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LE JOUR OÙ ALGER A CESSÉ DE SE BATTRE POUR "LA CAUSE SAHRAOUIE"

LE JOUR OÙ ALGER A CESSÉ DE SE BATTRE POUR "LA CAUSE SAHRAOUIE"

Pendant plus de cinq décennies, le régime algérien a fait de l'obstruction au dossier du Sahara marocain une religion d'État. Un dogme intouchable, scandé à chaque tribune internationale, répété à chaque coup de pression diplomatique : jamais Alger ne renoncerait à sa « cause sahraouie », quoi qu'il en coûte. Ce temps semble révolu.


Lors de sa dernière intervention télévisée diffusée sur la chaîne publique algérienne le samedi 2 mai, le président Abdelmadjid Tebboune a prononcé des mots qui, dans leur sobriété apparente, sonnent comme un aveu historique. Interrogé sur l'évolution du dossier du Sahara, celui qui tonnait naguère que son pays ne « lâcherait jamais » cette cause « peu importe le prix » s'est montré cette fois singulièrement résigné, presque philosophe : la résolution onusienne existe, a-t-il dit, et elle avance « sans accrochages ». Avant d'ajouter, en une formule lourde de sous-entendus : « Ils savent quelles sont nos idées. »



Six mots d'abdication. Car la résolution à laquelle Tebboune fait référence n'est autre que la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025. Un texte qui réaffirme avec force le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine comme cadre de règlement du différend et qui, fait d'une portée considérable, désigne explicitement l'Algérie comme partie prenante directe au conflit, l'invitant à s'asseoir à la table des négociations.


Ce qui frappe, au-delà du fond, c'est le soin avec lequel Tebboune a veillé à ne prononcer aucune parole susceptible de froisser Washington. Une précaution inédite dans le discours d'un président algérien sur ce dossier.



Pour mesurer l'ampleur du virage, il faut se souvenir de ce qu'était la position algérienne à l'automne dernier. Face à ce même texte, le régime avait choisi la politique de la chaise vide lors du vote au Conseil de sécurité préférant l'absence à un vote négatif qui l'aurait isolé seul contre tous. Deux jours plus tard, le 2 novembre 2025, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf s'était fendu d'une sortie médiatique pour rejeter catégoriquement la résolution 2797, brandissant encore le spectre de la « légitimité sahraouie ».


Entre ce rejet cinglant de novembre et cette acceptation implicite d'avril, il ne s'est pas écoulé six mois. Mais il s'est passé l'essentiel : la pression américaine, frontale, assumée et désormais irrésistible.


La visite du sous-secrétaire d'État américain Christopher Landau constitue le véritable point d'inflexion de ces dernières semaines. À Alger, le message adressé à Tebboune et à l'ensemble de la nomenklatura a été sans ambiguïté : Washington entend refermer ce dossier rapidement, et l'Algérie est priée de coopérer pleinement à l'avancement du processus politique.


Tebboune lui-même, dans son discours, s'est montré inhabituellement chaleureux envers l'émissaire américain, se déclarant « très touché » par ses marques de considération. Ce langage fleuri, peu coutumier de la rhétorique algérienne à l'égard de Washington, trahit en réalité la fermeté du message reçu.



De Alger, Landau s'est ensuite rendu à Rabat, où il a réaffirmé sans détour la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara. Il a également jugé proprement absurde que ce conflit, qui a éclaté il y a cinquante ans alors qu'il n'avait lui-même que onze ans, perdure encore. Une solution pacifique et rapide s'impose, a-t-il martelé au terme de ses entretiens avec le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita : ce différend ne saurait attendre une, deux ou trois générations supplémentaires pour être résolu.


L'administration Trump a pris les rênes du processus. Après deux rounds de discussions tenus à Madrid puis à Washington en février dernier, de nouvelles négociations se profilent. Ces échanges se déroulent exclusivement dans le cadre du plan d'autonomie, conformément à la résolution 2797, il n'est plus question d'autodétermination ni d'indépendance.


Le Maroc a présenté un plan détaillé de quarante pages prévoyant une autonomie élargie et substantielle. En face, le Polisario, poussé dans ses derniers retranchements par Alger, s'accroche à des positions surréalistes, évoquant notamment un statut d'État librement associé sur le modèle portoricain, une proposition que personne, ni à Washington, ni à l'ONU, ne prend au sérieux.


L'émissaire onusien Staffan de Mistura a d'ailleurs clairement signifié au Polisario qu'il devait saisir l'élan historique actuel pour faire des concessions tangibles. Pendant ce temps, Washington presse pour une réforme de la MINURSO, dont le statut et le mandat sont en cours d'examen au Conseil de sécurité, lequel a tenu des consultations à huis clos sur le sujet.


La pression américaine ne se limite plus au cadre des négociations formelles. Selon des informations concordantes, le conseiller spécial du président Trump pour les affaires africaines, Massad Boulos, aurait expressément demandé au ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf, en marge du Forum diplomatique d'Antalya, d'engager le démantèlement des camps de Tindouf. Ce même conseiller a réitéré devant le patron de la MINURSO, Alexander Ivanko, que toute solution durable passe nécessairement par le cadre de l'autonomie sous souveraineté marocaine.


Les camps de Tindouf, longtemps sanctuaire de la « résistance sahraouie » et instrument de déstabilisation régionale entre les mains d'Alger, sont désormais dans le collimateur de la première puissance mondiale.


Face à cette avalanche de pressions, le régime algérien tente de manœuvrer. Il agite ses ressources pétrolières et minières comme monnaie d'échange, espérant amadouer une administration américaine sensible aux intérêts économiques. Mais l'administration Trump se révèle inflexible sur ce dossier précis : les ressources naturelles ne rachèteront pas cinquante ans d'obstruction diplomatique.


L'Algérie, qui a accepté « la mort dans l'âme » de participer aux négociations, cherche à gagner du temps. Mais le temps, précisément, est ce qui lui est désormais compté.


Ce qui se joue aujourd'hui, c'est l'effondrement d'une posture idéologique construite sur un demi-siècle. Alger ne parle plus de « peuple opprimé », ne désigne plus le Maroc comme puissance occupante, n'évoque plus la libération d'un prétendu peuple. Le registre de la guerre de libération, du tiers-mondisme militant, des grandes envolées sur l'autodétermination, tout cela s'est évaporé en quelques phrases prudentes d'un président qui choisit désormais ses mots avec la précaution de celui qui sait qu'il n'a plus de marge.


Un isolement qui s'accélère également sur le continent africain : le Mali vient de porter un coup symbolique majeur en retirant sa reconnaissance à la prétendue « RASD », illustrant l'effritement progressif du soutien africain à une cause que le régime algérien a mis des décennies à instrumentaliser.


Pour le Royaume, ce glissement de posture n'est pas une surprise, c'est l'aboutissement d'une stratégie diplomatique patiente et méthodique. La reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara en 2020, le soutien croissant de l'Union européenne, l'adoption de la résolution 2797, et aujourd'hui la pression directe de Washington sur Alger composent un alignement international sans précédent dans l'histoire de ce dossier.


Tebboune n'a pas dit « nous acceptons la souveraineté marocaine ». Mais en affirmant que la résolution onusienne « fait son chemin sans accrochages », il a dit quelque chose de peut-être plus significatif encore : Alger ne combat plus ce qu'elle ne peut plus arrêter.


Le Sahara est marocain. Il l'a toujours été. Et l'histoire, une fois de plus, le confirme.



2 commentaires


Youssef.B
Youssef.B
05 mai

L'intérêt de ce décryptage est de pointer un basculement de posture qui aurait pu passer inaperçu derrière les grands discours. En acceptant la résolution 2797 sans faire de vagues, Alger acte la fin de son dogme. Le travail de Maroc Patriotique est ici essentiel : il démontre que la constance du Maroc a rendu l'obstruction adverse trop coûteuse. On ne parle plus d'idéologie, mais du constat froid d'une souveraineté marocaine qui s'impose par les faits. L’adversaire n'a plus l’initiative ; il subit désormais une réalité internationale qu’il ne contrôle plus.

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Nadia
05 mai

Après des décennies de soutien ferme à « la cause sahraoui »le président Abdelmadjid Tebboune adopte un ton plus mesuré et laisse comprendre que la résolution reste la seule solution😏

Washington soutient clairement la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

En tout cas ce recul renforce la dynamique internationale en faveur du Maroc !

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