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FEU SM LE ROI HASSAN II, ARCHITECTE DU MAROC MODERNE

FEU SM LE ROI HASSAN II, ARCHITECTE DU MAROC MODERNE

Le 3 mars 1961, le Maroc voit monter sur le trône un roi qui allait marquer son histoire de manière indélébile : Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, qu'Allah l’accueille en Sa miséricorde. Dix-septième souverain de la glorieuse dynastie alaouite, dont les racines remontent au XVIIe siècle à Sijilmassa, ce monarque visionnaire et stratège incarne la continuité millénaire de l’État marocain, ancrée dans la Bay’a (allégeance) sacrée unissant le Trône alaouite aux tribus du Royaume, du Nord au Sahara profond. 


Fils de Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, le Libérateur, qui avait arraché l’indépendance en 1956 après l’exil de 1953, le jeune prince Moulay Hassan avait déjà été au cœur du combat nationaliste. Dès 1947, il assiste au discours historique de Tanger, charte fondatrice du nationalisme marocain. Commandant en chef des Forces Armées Royales dès l’indépendance, il participe à l’unification du territoire et à la consolidation de la souveraineté.


Son règne de 38 ans (1961-1999) est l’épopée d’un bâtisseur qui, fidèle à la tradition alaouite, a sculpté le Maroc moderne tout en préservant son identité arabo-islamique, amazighe et saharienne, au cœur des turbulences de la décolonisation et de la Guerre froide.


FEU SM LE ROI HASSAN II, ARCHITECTE DU MAROC MODERNE

Dès les premières années, le jeune Souverain doit affronter un contexte international explosif. À peine deux ans après son intronisation, en octobre 1963, éclate la Guerre des Sables contre l’Algérie nouvellement libre. Ce conflit, né des frontières artificielles héritées de la colonisation française (notamment autour de Tindouf et Béchar, territoires historiquement liés au Maroc précolonial), voit le Royaume défendre avec fermeté son intégrité territoriale. Face à un adversaire soutenu par des puissances extérieures, Feu Hassan II mène une diplomatie résiliente : le cessez-le-feu est obtenu sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), sans concession sur les droits historiques du Maroc. Cet épisode précoce forge sa stature de stratège, affirmant que la souveraineté ne se négocie pas.


Conscient que l’indépendance politique exige une indépendance économique, Feu SM le Roi Hassan II lance une ambitieuse politique de plans de développement. Héritier du premier Plan quinquennal (1960-1964), il impulse les plans 1968-1972 et 1973-1977, axés sur la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation, la formation des cadres et les infrastructures. Visionnaire, il prononce en 1967 à Tanger le discours fondateur de la politique des barrages, véritable « grand dessein royal » : des dizaines d’ouvrages hydrauliques (barrages Hassan II et bien d’autres) sont construits, portant la capacité de stockage de 2,4 à plus de 15 milliards de m³. Ces réalisations transforment le monde rural, irriguent des centaines de milliers d’hectares, réduisent la dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole française et diversifient les partenariats internationaux. L’objectif ? Rompre avec l’économie coloniale et bâtir un Maroc autosuffisant, fidèle à la tradition de l’État alaouite protecteur de ses terres et de son peuple.


FEU SM LE ROI HASSAN II, ARCHITECTE DU MAROC MODERNE

Mais c’est en 1975 que Feu Hassan II signe son chef-d’œuvre le plus emblématique et le plus pacifique avec la Marche Verte. Face au retrait espagnol du Sahara occidental et aux manœuvres internationales, il mobilise 350 000 Marocains, hommes, femmes, enfants de toutes régions, pour une « croisade pacifique » inédite. Du 6 au 9 novembre, porteurs du Coran et du drapeau, ils traversent le désert, réaffirmant les liens historiques d’allégeance (Bay’a) unissant les tribus sahariennes au Trône alaouite depuis les sultans alaouites du XVIIe siècle. Dans son discours historique du 5 novembre 1975 à Agadir, le Roi déclare avec une foi inébranlable : « Effectivement, Cher Peuple, Notre décision est prise, celle d’entreprendre notre Marche Verte pacifique et irréversible, forts de notre bon droit et de notre détermination. Les portes du Sahara nous sont juridiquement ouvertes, tout le monde a reconnu que le Sahara nous appartient depuis la nuit des temps. Il nous reste donc à occuper notre territoire. » L’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (octobre 1975) avait déjà reconnu ces liens juridiques et historiques. Les Accords de Madrid (novembre 1975) scellent le retour pacifique d’une partie des provinces du Sud. Symbole éternel d’unité nationale, la Marche Verte reste, cinquante ans plus tard, une épopée qui unit le peuple autour de son Roi et de son histoire millénaire.


Sur la scène régionale et internationale, Hassan II s’impose comme un leader incontesté. En septembre 1969, à Rabat, il initie le premier Sommet islamique, réponse unanime à l’incendie criminel de la mosquée Al-Aqsa. Cette conférence historique jette les bases de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, aujourd’hui OCI), affirmant le rôle central du Maroc comme pont entre l’Afrique, le monde arabe et l’Occident. Commandeur des Croyants, il défend Jérusalem, navigue avec habileté entre blocs de la Guerre froide, notamment avec les États-Unis, tout en préservant la souveraineté nationale et en renforçant les liens avec l’Afrique. Sa diplomatie pragmatique et visionnaire élève le prestige du Royaume sur tous les continents.


FEU SM LE ROI HASSAN II, ARCHITECTE DU MAROC MODERNE

Le règne n’est pas exempt d’épreuves intérieures. Les tentatives de coups d’État de 1971 (Skhirat) et 1972, ainsi que les tensions des « Années de plomb », s’inscrivent dans un contexte post-indépendance marqué par des menaces contre la stabilité du Trône et de l’unité nationale. Face à ces défis, Feu Hassan II affermit l’autorité de l’État pour préserver la cohésion du pays, tout en posant les jalons d’un Maroc moderne. Ces années sensibles, aujourd’hui replacées dans leur contexte historique, n’entament en rien l’œuvre de consolidation qu’il accomplit. À sa disparition le 23 juillet 1999, Feu SM le Roi Hassan II lègue à son fils, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu'Allah L’assiste, une nation unifiée, stable et prospère, des institutions solides, une diplomatie respectée, une économie diversifiée, des infrastructures modernes (barrages, routes, ports, universités, mosquées dont la grande Mosquée Hassan II à Casablanca) et une identité nationale fièrement affirmée. Son successeur a poursuivi et amplifié cette œuvre, inscrivant le Royaume dans une ère nouvelle de rayonnement.


L’héritage de Feu SM le Roi Hassan II est omniprésent dans le Maroc d’aujourd’hui. Des provinces sahariennes en plein essor aux barrages qui irriguent le pays, de l’OCI à la diplomatie africaine, son règne continue d’inspirer les générations futures. Visionnaire, il a non seulement consolidé l’indépendance conquise par son père, mais il a tracé la voie d’un Maroc souverain, uni et tourné vers l’avenir, un Maroc qui puise dans son histoire alaouite et saharienne la force de relever tous les défis.

2 commentaires


Nadia
19 avr.

Feu SM Hassan II est l’un des rois les plus marquants et charismatiques du Maroc moderne

Modifié
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Youssef.B
Youssef.B
13 avr.

Hommage très finement écrit, qui replace avec justesse la trajectoire de Feu Sa Majesté Hassan II dans la construction de l’État marocain moderne. Une lecture qui rappelle le rôle structurant d’un règne marqué par des choix stratégiques majeurs et une vision de long terme.

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