PAPE THIAW, UNE COUPE ET DU SANG
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Il existe des victoires qui élèvent un continent. Et d’autres qui le déshonorent. La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal restera, hélas, parmi les plus sombres de l’histoire du football africain. Non pour le résultat sportif, mais pour ce qu’elle a révélé : une incapacité à accepter le progrès, une instance continentale incapable d’imposer ses propres règles, et des violences et blessés graves qui n’auraient jamais dû se produire.
Le Maroc avait pourtant offert à l’Afrique ce qu’elle n’avait jamais connu. Une organisation saluée par le monde entier, des infrastructures modernes, des stades de niveau international, une sécurité validée et observée par une délégation du FBI. Pendant un mois, le Royaume a prouvé qu’un pays africain pouvait accueillir une compétition aux standards mondiaux.
Les Marocains imaginaient donc une finale fraternelle face au Sénégal, pays ami, nation respectée, partenaire historique. Beaucoup rêvaient d’une grande fête continentale, quel que soit le vainqueur.
Ce qui s’est produit a été l’exact contraire. À la suite d’un penalty logiquement accordé au Maroc pour une faute sur Brahim Diaz, un acte incompréhensible a fait basculer la rencontre dans le chaos. Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain. Une décision contraire aux règlements de la CAF, contraire à l’éthique sportive et surtout irresponsable dans une finale suivie par des millions de personnes. Ce geste a ouvert la porte au désordre.
Dans les tribunes, la tension s’est immédiatement transformée en violence : sièges arrachés, projectiles, affrontements avec les forces de l’ordre, mouvements de foule incontrôlés. Une scène indigne d’une finale africaine, retransmise dans le monde entier.
Et au milieu de cette folie, l’irréparable s’est produit. La mise en danger de nos concitoyens de nos forces de l'ordre, et des jeunes Marocains, étudiants bénévoles parfois présents pour servir leur pays et contribuer à la réussite de cette CAN. Et pourtant, nos compatriotes n’étaient ni acteurs du match ni protagonistes d’aucune violence mais simplement des marocains animés par la fierté d’accueillir l’Afrique chez eux.
Ses violences transforment cette soirée en colère nationale. Dans ce contexte, la figure de Pape Thiaw ne peut être analysée uniquement comme celle d’un entraîneur dépassé par l’émotion du match. Son comportement ce soir-là s’inscrit dans un parcours personnel qui interroge. L’homme n’est pas un inconnu des rubriques judiciaires. En 2009, il a été condamné en France à une peine de prison ferme à la suite d’une affaire de violences conjugales ayant entraîné des blessures sérieuses. Plus récemment, en 2024, la famille Thiaw a été cité dans un contentieux familial autour d’une affaire immobilière (dossier Sofico) qui a opposé des membres de sa famille à un promoteur.
Ces éléments ne constituent évidemment pas des condamnations éternelles. Mais ils dessinent le profil d’un homme dont le rapport à la gestion des conflits a déjà, par le passé, posé question. Un homme dont la capacité à maîtriser ses émotions et à incarner l’exemplarité peut légitimement être interrogée.
Or un sélectionneur national doit être un modèle pour des millions de jeunes. Ce soir-là, en ordonnant le retrait de son équipe, Pape Thiaw a manqué à cette responsabilité morale. Il n’a pas tenu une pierre, ni déclenché lui-même les violences, mais il a créé le climat qui les a rendues possibles. Sa responsabilité est donc indirecte mais réelle : celle d’un leader qui, au lieu d’apaiser, a attisé les passions.
La CAF, de son côté, porte une responsabilité encore plus lourde. Depuis des années, l’instance africaine tolère l’intolérable : violences jamais sanctionnées, protocoles bafoués, comportements antisportifs minimisés. Les règlements existent pourtant. Ils sont clairs : quitter le terrain sans autorisation de l’arbitre entraîne l’élimination et des sanctions. Mais ces textes sont trop souvent restés lettre morte.
Cette culture de l’impunité a conduit au chaos de Rabat. Le Maroc doit aussi tirer des leçons de cette finale. Son hospitalité sincère, son slogan « Bienvenue chez vous », ont été perçus par certains comme un dû, parfois même comme une faiblesse. La générosité marocaine a reçu en retour trop d’ingratitude. Il est temps d’apprendre à recevoir dignement, sans naïveté excessive.
Face à ces violences, Maroc-Patriotique appelle à une mobilisation générale. Les autorités marocaines doivent mener toutes les enquêtes nécessaires pour établir les responsabilités. Le barreau des avocats marocains, les associations civiles, les institutions compétentes doivent se tenir aux côtés des victimes de ces violences. Cette affaire ne peut pas être classée comme un simple incident de match mais elle touche à la dignité d’un pays.
La CAF doit prendre ses responsabilités, sanctionner fermement le retrait de terrain et les violences qui ont suivi. Le football africain ne peut plus continuer à se construire sur le laxisme et l’oubli.
Le Sénégal a soulevé un trophée. Mais pour beaucoup de Marocains, cette coupe restera à jamais assombrie par le souvenir de violences et mise en danger de marocains qui avaient voulu servir leur pays.
Le Maroc continuera d’avancer. Mais il le fera désormais avec plus d’exigence, moins de naïveté et davantage de fermeté.
Parce qu’aucun titre et aucune victoire sportif ne vaut la mise en danger de vies humaines.











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