LE MAROC, HÉRITIER DE LA MAURÉTANIE ANTIQUE, PAS DE LA MAURITANIE MODERNE
- 1 déc. 2025
- 3 min de lecture

L’un des arguments les plus répétés par la propagande algérienne consiste à affirmer que « le Maroc faisait autrefois partie de la Maurétanie ». Derrière cette phrase apparemment savante se cache une double confusion : d’une part entre la Maurétanie antique et la Mauritanie moderne, d’autre part entre le vocabulaire romain et les réalités géopolitiques marocaines. Il suffit pourtant d’ouvrir les livres d’histoire pour constater à quel point cette affirmation relève du contresens absolu.
Avant l’arrivée des Romains, le nord-ouest de l’Afrique était divisé entre plusieurs royaumes berbères indépendants. Parmi eux, le royaume de Maurétanie, fondé au IIIᵉ siècle av. J.-C., s’étendait principalement sur le territoire du Maroc actuel, avec des prolongements partiels à l’ouest de l’actuelle Algérie.
Ce royaume fut dirigé par de grandes figures amazighes : Bocchus Iᵉʳ, Bocchus II ou encore Juba II, qui régna depuis Volubilis (près de Meknès) et Cherchell. Les Romains, après avoir intégré la région, divisèrent cette vaste zone en deux provinces distinctes :
La Maurétanie Tingitane, capitale Tingis (Tanger) : elle couvrait le nord du Maroc, jusqu’à la rivière Moulouya ;
La Maurétanie Césarienne, capitale Caesarea (Cherchell) : elle englobait une partie de l’Algérie actuelle, autour de Tipaza et d’Alger.
Autrement dit, le Maroc se trouvait en Maurétanie Tingitane, et l’Algérie à la Maurétanie Césarienne. Ces deux provinces n’avaient aucun rapport avec la Mauritanie moderne, ni géographique ni historique.
Lire aussi : Xavier Coppolani, fondateur de la Mauritanie
L’État que nous appelons aujourd’hui République islamique de Mauritanie n’a vu le jour qu’en 1960, lors de la décolonisation de l’Afrique de l’Ouest française. Le nom « Mauritanie » a été choisi par l’administration coloniale française pour donner à ce territoire sahélien une résonance “classique” héritée du latin Mauretania mais ce choix est purement symbolique.
Le territoire de la Mauritanie actuelle n’a jamais fait partie de la Maurétanie antique : il était habité par des tribus sanhadja et berbères sahariennes, bien au sud des royaumes marocains et romains. Autrement dit, le Maroc n’a jamais fait partie de la Mauritanie ; c’est le mot « Mauritanie » qui, lui, a été emprunté à l’histoire antique du Maroc.
Tous les grands historiens, Gabriel Camps, Charles-André Julien, J. Desanges, l’ont écrit clairement.
« La Maurétanie Tingitane couvrait le nord du Maroc actuel, sans jamais dépasser la Moulouya. »(Gabriel Camps, Encyclopédie Berbère, CNRS, 2011)
Les cartes romaines, les fouilles de Volubilis, Lixus ou Banasa, et les archives du CNRS confirment la même chose : la capitale de la Maurétanie Tingitane était Tanger, au cœur du Maroc, et non Nouakchott.
La confusion volontaire entretenue par certains milieux algériens consiste donc à faire croire qu’il existerait une continuité historique entre la Maurétanie antique et la Mauritanie moderne, ce qui est faux sur le plan historique, absurde sur le plan géographique, et malhonnête sur le plan intellectuel.
Cette manipulation sert une logique bien connue : diluer l’identité historique du Maroc en le reliant à des entités étrangères ou disparues, tout en effaçant son antériorité étatique et culturelle. L’Algérie officielle n’a jamais accepté que le Maroc soit un État souverain depuis plus de douze siècles, avec une continuité dynastique et territoriale unique en Afrique du Nord.
En insinuant que le Maroc « faisait partie de la Maurétanie », certains espèrent semer le doute dans l’esprit des jeunes et effacer la réalité :
C’est le Maroc qui a donné son nom à la Mauretania antique, et non l’inverse.
Les Romains appelaient les habitants de l’actuel Maroc les Maures, d’où vient précisément le mot Maurétanie.
Du royaume de Maurétanie à l’empire des Almoravides, des Mérinides aux Alaouites, l’histoire du Maroc est celle d’un État structuré, souverain et reconnu, là où d’autres territoires n’existaient pas encore comme entités politiques. Cette continuité historique, culturelle et spirituelle, scellée aujourd’hui sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, fait du Maroc le plus ancien État d’Afrique encore en activité.











Commentaires