BOUCHRA BAIBANOU, AU-DELA DES LIMITES
- Brahim Al Maghribi

- 13 mai
- 3 min de lecture

Il y a des histoires qui n'ont pas besoin d'être romancées. Elles sont déjà extraordinaires telles qu'elles sont. L'histoire de Bouchra Baibanou est de celles-là, une femme marocaine, née dans un pays où la montagne fait partie du paysage mais rarement du rêve féminin, qui a décidé un jour de regarder les sommets les plus hauts du monde et de dire : j'y vais.
Et elle y est allée.
Bouchra Baibanou naquit en 1970 à Rabat. Elle grandit dans une famille modeste qui l'encouragea à poursuivre ses études et à réaliser ses rêves. Rien dans son enfance ne laissait présager qu'elle deviendrait un jour la première Marocaine à conquérir les sept plus hauts sommets du monde. FunTimes Magazine
Ingénieure d'état en informatique et télécommunications de l'école INPT, elle compléta sa formation par un diplôme d'études supérieures en gestion de HEC Montréal au Canada. Un parcours académique brillant, une carrière solide, et pourtant, quelque chose en elle cherchait plus haut.
C'est à l'âge de 24 ans, en gravissant le Toubkal pour la première fois, que Bouchra découvrit sa passion pour l'alpinisme. "Depuis, je suis tombée sous le charme des montagnes et j'ai commencé à gravir les sommets du Maroc."
À l'époque, peu de gens faisaient de la montagne par loisir. Elle était une pionnière dans ce domaine, il lui a fallu ouvrir toutes les portes, auprès de sa famille, auprès de ses amis.
Après son mariage, elle convainquit son mari d'aller gravir le Kilimandjaro (5 895 m). Pour leur jeune couple, l'expédition représentait une charge financière importante, leurs amis se demandaient pourquoi ils n'utilisaient pas cet argent pour acheter une voiture ou investir dans une maison.
Ce voyage changea tout. C'est au Kilimandjaro qu'elle découvrit le grand défi des Sept Sommets du monde et c'est à ce moment qu'elle décida de tous les gravir.
Entre 2011 et 2018, Bouchra gravit successivement : le Kilimandjaro en Afrique (2011), l'Elbrouz en Europe (2012), l'Aconcagua en Amérique du Sud (2014), le Mont McKinley en Amérique du Nord (2014), la Pyramide Carstensz en Océanie (2015), l'Everest en Asie (2017) et le Vinson en Antarctique (2018).
L'Everest le 21 mai 2017, 9h du matin
En avril 2017, elle s'attaqua au mont Everest dont elle atteignit la cime le 21 mai, à 9 heures du matin, devenant ainsi la première Marocaine et Nord-Africaine à atteindre le sommet le plus haut du monde. 8 848 mètres. Le toit du monde. Le drapeau marocain planté là où peu d'êtres humains ont jamais mis le pied.
Le Vinson le décembre 2018, l'exploit accompli
En décembre 2018, elle escalada le mont Vinson en Antarctique, dernière ascension qui lui manquait pour réussir le challenge des sept sommets. Elle devint ainsi la première personne au Maroc, hommes et femmes confondus, à réussir ce challenge d'alpinisme, et la 2ème femme arabe.
Là où d'autres se seraient arrêtés, Bouchra continua puisque le 28 avril 2022, elle gravit l'Annapurna I (8 091 m), l'une des plus difficiles montagnes de l'Himalaya, devenant la première femme arabe à gravir ce sommet.
Le 21 mai 2023, elle gravit le Lhotse (8 516 m), le quatrième plus haut sommet du monde. À chaque nouveau sommet, elle hissa le drapeau marocain un peu plus haut dans le ciel du monde.
Ce qui rend Bouchra Baibanou encore plus remarquable, c'est qu'elle n'a jamais sacrifié sa vie pour l'alpinisme. Mariée et mère d'une jeune fille, elle sait trouver l'équilibre entre sa passion, sa vie professionnelle et sa vie privée. "J'essaie de concilier avec beaucoup d'organisation." Elle quitta son poste au ministère de l'équipement pour vivre pleinement sa passion, un choix courageux que beaucoup lui déconseillèrent. Elle ne le regretta jamais.
Son futur projet est de préparer la relève et former des femmes et des filles à gravir les monts. "Mon message à tous et à toutes est de prouver que les rêves peuvent se réaliser. Il suffit d'y croire et d'avoir de la volonté."
Elle a écrit son autobiographie intitulée "Mon chemin vers les sept sommets du monde", 366 pages où elle raconte son voyage, ses peurs, ses doutes, ses échecs et ses victoires, avec l'idée de déconstruire les stéréotypes sur la femme arabe et musulmane.
Bouchra Baibanou n'est pas seulement une championne sportive mais surtout la preuve vivante que le Maroc produit des femmes qui repoussent toutes les frontières, géographiques, culturelles et mentales. Elle a gravi les sept continents avec le drapeau marocain, montrant au monde entier ce que signifie être Marocaine et fière de l'être.
Dans un monde où l'on doute encore des femmes arabes, elle a répondu avec ses crampons, son piolet et une volonté de fer, du haut des plus grandes montagnes du monde.






L’article de Maroc Patriotique offre une lecture fine de ce que représente l’ascension de Bouchra Baibanou pour la conscience nationale. Il ne s’agit plus d’une simple épopée individuelle mais d’une démonstration de la solidité des cadres du Royaume. En soulignant son statut d’ingénieure d’État, le texte lie organiquement l’expertise technique à la résilience physique, dessinant ainsi le portrait d’un Maroc qui affronte les sommets mondiaux avec une préparation scientifique. Cette analyse défend les constantes de la nation par la preuve du résultat. Elle montre que la fidélité aux valeurs du pays et l'ambition internationale ne sont pas seulement compatibles, elles sont le moteur d'une souveraineté assumée. Le message est clair : là où d'autres se perdent dans des rhétoriques de…