POURQUOI LE MAROC PEUT REVENDIQUER LE SAHARA ORIENTAL
- 23 déc. 2025
- 4 min de lecture

Depuis quelques années, la propagande hostile tente d’imposer une idée aussi simpliste que mensongère : le Maroc n’aurait aucun droit de rappeler l’histoire du Sahara oriental car un accord frontalier signé en 1972 aurait rendu toute discussion impossible, définitive, figée pour l’éternité. Comme si l’histoire millénaire du Royaume, son expérience étatique continue et sa profondeur territoriale pouvaient être effacées d’un trait de plume. Le Maroc rappelle seulement les faits et la précisions des accords et surtout la continuité d’un État dont l’existence précède toutes les constructions post-coloniales de la région.
Pour comprendre pourquoi le Maroc est fondé, juridiquement et historiquement, à rappeler la marocanité du Sahara oriental, il faut d’abord revenir à la réalité que l’Histoire a patiemment consignée. Durant des siècles, l’autorité chérifienne s’est étendue bien au-delà des frontières actuelles, dans cette zone qui s’étire de Figuig jusqu’aux confins sahariens, là où les tribus prêtaient allégeance au Sultan, où la zakât était levée, où les caïds nommés depuis Fès et Marrakech administraient les espaces tribaux. Les archives ottomanes, françaises et britanniques décrivent toutes le même schéma : un espace marocain profond, structuré par des réseaux d’obédience politique, religieuse et commerciale relevant du Makhzen. Rien, absolument rien, ne ressemble à une “Algérie historique” dans ces régions avant 1830, car l’État algérien n’existait pas. Il n’y avait qu’une régence ottomane limitée au littoral, étrangère à l’intérieur du pays et incapable d’imposer une souveraineté réelle au Sahara.
Lorsque la France coloniale entreprend d’étendre artificiellement les territoires administrés depuis Alger, elle ne s’en cache même pas. Les dépêches officielles parlent d’“aménagement administratif” d’espaces marocains rattachés pour faciliter la gestion militaire. Beni Ounif, Kenadza, Tindouf, Tabelbala, Hassi Béni Ounif : tout cela figurait dans les zones d’influence marocaine, et les propres officiers français reconnaissaient que ces confins étaient liés au Sultan. Le rattachement de ces régions à l’Algérie française ne crée pas une souveraineté algérienne : il ne fait que déplacer une frontière coloniale pour des raisons pratiques. Dire aujourd’hui que ces découpages arbitraires seraient immuables revient à sacraliser un héritage colonial au détriment de la vérité historique.
Feu SM le Roi Hassan II, homme d’État visionnaire et défenseur constant de l’unité régionale, a accepté en 1972 un accord frontalier avec Alger dans l’espoir d’ouvrir une ère de coopération sincère. Cet accord n’était pas un acte d’abandon : il s’intégrait dans un ensemble d’engagements bilatéraux qui incluaient la non-ingérence, l’exploitation conjointe de ressources comme le fer de Gara Djebilet, la création d’une dynamique régionale stable et la construction d’une confiance durable. Le Maroc a respecté sa parole. L’État algérien, lui, a violé toutes les clauses essentielles : ingérence permanente dans nos affaires internes, soutien matériel et diplomatique à un groupe armé contre l’intégrité territoriale du Royaume, abandon total des engagements économiques et gel des commissions techniques prévues par l’accord.
Le droit international est clair : lorsqu’un traité bilatéral fondamental est violé dans ses clauses essentielles par une partie, l’autre peut considérer l’accord comme suspendu. La Convention de Vienne régissant les traités le dit sans ambiguïté. Un accord n’est pas un dogme ; il vit et s’applique ou il se délite selon la loyauté des parties. Évoquer une intangibilité absolue des frontières au nom d’un texte dont l’Algérie n’a respecté ni l’esprit ni la lettre relève de la manipulation politique, non du droit.



Le Maroc ne revendique pas aujourd’hui un redécoupage général ni une aventure expansionniste. Le Royaume rappelle une vérité historique, une réalité juridique et une continuité étatique que rien ne peut effacer. La mémoire du Sahara oriental n’est pas une menace pour la région ; elle est un rappel nécessaire pour comprendre d’où viennent les blessures, les blocages et les crispations actuelles. Ce qui est dangereux, ce n’est pas l’histoire : ce sont ceux qui la falsifient pour justifier des positions rigides et hostiles.
La comparaison que certains activistes font avec l’Empire romain ou le royaume médiéval de Tlemcen montre le niveau d’ignorance auquel nous sommes confrontés. L’Italie moderne n’est pas l’héritière politique de Rome, alors que le Maroc est un État continu depuis plus de douze siècles, reconnu par les dynasties, les chancelleries, les puissances étrangères. Le soi-disant “Royaume de Tlemcen”, quant à lui, n’a jamais constitué un État algérien, pas plus qu’il n’a de continuité politique avec l’Algérie née en 1962. Tout cela relève du folklore propagandiste, pas de l’histoire.
Aujourd’hui, rappeler la marocanité historique du Sahara oriental n’est pas une provocation : c’est un acte de vérité. C’est dire que le Maroc ne se laissera jamais enfermer dans des récits falsifiés. C’est rappeler que Feu SM le Roi Hassan II avait fait un choix de paix et de stabilité, non un renoncement. Et c’est affirmer que le Maroc d’aujourd’hui, sous l’impulsion éclairée de SM le Roi Mohammed VI, n’acceptera plus que son histoire soit manipulée par ceux qui cherchent à justifier l’impasse.
Le Sahara oriental est inscrit dans la mémoire du Royaume. Il appartient à l’histoire du Maroc, à son espace naturel, à ses tribus, à sa géographie humaine. Le Maroc ne menace personne. Il rappelle simplement que la vérité, elle, n’est pas négociable.












inch'Allah qu'on récupère le Sahara oriental de mon vivant 🤲