L’ANNONCE DE L’AÏD AU MAROC
- Brahim Al Maghribi

- il y a 9 heures
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Au Maroc, l’annonce de l’Aïd al-Fitr représente un moment solennel, attendu avec ferveur par l’ensemble de la nation, marquant officiellement la fin du mois béni du Ramadan. Ce processus, profondément ancré dans la tradition islamique, repose sur une organisation rigoureuse qui conjugue observation religieuse, encadrement institutionnel et unité nationale.
Conformément à la tradition prophétique, l’entrée dans le mois de Chawwal, et donc la célébration de l’Aïd, est déterminée par l’observation du croissant lunaire. Au Maroc, cette mission est coordonnée par le ministère des Habous et des Affaires islamiques, qui mobilise chaque année des commissions d’observation réparties à travers les différentes régions du Royaume. Magistrats, délégués religieux et autorités locales participent à cette opération minutieuse, fondée sur le témoignage visuel conformément au référentiel religieux marocain.
À la tombée de la nuit du 29e jour de Ramadan, l’attention se concentre sur l’horizon. Si le croissant est observé et confirmé selon les règles établies, l’annonce officielle est immédiatement transmise par voie médiatique nationale. Dans le cas contraire, le mois sacré est complété à trente jours. Cette méthode, fidèle au rite malékite qui structure la pratique religieuse au Maroc, garantit la cohérence et l’unité du calendrier national.
L’instant de l’annonce est souvent empreint d’émotion. Les familles se rassemblent autour des radios et des télévisions, dans l’attente du communiqué officiel. Lorsque la confirmation est proclamée, un sentiment de joie collective se répand dans les foyers et les quartiers. Les marchés prolongent leur activité, les préparatifs s’accélèrent, et l’atmosphère change immédiatement : le mois de l’effort spirituel laisse place à la célébration.
Sous l’autorité de SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste, Amir Al-Mouminine, la gestion du calendrier religieux s’inscrit dans une continuité institutionnelle garante de stabilité. Cette centralisation de l’annonce assure l’unité du Royaume et évite toute divergence locale, consolidant ainsi la cohésion nationale autour des constantes religieuses.
Le lendemain de l’annonce, les fidèles se dirigent dès l’aube vers les mosquées et les grandes esplanades pour accomplir la prière de l’Aïd. Vêtus de leurs plus beaux habits, ils célèbrent la fin du jeûne dans un esprit de gratitude et de fraternité. La zakat al-fitr, aumône obligatoire versée avant la prière, rappelle que la fête ne saurait être complète sans un geste de solidarité envers les plus démunis.
L’annonce de l’Aïd au Maroc illustre ainsi un équilibre harmonieux entre tradition religieuse et organisation moderne. Elle témoigne d’un modèle où l’autorité spirituelle et l’institutionnalisation garantissent l’unité, la clarté et la sérénité. Ce moment, partagé simultanément à travers tout le territoire national, symbolise la force d’un pays rassemblé autour de sa foi et de ses constantes.
Au-delà de la dimension festive, cette annonce rappelle la profondeur du lien entre spiritualité et stabilité nationale. Elle marque la fin d’un mois de discipline et d’élévation, tout en ouvrant un temps de joie légitime et de reconnaissance. Au Maroc, l’Aïd commence par une annonce qui unit toute une nation dans un même instant d’émotion et de célébration.






Au Maroc, l’Aïd n’est pas fixé au hasard : des milliers d’observateurs vérifient visuellement le croissant lunaire selon une tradition rigoureuse, appuyée par des calculs astronomiques précis, avant l’annonce officielle. C’est cette méthode qui unit tout le Royaume 🇲🇦.