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LA CHARIA EST-ELLE EN VIGUEUR AU MAROC ?


La définition de la charia est à la fois complexe et polysémique : on parle d'ordinaire de loi islamique, mais il faudrait plutôt dire la voie, la route, le chemin y compris juridique vers Allah. Au Maroc, celle-ci est à la fois implicite et nul besoin de la citer dans la Constitution car le pays est dirigé par le Commandeur des croyants qui ne saurait s'abstraire du Coran normative. Des dispositions étant insérées dans les textes de lois. Plusieurs prescriptions en vigueur dans certains pays du Moyen-Orient ou d'Asie sont inconnues au Maroc : relative liberté vestimentaire pour les femmes (seule la société et l'époque imposent leurs normes), absence de peines de torture sur le mode des hudud coraniques ou jurisprudentiels, notamment l'amputation des voleurs ou la flagellation des adultérins. La peine de mort, quoique légale et parfois prononcée par les juges, n'est plus appliquée depuis 1993.


D'une manière générale, la législation pénale et l'organisation de la justice sont proches des modalités françaises héritées du protectorat, comme dans toute l'Afrique du Nord. Dans le domaine bancaire, si le Maroc connaît lui aussi l'essor de la finance islamique, le prêt usuraire et les taux d'intérêt sont pratiqués comme en Europe. Il existe finalement deux domaines où la législation coranique est appliquée : les lois et les règlements ayant trait au contrôle social des prescriptions alimentaires et sexuelles, et le domaine du Code de la famille.


Le premier est paradoxalement hérité du protectorat. Soucieux de relayer l'autorité du sultan sur le terrain, Lyautey, qui a instauré un Code pénal y a intégré de nombreuses dispositions pénales tirées des interdits coraniques : les musulmans ne peuvent pas commercer et consommer de l'alcool, ni rompre le jeûne du ramadan en public, les relations sexuelles extraconjugales et l'homosexualité sont prohibées, etc. Ces dispositions sont appliquées depuis les années 1970. Elles sont en revanche un outil aussi précieux aux mains des autorités pour poursuivre les opposants politiques que pour donner des gages à une société conservatrice.


Enfin, en 1957, Mohammed 5 confie aux oulémas salafistes la rédaction d'un Code de la famille (moudawana), qui réforme le Code civil. Outre les dispositions spécifiques aux femmes, d'autres mesures, islamiques ou conservatrices, sont adoptées : la kafala, modalité islamique de l'adoption, l'interdiction des prénoms non arabo-musulmans, l'absence d'état civil pour les enfants naturels, etc., à l'inverse de la Tunisie de Bourguiba qui répudia la plupart de ces dispositions dès 1957.


Il revient à SM le roi Mohammed 6, poussé par la société civile suite aux attentats de 2003, d'avoir porté la réforme de la moudawana. En 2004, celle-ci revient sur la plupart des réglementations et des dispositions présentées comme coraniques, à l'exception de l'héritage, prescription explicite, tandis que la polygamie, la répudiation et la minorité au mariage sont laissées à l'appréciation des oulémas sous conditions, qui cèdent la plupart du temps au soudoiement des hommes les plus aisés.

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1件のコメント


不明なメンバー
5月01日

Quand les médias occidentaux te sortent la Charia ils ne disent la que "les mauvaises choses comme punir couper la main" Alors que les 98% de choses bien de la Charia ils n'ont parlé jamais "ne pas voler le droit à la femme Quand elle divorce une aide social à la veuf orphelins pauvres handicapés malade l'héritage ne jamais laisser un pauvre sans qu'ils ne mangent protection du peuple 0 violences..."

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