AÏD AL ADHA, EN CE MATIN BÉNI, LE MAROC S'UNIT DANS LA FOI, LA CLÉMENCE ET LA SOLIDARITÉ
- Brahim Al Maghribi

- 11h
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Ce matin, à l'heure où les voix s'élèvent dans les mosquées du Royaume, où les familles enfilent leurs plus beaux habits et où l'odeur du thé et des msemen du petit-déjeuner de fête se mêle à la fraîcheur de l'aube, le Maroc vit l'un de ces moments qui ne ressemblent à aucun autre. Ce 27 mai 2026, dixième jour du mois de Dhi Al Hijja 1447 de l'Hégire, c'est l'Aïd Al Adha. La Grande Fête. Aïd El Kébir. Le jour du sacrifice, de la clémence et de la solidarité.
Toute la rédaction de Maroc Patriotique adresse ses vœux les plus sincères et les plus chaleureux à l'ensemble des Marocains du Royaume et du monde entier. Et en ce jour de grâce, une pensée particulière va à ceux qui fêtent loin de leur famille, aux malades dans les hôpitaux, aux personnes âgées et isolées, et à tous ceux pour qui la fête est plus lourde à porter que joyeuse. Qu'Alah les entoure de Sa miséricorde et de la chaleur de cette communauté qui ne les oublie pas.
Ce que l'Aïd Al Adha commémore est l'un des récits fondateurs de la foi abrahamique. Il y a des millénaires, le Prophète Ibrahim ﷺ reçut en songe l'ordre divin de sacrifier son fils bien-aimé Ismaël. Malgré la douleur d'un père et la violence de l'épreuve, Ibrahim ﷺ s'apprêta à obéir, plaçant sa soumission à Allah au-dessus de tout. C'est alors que l'ange Jibril descendit pour arrêter son geste, et qu'un bélier fut envoyé du ciel pour remplacer l'enfant. Allah n'avait pas voulu la souffrance : Il avait voulu voir la foi dans toute sa pureté. Cet acte de soumission totale est le cœur de ce que les musulmans commémorent chaque année en ce dixième jour de Dhi Al Hijja, le même mois sacré qui voit des millions de pèlerins se retrouver à La Mecque pour accomplir le Hajj. Le sacrifice n'est pas un geste de violence, c'est un geste de gratitude, et la tradition islamique rappelle avec force que la viande et le sang n'atteignent pas Allah, mais que c'est la piété du cœur qui L'atteint. La viande est partagée en trois parts égales, un tiers pour la famille, un tiers pour les voisins et amis, un tiers pour les nécessiteux parce que la fête n'a de sens que si elle est fête pour tous.
Ce matin à 10h30, SM le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, qu'Allah L'Assiste, accomplira la prière de l'Aïd Al Adha béni à la mosquée Ahl Fès au Mechouar à Rabat, selon le communiqué du Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie. La prière sera retransmise en direct sur les ondes de la radio et à la télévision. SM le Roi, en Sa qualité d'Amir Al-Mouminine, commandeur des croyants, préside ainsi pour l'ensemble du Royaume ce moment de communion spirituelle collective qui unit, depuis des siècles, le trône et le peuple dans une même déférence devant Allah. Cette dimension de la Monarchie alaouite, le Roi comme guide spirituel de la nation autant que souverain politique est l'une des singularités profondes du Maroc, un lien d'une nature particulière entre le Royaume et ses habitants qui transcende la simple relation institutionnelle pour toucher à l'identité la plus intime du pays.
Mais l'Aïd Al Adha de cette année 1447H restera également marquée par un geste de clémence royale d'une ampleur significative. À l'occasion de cette fête bénie, SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah perpétue Sa gloire, a bien voulu accorder Sa Grâce à 1.356 personnes condamnées par différents tribunaux du Royaume, dont certaines se trouvent en détention et d'autres en liberté, selon le communiqué du ministère de la Justice. Parmi les bénéficiaires de cette grâce royale, 1.195 détenus voient leur situation allégée ou leur peine effacée : 1.180 d'entre eux bénéficient d'une remise totale de leur peine d'emprisonnement ou de réclusion, 13 voient leur reliquat de peine gracié, et deux cas exceptionnels, une commutation de peine perpétuelle en peine à temps, et une commutation de peine de mort en peine perpétuelle, témoignent de l'étendue de cette clémence. Les 161 personnes bénéficiaires en liberté voient quant à elles leurs peines d'amende ou d'emprisonnement effacées selon les modalités précisées dans le communiqué officiel.
Il faut souligner particulièrement un aspect de cette grâce royale qui mérite une attention spéciale. Parmi les 1.356 bénéficiaires, 20 personnes condamnées dans des affaires d'extrémisme et de terrorisme ont obtenu l'approbation royale après avoir officiellement exprimé leur attachement aux constantes et aux sacralités de la Nation et aux institutions nationales, révisé leurs orientations idéologiques et rejeté l'extrémisme et le terrorisme. Ce n'est pas une amnésie mais une pédagogie. SM le Roi ouvre une porte à ceux qui ont choisi de revenir vers la Nation, non pas sans condition, mais au terme d'un chemin de révision sincère et formellement attesté. C'est la conception marocaine de la miséricorde en actes : exigeante dans ses conditions, généreuse dans ses conséquences.
Ces gestes de grâce royale à l'occasion des grandes fêtes religieuses s'inscrivent dans une tradition multiséculaire de la Monarchie alaouite, qui voit dans chaque fête une occasion de rappeler que la justice et la clémence ne s'opposent pas, mais se complètent. Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Son âme, a institutionnalisé cette pratique dans sa forme moderne, et SM le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'Assiste, en a fait l'un des piliers de son exercice de l'Amirat Al-Mouminine. Pour les familles de ces 1.356 personnes, ce matin de fête a une saveur particulière. Quelqu'un rentre à la maison, retrouve ses enfants ou encore mange le mouton de l'Aïd en famille pour la première fois depuis des années. C'est aussi ça, la fête du sacrifice, le sacrifice d'une part de rigueur au profit de la miséricorde.
Dans les médinas et les douars, dans les villes et les campagnes, dans les appartements casablancais et les maisons de pisé du Haut Atlas, dans les quartiers de Laâyoune et les ruelles de Fès, le Maroc vit ce matin à la même heure et dans le même rythme. Les clochers n'existent pas à cette occasion, mais l'adhan du matin a résonné dans chaque quartier et a préparé les consciences à ce jour particulier. Les pères ont quitté la maison tôt pour rejoindre la mosquée. Les mères finissent de préparer. Les enfants, dans leurs vêtements neufs, ne tiennent pas en place. Et quelque part dans cette fébrilité joyeuse et sacrée à la fois, il y a quelque chose que nulle politique, nulle campagne d'appropriation et nulle offensive identitaire ne peut saisir ni reproduire, parce que ce n'est pas un costume ni un plat ni une chanson mais une âme collective, formée sur des siècles, transmise de mains en mains comme une flamme que l'on confie, et que chaque génération marocaine porte avec la conscience de ce qu'elle représente.
À ceux qui fêtent entourés de leurs proches, profitez de chaque instant. À ceux qui fêtent loin du Maroc, sachez que la distance ne coupe pas le lien des millions de cœurs battent aujourd'hui au même rythme que le vôtre. Aux malades dans les hôpitaux, aux personnes âgées seules, aux démunis qui n'ont pas les moyens du sacrifice, aux familles qui portent un deuil, vous faites partie de cette fête autant que quiconque, et la tradition du partage du tiers de la viande avec les nécessiteux est précisément là pour rappeler que la fête n'est complète que si elle est complète pour tous.
Le Maroc est un arbre, comme le disait Feu SM le Roi Hassan II, qu'Allah ait Son âme, dont les racines plongent dans la terre et qui respire par ses feuilles. En ce matin du 27 mai 2026, les racines sont solides. La fête est belle. Et le Royaume avance.






Cet article propose une réflexion mesurée sur le sens profond de l'Aïd Al-Adha au Maroc, en rappelant que cette fête dépasse le cadre du simple rite pour devenir le ciment de notre cohésion nationale. Ce que souligne ici Maroc Patriotique, avec la précision qu'on lui connaît, c'est cette intersection singulière entre la spiritualité, la dimension humaine de la clémence royale et la solidarité qui anime la société marocaine dans son ensemble.
Au lieu de se contenter d'un compte rendu classique, l'auteur a su capter l'équilibre nécessaire entre le respect des traditions ancestrales et la réalité d'un pays qui avance. C'est une plume qui prend le temps de poser les enjeux, sans artifice, en mettant en lumière ce qui lie les…