ABDALLAH BEN AÏCHA, DE CORSAIRE À AMBASSADEUR
- louel3arabiya

- 27 déc. 2025
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Né vers 1646 à Salé, Abdallah Ben Aïcha s’illustra très tôt comme marin habile et meneur d’hommes. En 1682, il fut nommé amiral de Salé, dirigeant ainsi les escadres corsaires les plus redoutées de la région. Ses campagnes navales le firent connaître dans toute l’Europe. Capturé par les Anglais dans les années 1680, il passa trois ans en captivité avant d’être libéré grâce à une intervention diplomatique du roi Jacques II, qui refusa d’exiger une rançon, signe du respect qu'il inspirait.
À la fin du XVIIᵉ siècle, alors que les empires européens pensaient régner sans partage sur l’Atlantique et la Méditerranée, le Maroc de Sultan Moulay Ismaïl démontrait une puissance maritime et diplomatique inédite. Les corsaires de Salé, n’étaient pas de simples pirates, ils constituaient l’avant-garde navale de notre Royaume qui résistait et ripostait et de tous ces corsaires marocains, Abdallah Ben Aïcha s’imposa tant il était redouté. Sous son commandement, les corsaires de Salé infligèrent de lourdes pertes aux convois marchands français, espagnols, portugais et hollandais. Ils capturaient navires, équipages et cargaisons, alimentant l’économie locale. Ces actions s’inscrivaient dans la stratégie du Sultan Moulay Ismaïl, qui faisait des corsaires des instruments de souveraineté maritime.
En 1698, le Sultan Moulay Ismaïl choisit Abdallah Ben Aïcha pour représenter le Maroc auprès du Roi-Soleil qui le reçu le 16 février 1699 en audience solennelle à Versailles, afin négocier la libération des captifs marocains en France et tenter d’obtenir un traité maritime équitable. Louis XIV refusa un accord formel mais traita l’ambassadeur marocain avec un respect rare, conscient du rôle stratégique du Sultan Moulay Ismaïl. Cette mission fit d’Abdallah Ben Aïcha l’un des premiers ambassadeurs marocains à fouler les salons de Versailles et incarnait la double facette du Maroc qui façonnait le rapport de force militaire et démontrait déjà, la finesse d’une diplomatie marocaine qui savait imposer ses conditions.
Dans son livre Journal of Early Modern History, 2001, Nabil Matar résume : "Moulay Ismaïl avait choisi un homme puissant et respecté pour incarner la voix du Maroc face à la plus grande monarchie d’Europe."
Abdallah Ben Aïcha, illustrait la profondeur historique de notre diplomatie. Hier face à Louis XIV, comme aujourd’hui dans les grandes enceintes internationales, le Maroc a toujours su parler d’égal à égal. À l’image de Son Excellence Omar Hilal ou Son Excellence Nasser Bourita qui démontrent que notre pays a toujours produit de grands diplomates qui marquent l’histoire .












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