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LE ROI DESCENDANT DU PROPHÈTE ?


Ils sont en réalité deux, puisque le roi jordanien de la famille Hachémite est un descendant des chorfa de La Mecque depuis le 10e siècle. Au début du 21e siècle, le souverain du Maroc, SM le Roi Mohammed 6, est donc un des deux chefs d'État musulmans à se prévaloir d'une lignée chérifienne. La signification du terme « Alaouite », qui qualifie la dynastie des rois du Maroc, provient de la filiation agnatique d'Ali, le gendre du Prophète Muhammad ﷺ, le quatrième calife de l'islam, et mari de sa fille préférée, Fatima. Cette dynastie chérifienne est la troisième qui dirige le Maroc musulman depuis la création du royaume de Fès. En se plaçant sous le patronyme d'Ali, cette famille venue du sud du pays au xvii® siècle se revendique comme descendant d'Hassan ad-Dakhil, un chérif arabe originaire de Yanbo, un port d'Arabie sur la mer Rouge. Celui-ci se serait installé en 1266 dans le Tafilelt à Sijilmassa, capitale caravanière aux portes du Sahara. À cette date, Ad-Dakhil était le vingt et unième descendant du Prophète Muhammad ﷺ. Et son huitième descendant à lui serait le père de Moulay Rachid, le premier sultan alaouite, et de son frère, Moulay Ismaïl. Quatre siècles plus tard, SM le roi Mohammed 6 est donc le trente-neuvième descendant du prophète en ligne directe, et son fils Moulay Hassan le quarantième.


L'appartenance à la dynastie chérifienne alaouite n'est donc pas relativisée au Palais : c'est une certitude politique attestée par une chaîne (ou généalogie) prophétique. Précisons d'emblée que cette qualité n'est pas si rare dans l'histoire du monde musulman, qu'elle est même la condition d'appartenance à la noblesse en islam. De nombreuses dynasties arabes comme les Fatimides (descendants de Fatima) se sont prévalues de la même ascendance.


Au Maroc, il y a un vivier de familles chérifiennes, celles-ci ayant depuis longtemps leurs villes attitrées comme Boujaad (chorfa Cherqaoui), Fès (chorfa Idrissides: Amrani-Joutey, Laraki, Sqalli), Moulay Idriss (Idrissides) ou Ouezzane (Ouazzani), et bien d'autres encore. Celles-ci se considèrent comme apparentées à la dynastie, au titre de la famille du prophète. Les privilèges des chorfa (se faire appeler Sidi, porter un turban jaune, être exempté fiscalement, etc.) ne sont plus vraiment d'usage. En revanche, dans la société marocaine, il y a ceux qui en sont et ceux qui n'en sont pas. SM le roi ne manque pas d'honorer les chorfa vivant ou leurs grands ancêtres. Cette classe étroite et prestigieuse est une des assises non négligeables de son trône, les chorfa ayant porté à la tête du califat les deux dernières dynasties marocaines.


Vue du Golfe, la situation du roi du Maroc est d'autant plus prestigieuse que les familles princières des émirs des monarchies, à l'exception de la Jordanie, ne sont ni califales ni chérifiennes. Le roi du Maroc y est ainsi vivement respecté, et sa proximité pour des raisons diverses est très recherchée. C'est une des raisons pour lesquelles le Maroc est très soutenu par ces monarchies depuis les années 1980.


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