angleterre et surtout de la France, dont l’agenda algérien pèse lourd : pour « sécuriser » sa colonie orientale, Paris pousse la frontière vers l’Ouest, annexe des chaînes d’oasis traditionnellement rattachées au pouvoir marocain (Gourara, Tidikelt, Saoura) et finit par imposer le Protectorat.


Le Maroc a alors une chance : l’action de Lyautey, qui refuse l’algérianisation, revendique la sauvegarde des institutions et se veut « premier serviteur du Sultan ». La pacification repose sur une alchimie tribale : soumettre dans l’honneur pour transformer en alliés, même en pleine Grande Guerre. La guerre du Rif, plus tard, voit triompher une logique d’écrasement « à l’européenne » ; l’épisode est rude mais n’efface pas l’essentiel : l’État marocain traverse le Protectorat, sort vivant de ses institutions, et l’idée nationale demeure.


Vient la refondation contemporaine : Feu SM le Roi Hassan II dépoussière le rituel, consolide le cadre territorial et administratif, inscrit l’État-nation marocain dans la durée moderne. SM le Roi Mohammed VI ouvre une phase de renouvellement profond : rajeunissement des élites, régionalisation avancée, soupapes locales d’ascension, règle constitutionnelle faisant du chef du parti vainqueur le Chef du Gouvernement. La monarchie marocaine, par la bay‘a, fait la synthèse du pays, spirituelle, guerrière et sociale, et c’est de cette architecture singulière que vient la stabilité. Sur la question du Sahara, la dynamique portée par le Maroc, l’isolement de l’adversaire et la dérive d’un mouvement à bout de souffle confirment une réalité : le Royaume a gagné.


Puissance maritime tournée vers le grand large atlantique, le Maroc regarde l’avenir avec confiance. Si demain des ressources énergétiques offshore s’ajoutent aux leviers existants, les opportunités s’élargiront encore. Le Maroc est un État-nation complet, doté de corps d’État, d’une mémoire et d’une vision ; il est mieux armé que d’autres pour absorber les chocs.


En face, les relations avec le voisin restent parasitées par un complexe persistant : une Algérie née politiquement Par la France, refermée sur un cône méditerranéen, supporte mal l’existence d’un Maroc plurimillénaire, ouvert sur près de 3 000 km d’Atlantique et riche de 2 500 ans d’histoire continue. Ce n’est pas seulement une dispute politique ; c’est une blessure psychologique. La colonisation a, de surcroît, amputé le Maroc de territoires aujourd’hui algériens. Reste que le Royaume, fidèle à son identité, à ses institutions et à sa vocation océanique, avance. Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, il assume pleinement ce qu’il est : une nation ancienne qui regarde droit devant.

1 commentaire


Membre inconnu
04 déc. 2025

Salam aleykoum, tbarkallah oufikoum. Bravo aleykoum.

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