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L’EXCELLENCE MAROCAINE, UN PROBLÈME POUR L’AFRIQUE ?

  • 19 janv.
  • 4 min de lecture
L’EXCELLENCE MAROCAINE, UN PROBLÈME POUR L’AFRIQUE ?

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 devait être une fête. Elle est devenue un révélateur. Un révélateur de ce que le Maroc est devenu, mais surtout de ce que l’Afrique peine encore à accepter.


Jamais une CAN n’avait atteint un tel niveau d’organisation : stades ultramodernes, logistique irréprochable, transports fluides, hébergements de haut standing, sécurité professionnelle, couverture médiatique mondiale. Des observateurs internationaux, des stars comme Mohamed Salah, des responsables de la FIFA, des délégations étrangères, tous ont unanimement salué une compétition « de classe mondiale ».


Et pourtant, au cœur même de cette réussite éclatante, un malaise profond est apparu. Un malaise qui dépasse le football.


Le Maroc a organisé cette CAN comme on organise une Coupe du Monde. Avec sérieux, méthode, rigueur et ambition. Neuf stades aux normes internationales. Des infrastructures que même certains pays européens pourraient envier. Une sécurité saluée par Interpol et même par une délégation du FBI venue spécialement observer les dispositifs marocains. Mais plus l’organisation était impeccable, plus certaines délégations semblaient mal à l’aise.


Comme si une partie de l’Afrique n’était pas prête à voir un pays du continent atteindre ce niveau d’excellence.


Dès les premières semaines, des insinuations graves ont circulé :accusations de manipulation de matches, d’arbitrage acheté, de compétition déjà jouée d’avance. Des journalistes et responsables ont tenu des propos indignes, sans jamais être rappelés à l’ordre par la CAF. Le Maroc était jugé non pas sur ce qu’il faisait, mais sur ce qu’il représentait càd une Afrique qui avance trop vite pour certains.



L’épisode le plus marquant de cette CAN restera évidemment la finale. Après un penalty accordé logiquement au Maroc suite à une faute sur Brahim Diaz, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain. Un acte surréaliste, inédit à ce niveau de compétition.


Pendant près de quinze minutes, le match a été interrompu. Dans les tribunes, des supporters sénégalais ont sombré dans l’hystérie : sièges arrachés, jets de projectiles, affrontements avec les forces de l’ordre, stewards blessés dont un blessé très grave dont la mâchoire a été arraché.


Une scène que le monde entier a vue et une question s’impose : aurait-on vu un tel comportement dans un stade de Coupe du Monde aux États-Unis ou en Europe ? Évidemment non.


Ce type d’attitude ne prospère que dans un contexte où l’on sait d’avance que les sanctions seront faibles, où l’impunité est presque garantie. Le problème n’est donc pas seulement le Sénégal. Il est systémique.


Sur le plan réglementaire, l’attitude du Sénégal ne souffre pourtant d’aucune ambiguïté. Déserter la pelouse, pour quelque raison que ce soit, constitue une violation grave des règles de la compétition. L’article 82 du règlement de la CAF est formel : toute équipe qui refuse de jouer, quitte le terrain ou interrompt un match sans l’autorisation de l’arbitre est considérée perdante et définitivement éliminée du tournoi. L’article 84 renforce cette disposition en prévoyant une défaite sur tapis vert (3-0) et d’éventuelles sanctions supplémentaires décidées par la Commission d’organisation. Le règlement disciplinaire de la CAF ajoute, de son côté, une amende minimale de 20.000 dollars à l’encontre de toute équipe qui refuse de poursuivre une rencontre déjà entamée. Juridiquement donc, le geste du sélectionneur sénégalais et de ses joueurs ne relève pas d’une simple protestation émotionnelle, mais bien d’une infraction caractérisée aux textes officiels.


Si ces dérives se répètent en Afrique, c’est d’abord parce que la Confédération Africaine de Football n’a jamais su s’imposer comme une instance ferme et respectée.


L’histoire récente en est la preuve puisque jamais l’Algérie n’a été sanctionnée pour le non-respect des protocoles lors des compétitions africaines, jamais elle n’a été punie pour la confiscation des maillots de la RS Berkane, jamais elle n’a été rappelée à l’ordre pour l’expulsion de journalistes accrédités, jamais les incidents répétés dans ses stades n’ont donné lieu à des sanctions exemplaires.



À chaque fois, la CAF a temporisé, minimisé et négocié contrairement à l’UEFA, qui frappe fort au moindre débordement, la CAF a laissé s’installer une culture de l’impunité. Et cette impunité produit ce que nous avons vu à Rabat : un sélectionneur qui se croit autorisé à interrompre une finale continentale, des supporters qui se sentent légitimes dans la violence.


Ce que cette CAN a révélé est troublant. Beaucoup, sur le continent, semblent plus à l’aise avec des stades vétustes, des pelouses impraticables, des retards organisationnels, des protocoles approximatifs et un certain chaos folklorique. Parce que c’est cela, pour eux, « l’Afrique authentique ».


Lorsque le Maroc propose l’inverse càd ordre, modernité, rigueur, discipline, une partie du continent se sent dépossédée de ses repères. L’excellence marocaine agit comme un miroir cruel. Elle met à nu des retards structurels que certains préfèrent ignorer. Et plutôt que de s’en inspirer, on choisit de la critiquer.



Le Maroc doit lui aussi tirer des enseignements. Le slogan « Bienvenue chez vous », porté avec sincérité par notre peuple, a souvent été perçu comme une faiblesse. Nous avons supporté des équipes adverses, offert des conditions exceptionnelles, ouvert nos cœurs et nos stades. En retour, nous avons parfois reçu des accusations, des provocations, des ingratitudes et finalement des violences.


Il est temps de comprendre que l’hospitalité excessive n’est pas toujours respectée. Recevoir dignement, oui mais l'excès de générosité pour plaire, non. Le Maroc n’a rien à prouver. Il n’a plus besoin de surjouer la générosité.


La CAN 2025 pose donc une question essentielle : L’Afrique est-elle prête à changer ? Est-elle prête à accepter qu’un pays africain puisse atteindre les standards mondiaux sans être suspecté ? Est-elle prête à adopter une culture du respect, de la discipline et du professionnalisme ? Ou préfère-t-elle rester enfermée dans une image qui la condamne au ridicule international ?



Le Maroc, lui, a choisi l’excellence, la modernité, la rigueur et continuera d’avancer, vers la Coupe du Monde 2030 et au-delà mais il ne doit plus être naïf.


Cette CAN a montré une chose : partager son expertise est noble, mais cela attire aussi jalousies et ressentiments. Le Maroc doit désormais se concentrer sur lui-même, sur son développement, sur ses priorités nationales. Continuer à aider l’Afrique, oui. Mais sans excès d’hospitalité naïve et surtout, exiger le respect.


La CAF a aujourd’hui une responsabilité historique : sanctionner fermement le Sénégal pour les violences et l’attitude irresponsable de son sélectionneur. Sans cela, rien ne changera.


Le Maroc a tendu un miroir à l’Afrique. À elle de décider si elle veut y voir un modèle à suivre… ou un reflet qu’elle refuse d’accepter.

1 commentaire


Membre inconnu
il y a 7 jours

La CAN 2025 au Maroc a été exemplaire : stades, sécurité, organisation parfaites. Face à cette excellence, ingratitude, provocations et comportement de sauvageon ont révélé le vrai visage de ceux qui ignorent le mérite, transformant l’Afrique en risée du monde.

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