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L'ALPHABET BERBÈRE TIFINAGH


Le tifinagh/tifinaɣ est un système d’écriture très ancien utilisé par les Numides au Nord de l’Afrique depuis l’Antiquité. Appelé aussi le libyque, cet alphabet a pu survivre et nous parvenir par le biais des habitants autochtones de cette vaste région qui ont continué à l’employer.



Concernant les origines du tifinagh, la problématique n’est toujours pas tranchée. Casajus (2013) estime que les Libyques auraient créé leur système d’écriture entre le VIe et le IVe siècle avant J.-C. en se servant de plusieurs lettres employées à l’époque par les Phéniciens et les Puniques et en en créant d’autres.





L’utilisation du tifinagh en Afrique du nord remonte au moins jusqu’à la fin du monde antique connu par l’apparition des premières civilisations de l’écriture (Chaker : 2011).


Un autre aspect de la recherche témoigne que le berbère était écrit en se servant du caractère arabe. Cette tradition s’est répandu plus dans le Souss, au sud du Maroc, comme en témoignent les manuscrits étudiés provenant de cette région (Bounfour : 2010).


Le tifinagh ancien/libyque occupait un territoire immense car des signes de cette écriture ont été retrouvé dans l’ère berbère actuelle qui s’étend depuis la Méditerranée jusqu’au sud du Niger et des îles Canaries jusqu’à Siwa en Egypte.



Les chercheurs distinguent quatre âges historiques plaçant l’écriture tifinagh dans la continuité des signes libyques. On parle alors de quatre grands types d’alphabet : le libyque oriental et le libyque occidental, le tifinagh ancien et le tifinagh récent (Chaker, 1984).


Le tifinagh est un alphabet consonantique qui n’a pas cessé d’évoluer à travers l’histoire tout en gardant une constance au niveau morphologique et structural. Dans l’écriture libyque composé de 24 signes, les voyelles ne sont pas transcrites contrairement aux semi-voyelles (y, w) et on ignore le doublement des consonnes et l’indication de la tension (Camps :2011).


L’emploi du tifinagh dans l’enseignement


Rappelons que l’enseignement du berbère s’opère d’une manière régulière et officielle dans trois pays : au Maroc, en Algérie et en Libye. Au Maroc et en Libye l’enseignement se fait exclusivement en tifinagh. D’où les manuels scolaires et les supports didactiques qui sont confectionnés en employant ses caractères (Fig. 6a, 6b, 6c, 6d). Au Maroc, ceux-ci sont établis sous la supervision de l’Ircam.


Au Maroc, l’emploi du tifinagh à l’école ne concerne que le primaire à l’heure actuel. Il n’est pas utilisé seul à l’université. Il est au choix dans les rares cours consacrés à l’écriture berbère comme langue d’enseignement.


Le tifinagh dans la sphère publique


D’une manière générale, au Maroc comme en Libye, la présence du tifinagh regagne de plus en plus de terrain. Et même si les autorités marocaines n’ont pas encore promulgué la loi organique postulant l’emploi du berbère dans les administrations publiques ou privées, le tifinagh est présent dans certains papiers officiels, dans les titres et les noms des ministères, dans les locaux des administrations, sur les panneaux de signalisation etc.


Le tifinagh dans les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et les médias


Depuis le début des années 2000, l’Ircam ainsi que certains chercheurs ou militants se sont donnés comme mission l’introduction du tifinagh dans les différents domaines liés au monde numérique. Des efforts ont été fourni pour adapter le tifinagh au système informatique, l’introduire dans les claviers, dans les applications de traduction, de conjugaison et sur les sites internet. La grande partie du travail a été fait par l’Ircam.




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1 Comment


Unknown member
May 01

l'histoire de l'écriture amazigh , excellent article

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